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Un Cheikh avec intérêt

Sénégal

Quel est cet intérêt
soudain pour Cheikh Diba ?

Avec le bouquet final du vote du budget un samedi 13, Cheikh Diba aura incontestablement marqué l’année qui s’achève ; il en est ainsi depuis 2024, avec ce combat pour la survie des populations sénégalaises. Lui-même a honorablement survécu en milieu hostile et suscité un intérêt aussi nouveau qu’explicite

65.681 lecteurs en six heures pour un article de Seneweb daté du 9 décembre reprenant l’hebdomadaire Jeune Afrique ( “Il a présenté sa démission à Ousmane Sonko lorsqu’il a appris que…” Auteur : Mouhamed Camara) ; Facebook reprenait les grandes lignes du protocole du Cap Manuel avec un Cheikh Diba “négociateur silencieux des conditions d’amnistie et de libération”. Ce qui donna : Protocole Manuel : Cheikh Diba garde le Cap. C’est sur le fil de Sagacité qui reprend Mbaye Oppa, dans le même moment.
D’autres sources insistent sur son irritation devant cette surprenante histoire de “dette cachée” qui a freiné son élan de séduction envers le Fonds monétaire international ; lui purement technique avait établi un climat de confiance basé sur le respect et la compétence avec les responsables de cette institution internationale qu’il côtoie depuis une vingtaine d’années et dont il avait pénétré la psychologie.
Le marathon budgétaire de 45 jours en commissions et en plénière a révélé un homme résilient, un leader n’hésitant pas à aller au secours d’un collègue, comme avec le ministre de l’Environnement et de la transition écologique. On le dit proche du président Bassirou Diomaye Faye et c’est qui explique peut-être ses relations mitigées avec certains autres de ses collègues quand arrive l’heure du choix.

Un réveil et un dépassement d’une situation antérieure et la recherche d’une nouvelle opportunité semblent expliquer le nouvel intérêt des Sénégalais pour leur ministre des Finances et du Budget ; un IGE l’a vérifié il n’y a guère. Cheikh Diba le vit aujourd’hui, dans ce que les sciences humaines et sociales entendent “rendre compte de la production de savoirs en les rapportant à leur contexte d’émergence” (1).

Les sciences humaines et sociales spéculent encore sur le lieu de formation de ces agrégats. Comment expliquer, par exemple, sous Me Abdoulaye Wade, qu’une opposition embusquée soit suffisamment renforcée à l’Assemblée pour jouer les chiens de garde de la démocratie malgré elle ? Plus récemment, en janvier 2024, l’opposition qui se croyait suffisamment forte pour remporter une majorité parlementaire et imposer la cohabitation a dû déchanter devant la main invisible de l’électeur qui se méfiait d’un certain déséquilibre fatal à une bonne cohésion sociale.

Comme tout bon Européen, Brisson insiste sur la culture et non sur la nature, sur l’acquis et non l’inné, sur le transfert et non la production in situ. Pour forcer l’autre à se voir moins comme lui-même que comme le veut l’autre, étranger en tout.

Il y a eu peut-être un retour aux valeurs fondamentales devant un charivari et un delirium tremens qui a saisi le Sénégal ces vingt-quatre derniers mois et la mémoire s’est mise à chercher du fagot pour se réchauffer pour tomber sur des hommes qui sortent peut-être de l’ordinaire

Souvenez-vous !  Le Mouride sadekh est tombé en transe : du haut de la tribune de l’Assemblée nationale et debout devant ce qu’il a considérée comme  sa propre tombe, il a juré fidélité à l’État et au peuple sénégalais. Loin du bruit blanc de matamores, il a travaillé utilement, à pas mesurés, pour arrondir les angles avec les partenaires techniques et financiers. Cet intérêt subit est sûrement la rançon à payer, souvent malgré les individus choisis. CheiKh Diba et l’Ige qui refuse obstinément de faire le pas politique sont dans le lot des choisis.

 

Pathé MBODJE

 

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1)-Thomas Brisson : “La désoccidentalisation des savoirs”, La Découverte, 2025, page 5