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Tournée Politique : Bennoo Bokk Yaakaar dans dans le collimateur De notre correspondant à Matam, Habib KA, Thilogne

Macky Sall évoque à Kaffrine sa préférence pour la majorité présidentielle et promet de faire du Benno sans Benno en optant clairement pour Abdoulaye Sow le Républicain à la place de Abdoulaye Wilane le Socialiste.

La tournée du président Macky Sall du 29 Mai au Premier juin à Kaffrine et à Tambacounda et Kédougou est somme toute politique dans ses motivations, sa programmation, son organisation, une fois les élections locales et départementales fixées, par ses soins, le 23 janvier 2022. Comme toujours, au nom de tournées dites économiques, il s’impose la charge de passer en revue ses propres troupes, tester la capacité de mobilisation de ses représentants locaux, tâter le pouls des populations, sonder le degré d’imprégnance de l’opposition. Une fois de retour au palais, faire ce qu’il sait le mieux faire : exploiter les statistiques, créer des situations, poser des anicroches, semer des embûches, combiner, couper, etc… Tout le privilège que sa position de président de la République lui permet d’exploiter le maximum ainsi que les coups de canif décisifs pour changer la norme.

Ainsi, pour la nouvelle orientation politique qu’il entend imprimer à sa coalition, pompeusement brandie par Abdoulaye Wilane comme trophée de guerre de la Grande majorité, Macky Sall en a délimité les contours à l’étape de Kaffrine, Ndoucoumane précisément, pour prendre date avec l’histoire, comme symbole à la chute de sa Lionne en 2009 et confirmer que l’ère du socialisme sénégalais est désormais en train de finir ses derniers jours sur les terres de Beuleup Waly Mbérou Ndaw. Et puisque rien ne sera plus comme avant, la préférence de Macky Sall est pour ses camarades de parti, son ministre de l’Habitat notamment, le nouveau chouchou des Kaffrinois, qui, regrette-t-il, n’eût été la rigueur du protocole, aurait eu droit à la parole en guise de récompense pour l’excellent travail de mobilisation qu’il a fourni.

C’est donc un Abdoulaye Wilane complètement usé, esseulé, humilié dans son orgueil qui s’est offert en triste spectacle, le 29 mars 2021, à la cérémonie d’inauguration de l’hôpital régional Birahim Ndao de Kaffrine dont il est le maire de la ville, snobé par Macky Sall et mis mal en point par les coups de boutoir des supporters de Abdoulaye Saydou Sow, l’actuel ministre de l’Urbanisme qui a toute la confiance de son président. Wilane est conscient que désormais ses jours sont comptés à la tête de la mairie de Kaffrine et au poste de député du département, député de la Cedeao, un vieux souvenir.

Aïda Sow Diawara de Golf Sud, Alioune Ndoye de Dakar-Plateau, les derniers dinosaures socialistes sont sur la sellette comme Aminata Mbengue Ndiaye aux communales de 2014 devant le jeune Moustapha Diop, l’actuel ministre des Petites et moyennes entreprises (PME).

Il faut dire que le président Macky Sall est très déterminé à faire du “APR d’abord et Tout pour l’APR”, pour que toutes les collectivités territoriales tombent dans l’escarcelle de ce parti. Désormais, la remobilisation sera recentrée autour du parti présidentiel et de quelques personnalités susceptibles encore, un tant soit peu, de faire bouger les lignes. C’est l’avenir de Bennoo Bokk Yaakaar (BBY) même qui est mis en jeu.

En vérité, une coalition n’a de sens que si elle est d’un apport substantiel pour son chef, pour des objectifs immédiats conjoncturels ; mais quand elle veut s’éterniser indéfiniment, elle ne se justifie plus, surtout quand elle est construite autour du concept diffus du “gagner ensemble et gouverner ensemble”.

A la longue, le système finit par sécréter les germes de sa propre destruction. En effet, on peut se demander ce que sont devenus le PS et l’AFP, les deux mamelles de Benno qui sont parties fusionner avec le Yaakaar de l’APR. Quel est leur poids électoral aujourd’hui ? Si ce n’est des partis squelettiques qui n’ont plus la prétention de leurs forces, de leur vitalité, de leur innovation et par conséquent n’ont plus aucune capacité de résistance, de nuisance et, enfin, ils ne peuvent plus se prévaloir d’aucune légitimité pour incarner, renforcer ou regagner le camp de l’opposition.

Le président Macky Sall ne peut donc continuer de s’encombrer d’une alliance dont elle est la seule locomotive qui tire toujours vers le haut des wagons qui ont fini de rouler depuis pour s’accrocher, roulis en l’air, confortablement.

Une coalition dont il est le père nourricier, le bras financier, des partis qui ont sombré, coupés de leurs bases dont les militants ont fini par migrer vers le centre.

C’est donc le leader de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY), chef de l’Alliance pour la République (APR ) qui faisait sa tournée, exhortant ses militants de faire l’unité autour de sa personne, de le soutenir d’abord et , finira-t-il par dire, que ceci importe plus que les postes de maires et ceux de présidents de conseils départementaux : le 3ème mandat, ne dira-t-il pas.

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