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Tombouctou : René Caillié et ses guides africains…

Tombouctou 

René Caillié et ses guides africains…

Ovide s’est présenté à René Caillié grâce aux Maures Braknas qui l’ont grimé, éduqué et en ont fait un «Arabe et musulman pratiquant ». Cela lui a été utile, lui qui voulait « voir Tombouctou ou mourir ».
Suivez le guide, ce célèbre inconnu ; le voyage de René Caillié à Tambacounda est aussi le sien.

 

L’histoire de l’explorateur français René Caillié (1799-1838) est connue et enseignée dans les écoles. Plusieurs biographies lui ont été consacrées, dans plusieurs langues.
« Ma décision fut prise d’atteindre Tombouctou ou de périr… » (je cite de mémoire)
Ainsi parlait René Caillié, un homme « sur-déterminé »…

Citation (René Caillié) :

Je suis né en 1800, à Mauzé, département des Deux-Sèvres, de parents pauvres…

Fin de citation

René Caillié a pris des notes au long de son périple, un périple qui ne fut pas de tout repos.
Il a décrit lui-même son « voyage à Tombouctou » à travers des ouvrages qui ont été publiés. Le célèbre professeur Jacques Berque a préfacé, en 1979, son ouvrage « Voyage à Tombouctou », ouvrage réédité à plusieurs reprises. Il a reçu la Grande médaille d’or des explorations.
René Caillié a décrit avec force détails l’itinéraire qu’il a emprunté avant d’atteindre Tombouctou…
Il est arrivé à Tombouctou par bateau – le fait est curieux- le 20 avril 1828, en provenance de Djenné (Mali) ; la maison de René Caillié à Tombouctou, celle où l’explorateur téméraire a séjourné, se trouve toujours à Tombouctou comme celle de l’explorateur allemand Heinrich Barth.
René Caillié était français même s’il a dû se « métamorphoser» pour devenir « arabe et musulman pratiquant » grâce aux maures Braknas de la Mauritanie qui l’avaient accueilli et qui l’ont « éduqué » dans la pratique du Coran. Le saint Coran a sauvé René Caillié et ce point de l’histoire est important à rappeler. Jamais au plus grand jamais le Français René Caillié, celui qui avait choisi de devenir explorateur, n’aurait pu traverser cette partie de l’Afrique sans se faire passer toujours habilement mais toujours avec des risques, pour un arabe musulman et pratiquant. Il a souvent été mis à rude épreuve durant son « voyage à Tombouctou »…
Comme nous l’avons appris, René Caillié a fait plusieurs tentatives de « voyage à Tombouctou ».
Il est venu au Sénégal.
Il est venu à Gorée.
Il connaît Saint-Louis du Sénégal.
Il a su user de « mille stratagèmes » mais l’homme, relativement jeune, était habité par une volonté d’acier…
Nous devons maintenant écrire que si le rançais René Caillié a pu réaliser son rêve « d’atteindre Tombouctou ou de périr », il n’aurait jamais pu atteindre Tombouctou sans l’aide précieuse et décisive de ses guides africains ainsi que celle de plusieurs « chefs africains »… Les guides africains qui ont rendu possible le « voyage à Tombouctou » de René Caillié sont restés hélas « d’illustres inconnus » et ce fait doit être déploré…
René Caillié dans ses écrits a toujours pris le soin de mentionner le nom de ses guides africains. L’histoire des « guides africains » de René Caillié mériterait, après plusieurs siècles, d’être écrite par les historiens.
Le « voyage à Tombouctou » de René Caillié a été également le « Voyage à Tombouctou » des guides africains de l’explorateur français qui est entré dans l’histoire.
Le « chemin de Tombouctou » devrait être parcouru à pied par les chercheurs africains qui en auront le courage et la volonté.
Si René Caillié qui n’était pas issu du continent africain – il était français – a eu le courage et le mérite de faire son « voyage à Tombouctou », d’autres Africains, historiens, géographes, anthropologues, sociologues, journalistes, ethnologues, botanistes, ethno-botanistes devraient objectivement pouvoir parcourir « ce long chemin vers Tombouctou » et nous faire partager leurs carnets de voyage.
À ces explorateurs d’une nouvelle Afrique, il sera demandé d’écrire aussi et autant que possible sur les « guides africains » de l’explorateur français René Caillié.
L’Afrique véritablement a un sérieux problème avec l’écriture de son histoire car les archives de toute nature sur lesquels les chercheurs devront se pencher ne se trouvent pas pour l’essentiel en Afrique…
C’est le lieu d’évoquer à nouveau un ouvrage qui nous a beaucoup marqué et qui a été rédigé par le Dr Abdoulaye Ly (paix à son âme) : «  La compagnie du Sénégal ». Le travail de recherche et de documentation réalisé par l’historien sénégalais dans les ports français a été remarquable. Le résultat – l’ouvrage cité- est tout aussi remarquable.
Les documents heureusement ont été archivés : en France, au Portugal, au Royaume-Uni, aux USA, en Russie, entre autres… Un travail remarquable et important a été réalisé par l’Unesco qui a organisé l’écriture d’une « Histoire générale de l’Afrique ». Toutefois les chercheurs du continent africain pourraient aller plus loin et montrer la « face occultée » des Africains anonymes qui ont permis à certains hommes d’entrer dans l’histoire…
Je doute que les nombreux explorateurs européens dont le Français René Caillié aient eu l’intention en «  entrant dans l’histoire » de faire « sortir de l’histoire » leurs guides avertis et courageux…
Enfin, il est important que nous sachions tous que l’explorateur français René Caillié et ses «  guides africains » ont fait, à partir de la Sierra Léone, le «  voyage à Tombouctou » à pied…
Entre la ville de Kankan en Guinée et la ville de Djenné au Mali, René Caillié a évoqué « trois jours de marche »…
Ce tronçon, à minima, pourrait être parcouru par les chercheurs africains.
René Caillié est passé par le Fouta Djalon et il nous a parlé souvent du Djoliba, ce grand fleuve du Mali si proche du point de vue de la « parenté fluviale » du fleuve Sénégal
« Demain l’Afrique ? »

Vovo Bombyx 
30/11/2024