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Système éducatif: Le secteur de l’Enseignement et de l’Éducation en transe Khadidiatou GUÈYE Fall

Le silence des autorités amplifie la dimension de la situation

Au lieu de profiter du vent de la fraîcheur, c’est le vent de la grève qui souffle sur le peuple sénégalais en ce mois de décembre. Le début du mois a été marqué par la réticence des transporteurs du pays. En parallèle, le secteur de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a connu une période tumultueuse.

Les étudiants ont extériorisé leur colère à travers des manifestations. À l’université de Bambey, les étudiants n’ont pas…digéré l’intoxication collective après un repas auprès du restaurant « Europe » du campus. Cette intoxication était suivie de la mort d’un étudiant du nom de Badara Ndiaye. Cet étudiant de la Licence1 en ingénieur juridique serait mort des suites d’une maladie hépatique avec défaillance multiviscérale , d’après l’administration de l’université qui s’est fiée à l’autopsie délivrée par le médecin légiste de l’hôpital Aristide le Dantec, en exécution d’une instruction judiciaire.

Cette nuance faite de la mort de Badara Cissé a soulevé la colère des étudiants qui en voulaient aux autorités universitaires de vouloir s’en tenir à une session unique. Une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Afin de réclamer justice pour leur camarade, les étudiants sont sortis dans les rues de Bambey, capturant deux agents infiltrés. En échange, les étudiants arrêtés ont été libérés.
À Saint-Louis, les étudiants de l’Université Gaston Berger ont manifesté leur compassion à leur camarade de Bambey. Des violences ont été notées entre les forces de l’ordre et les résidents des campus sociaux.

De l’autre côté, des étudiants virtuels de l’Uvs matent un plan d’actions pour lutter contre les injustices dont ils sont victimes au cours de leur formation. Mais leur grève de la faim a été vaine car aucune réaction n’a été décelée venant des autorités.

En effet, les étudiants de l’Uvs, essentiellement composés d’étudiants en Master, dénoncent la sélection faite par les autorités universitaires. Selon les grévistes, les règles ont été foulées au pied pour la sélection. Pour les grévistes, le ministre de l’Enseignement supérieur Cheikh Oumar Hanne a décidé de faire une sélection pour le master.

Cours en ligne

Etudiante à l’Uvs, Maguette Diaw raconte les conditions dans lesquelles les étudiants acquièrent des connaissances. « La motivation est l’aspect principal parce qu’au début. Ce n’est pas du tout facile pour moi de faire des cours en ligne car je ne m’y étais pas habituée. Mais tant que le courage et l’envie sont en nous, tout est possible », a déclaré Maguette Diaw.
Elle insiste sur les mauvaises conditions des étudiants surtout ceux de l’université virtuelle du Sénégal : « Certains étudiants n’ont pas reçu leurs outils de travail (ordinateur) ni leur modem wifi alors que c’est avec ces deux qu’ils doivent faire leurs cours, sachant que les moyens ne sont pas donnés à tous. D’autres reçoivent leurs outils de travail mais le problème se trouve au niveau de la connexion car si l’étudiant se contente seulement de la connexion que l’Ucs lui donne chaque mois, il risque de ne pas faire ses cours normalement. Avant une semaine de cours, la connexion s’épuise et ce n’est pas à la portée de tous de pouvoir acheter de la connexion ».
Elle explique que le problème principal des étudiants de l’Uvs porte sur la sélection des étudiants en Master. À cet effet, les étudiants non sélectionnés seront renvoyés. Et ce sera vraiment peine perdue pour ces derniers.

Vu les violences notées dans les universités et l’impact que cela pourrait avoir sur la formation ses camarades, l’étudiante de l’Uvs demande à l’État de prendre ses responsabilités : « L’État doit prendre toutes ses responsabilités. Prendre ses responsabilités consiste à mettre les étudiants dans de très bonnes conditions, payer les bourses à temps, leur donner les outils de travail et wifi à chaque étudiant orienté à l’Uvs. Tant qu’ils sont dans de bonnes conditions, les problèmes seront réglés. Nous ne sommes pas des animaux, nous méritons de la considération car nous sommes les futurs preneurs des grandes décisions ».

Par ailleurs, la situation qui sévit dans les universités du Sénégal pourrait être assimilée à celle qui se passe dans les écoles sénégalaises, à la différence de la violence. Depuis un certain temps, les élèves subissent les conséquences d’un non-respect des accords entre l’État du Sénégal et les syndicats d’enseignants. Depuis le début du mois de décembre, les enseignants ont décidé d’observer des journées sans classe et des journées de débrayage.

En effet, les enseignants exigent le respect du protocole d’accords signé avec les syndicats. La non-effectivité de l’application du protocole d’accords a perturbé le fonctionnement du système éducatif car les débrayages et les grèves affectent en majorité les élèves surtout ceux en classe d’examen.

Cette fille en classe de seconde au Lycée Pikine Est B donne son point de vue sur la situation actuelle du système éducatif : « Les élèves pâtissent des contentieux entre l’État du Sénégal et les enseignants. Notre niveau est en jeu, et l’État ne doit pas oublier que nous sommes l’avenir du pays. L’État doit trouver un terrain d’entente avec les professeurs pour sauver les élèves et l’année scolaire ».

En parallèle, un professeur de russe du nom de Aby Thiao revient sur les problèmes que rencontrent les professeurs : « Les problèmes que rencontrent les enseignants sont nombreux. Au Sénégal, l’enseignant n’est pas considéré comme il se doit à cause des lenteurs au niveau des administrations. Les enseignants souffrent de la stigmatisation au niveau des zones de service. Nous faisons face aux mauvaises conditions de vie au niveau des zones non électrifiées. Ces dysfonctionnements énumérés et le non-respect des accords…pour ne citer que ceux-là sont à l’origine des grèves ». Madame Thiao ajoute que l’exploitation dans les écoles privées avec de salaires misérables mérite une révision. En tant qu’enseignante, elle essaie de gérer dans la difficulté : « On se sacrifie même si les conditions sont défavorables. L’État doit revoir le système éducatif en respectant les accords signés afin revaloriser le statut de l’enseignant ». L’enseignante promet que si rien n’est fait, les résultats risquent d’être insatisfaisants, les enseignants pourront être démotivés, le niveau des élèves va baisser également.

Le cas des enseignants et des étudiants n’est que la partie visible de l’iceberg. Tout un monticule de revendications s’affiche sur les pancartes de la population ; à cela s’ajoute la riposte des organisations syndicales de la Santé qui tiennent à paralyser le secteur la première semaine du Nouvel an si les autorités ne réagissent pas à temps.

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