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« Stéréotype patriarcal » dans la descente aux enfers de Karim Wade: Mimi, la seule responsable de son « Karma » ? Par Fanny ARDANT

N’est-ce pas que rien n’est gratuit en ce bas monde. Tout s’expie ; que tout, le bien comme le mal, se paie tôt ou tard, comme dit l’adage ? Donc madame Aminata Touré, à vous de récolter ce que vous avez semé avec les ténors de l’ancien régime aux temps de votre gloire, en tant que ministre de la Justice.

L’heure de la descente aux enfers politique pour Amimata Touré sous le sobriquet de “Mimi” est apparemment déclenchée. En effet, depuis son limogeage au poste de présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese) par le président Macky Sall, le 1er novembre dernier, Mimi fait objet d’ « accusations de mauvaise gestion » de cette institution qu’elle a dirigée pendant 16 mois. Son bourreau n’est autre que son successeur Idrissa Seck, désormais allié de Macky Sall suite à la reconfiguration politique opérée dans formation du nouveau gouvernement. Le nouveau président de ladite institution qui prendra fonction ce jeudi 19 novembre 2020 a lancé une procédure de vérifications nécessaires dans la gestion de son prédécesseur. Le leader de Rewmi a dépêché une mission de vérification au CESE pour fouiller dans la gestion de Aminata Touré. Même si cette dernière est sortie pour déclarer que personne n’entachera son « intégrité » et son « honneur ». Mieux, elle suggère même un audit du Cese de sa création au jour de son départ.

Mais tout ce qui arrive à cette « dame de fer », militante de premières heures de la “Macky” ne serait-il pas le retour de bâtons de touy ce qu’elle a eu à accomplir dans le passé avec les anciens du régime de Abdoulaye Wade ?

En position de force, Aminata Touré, le ministre de la Justice d’alors, était chargée de concrétiser les grandes promesses sur la fin de l’impunité et la lutte contre la corruption quand Macky Sall accéda au pouvoir en 2012. Tel un « stéréotype patriarcal », Mimi s’y engage à fond pour descendre les « hommes » de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).

Elle réactive la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), une juridiction ad hoc et en sommeil depuis la loi du 10 juillet 1981 qui a introduit dans le Code pénal sénégalais le délit d’enrichissement illicite. Cette juridiction « chargée de réprimer l’enrichissement illicite et tout délit de corruption ou de recel connexe » juge et condamne Karim Wade, le fils de l’ancien président à une peine de six ans d’emprisonnement et à une amende de 138 milliards de francs CFA en mars 2015. Là, personne n’est épargné. Même son ex- mari Oumar Sarr et père de sa fille aînée a fait les frais de la traque aux biens mal acquis.

On se souvient des passages de son entretien accordé au journal L’observateur le 13/09/2018. AminataTouré qui est loin de penser, comme les autres que Khalifa Sall et Karim Wade sont victimes d’un complot politique de la part du régime en place qui aurait peur de les avoir comme adversaires à la présidentielle de 2019. Elle a clairement indiqué que ces derniers sont victimes de leur “jeu” avec l’argent public.

« C’est un argument facile, repris d’ailleurs partout dans le monde. Pas loin de nous, en France, François Fillon a tenu le même langage, le président Sarkozy aussi, de même que la présidente de Corée et l’ancien maire de Montréal Codère, battu il y’a quelques mois et qui pensait nous donner des leçons. Soyons clairs : il est impossible de fabriquer des faits de détournement de deniers publics, de fausses factures et d’enrichissement illicites quand ils n’existent pas. C’est tout simplement impossible. Les «K», comme vous les appelez ont joué avec l’argent public et ils ont perdu.

C’est une leçon pour tous les politiciens de A à Z, ceux d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Autrement dit, ne pas toucher à l’argent public si on veut éviter le Procureur, les procès et la prison. Ceci étant dit, je rappelle que quand le candidat Macky Sall battait le président Abdoulaye Wade en 2012, Karim Wade était bien avec son père, n’est-ce pas ?

Sa ténacité et sa rigueur lui valent d’être surnommée la « dame de fer ». Aujourd’hui qu’elle fait face à celui qu’elle combattait dans l’opposition, Mimi ne serait-elle pas la seule responsable de son “Karma” ? Surtout que beaucoup de suspicions, plus ou moins fondées, autour de ses ambitions politiques, fait se délier les langues. Avec le président Rewmi, Idrissa Seck contre qui elle a croisé le fer à plusieurs reprises lors des dernières consultations électorales sous la bannière Alliance pour la République (Apr). D’autant plus que rajouter de l’effervescence dans le Macky, Mimi a dans ses actes, classé Macky Sall et l’ignoré dans son discours d’adieu au Cese. Pas même un mot de remerciement de sa part. Un grand oral pour bientôt avec la presse a été promis pour évoquer son avenir politique.

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