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Statut du chef de l’opposition – Malin, pas intelligent Par Pathé MBODJE

D’avoir confondu ruse et intelligence place Idrissa Seck dans une position inconfortable entre l’opposition et le pouvoir. Proposé et contesté à la fois au sein même de l’opposition perdue entre représentation parlementaire et représentativité populaire, il rappelle une idée avancée il y a un an d’un choix qui serait une valse vers Macky Sall et son éventuel clone, Mansour Faye ; d’avoir été d’abord proposé par la majorité présidentielle a été une ficelle assez grosse pour ceux qui soupçonnaient déjà un bara yëggo entre le pouvoir et certains gros calibres de l’opposition apparemment prêts à laisser Macky Sal courir le risque d’une candidature à un troisième mandat.

Cela semblait trop gros, cette suggestion d’un Idrissa Seck chef de l’opposition, surtout venant de la majorité présidentielle, et explique les réserves d’une frange de l’opposition qui accuse l’autre de négociations secrètes avec le pouvoir.

Sur le fond, la principale observation de Ousmane Sonko et de ses amis est plus philosophique ; elle porte en effet sur une représentation parlementaire qui ferait de Me Wade, par sa formation la plus représentée au Parlement, le chef de l’’opposition. L’approche est britannique, comme cela sous-entendait les démarches de Me Wade lui-même, opposant, avec son Commun Law, Shadow Cabinet, chef de l’opposition, précisant quand même : « parlementaire ».

Il a été malheureusement contraint de se méfier de ses propres thèses lorsque le Parti socialiste de Ousmane Tanor Dieng et l’Alliance des Forces de Progrès de Moustapha Niass se sont retrouvés dans une situation où le cœur balançait entre une formation qui avait un député de plus que l’autre à l’Assemblée nationale alors que, sur le plan du vote populaire, le Parti socialiste avait plus de voix mais se trouvait pénalisé par un système de répartition des sièges.

C’est grosso modo le fond épistémologique qui a présidé aux propositions issues du dialogue politique, avec cette appréciable variante des accusations de collusion avec le pouvoir.

Posé froidement, le problème est simple pour les tenants d’un Idrissa Seck chef de l’opposition : il est arrivé deuxième en 2012, sur cinq candidats quand même, ce qui n’était pas difficile, les autres faisant plus figure d’icônes pour meubler une démocratie confisquée avec le parrainage ; le même Idrissa Seck était également arrivé 2ème en 2007, dans une bonne organisation d’une société penchant vers la victime d’un Wade qui cache le soleil à un fils putatif pour un fils biologique.

La mauvaise interprétation (selon) qui dénonce une mauvaise compréhension cependant non dénuée de bon sens entre représentation parlementaire et représentativité populaire est recevable selon le paradigme auquel on croit.

Mais Idrissa Seck a bien dégringolé dans la compréhension populaire en tombant au pied du podium face à Macky Sall, Moustapha Niass et Ousmane Tanor Dieng, en 2012, moment de grande vérité où les populations ont puni des conspirateurs incapables de s’entendre et doutant d’une intelligence de l’électeur dépité par le « Bennoo » solitaire avec Ousmane le socialiste ou Tapha le progressiste.

 

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