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Situation financière: L’unanimité autour de la cherté de la vie Par Khadidiatou GUÈYE Fall

Le quotidien des pères de famille bouleversé

La vie est chère au Sénégal. Les pères de famille rencontrent pas mal de problèmes pour assurer les besoins familiaux au quotidien. Plusieurs paramètres entrent en jeu. La cherté de la vie s’accentue de jour en jour. Le manque d’emploi devient de plus en plus flagrant. Le chômage à longue durée booste l’oisiveté des jeunes diplômés. Les prix des denrées flambent d’un moment à l’autre. Les coûts de l’électricité, de la facture de l’eau, du loyer et de la dépense quotidienne asphyxient les pères de famille.

Récemment, le prix du sucre a connu une hausse. L’inertie des consommateurs n’a pas surpris. Leur réaction sans effet positif les a conduits à se lasser de faire des complaintes : des plaintes non prises en compte ne valent pas une perte d’énergie. C’est ce que pense Cheikhouna, un père de famille.

Âgé de 34 ans et père de deux petits bois de Dieu, Cheikhouna est très pessimiste à se retrouver un jour dans sa propre maison. Actuellement, il vit dans la grande famille avec ses enfants, sa femme, ses sœurs, ses parents et des demi-frères.

Malgré l’effort que fournit son père pour essayer de combler les besoins de la famille, des manquements sont souvent notifiés par les femmes de la maison.

« Je suis le fils aîné d’une grande famille. Mais la vie ne me paraît pas rose comme je le croyais. La vie est très dure, mon salaire, avec les débris que ramassent mes frères pour aider notre père à s’en sortir, ne suffit même plus. Le problème n’est pas la somme investie dans la maison, mais plutôt les nécessités primaires de la maison. Déjà, le prix des denrées n’est pas fixe ; il flambe du jour au lendemain. C’est presque impossible de prévoir une somme fixe pour assurer la dépense pour une durée d’un mois » , explique Cheikhouna.

FACTURES INCONTRÔLABLES

La dépense quotidienne est certes le plus important et le plus difficile à cerner mais l’électricité n’en est pas moins. Cheikhouna soutient que l’électricité est encore plus difficile à prendre en charge : « Le montant des factures n’est pas contrôlable, cela dépend de la consommation. Vu le nombre de personnes dans la famille, il est impossible de contrôler et de vérifier le débit de consommation. C’est pareil pour l’eau ; juste qu’à ce niveau, une organisation a été faite par les femmes, à savoir veiller à ce que tous les réservoirs d’eau soient remplis avant 10 heures. Pour l’eau, on peut se fixer une somme approximative de près ».

La femme de Cheikhouna appuie l’avis de son mari. Elle s’exprime sur la cherté de la vie qu’elle subit chaque jour au marché et le chômage dont elle en est une parfaite illustration. « La situation du pays n’est pas à expliquer car nous la vivons chaque jour dans notre domaine. Je suis diplômée avec un master en droit des affaires, mais depuis plus de trois ans je n’arrive pas à décrocher un contrat ou truc du genre. Je ne fais que cumuler des stages sans rémunération le plus souvent. Si un diplômé ne parvient pas à avoir un poste dans une entreprise, je pense que c’est peine perdue de passer des années à étudier et ne pas avoir un emploi décent », regrette la femme du soutien de famille. Sur la situation du pays, elle indexe les autorités et trace les épreuves qu’elle rencontre au marché : « Le fait de ne pas avoir de travail ne me dérange pas, même si j’aurais aimé en avoir. Mais la hausse des denrées ne nous arrange pas en tant que femme au foyer. Les hommes ne peuvent que donner ce qu’ils ont dans leur poche, c’est à nous de nous organiser, pour ajuster les dépenses. Et ce n’est pas facile, vous pouvez vérifier par vous-même.
Pour assurer les trois repas avec la somme remise par monsieur, il faut une bonne capacité de marchander sur les prix exhaustifs. À ce rythme, aucun père de famille ne pourra épargner pour l’avenir de ses enfants. Et la situation devient de plus en plus compliquée », fait-elle savoir.

Retrouvé dans sa boutique, Alla nous explique que les prix ne sont fixés à son niveau : « Ce n’est pas à nous de fixer des prix librement, le prix d’un produit dépend de celui du grossiste. Si le dernier diminue le prix, on fera de même à notre niveau ; par contre, si les grossistes augmentent les prix, on est obligé d’en rajouter une petite somme pour y tirer notre bénéfice. Il y a quelques mois, des prix nous ont été soumis mais les conditions n’étaient pas réunies pour le respect des prix recommandés ».

D’après Alla, aucune décision n’est prise sur les prix des produits, tout vient d’en haut de la chaîne. Il déclare que la nourriture est un besoin vital, et que l’Etat doit tout faire pour aider les pères de famille à assurer les besoins de leur famille.

Depuis quelque temps, on assiste à une situation inquiétante dans le pays avec une augmentation du prix pratiquement de toutes les denrées de première nécessité. Cette situation malencontreuse pèse énormément sur les ménages. Ceux qui en pâtissent le plus sont les débrouillards qui ne gagnent qu’en fonction de leur type de travail avec un salaire misérable.

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