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Sénélec : La fable du riz

Consommation

Le système tarifaire de la SENELEC est-il

légitime, transparent et compréhensible ?

La fable du riz ? Le prix déclaré du kilogramme de riz et convenu est de 300 frs.  Je vous ai loué la balance pour la pesée et son coût est de 30 frs donc vous devez payer 330 frs. L’usager de la Sénélec serait victime du même excès.

Un débat est en cours sur le sujet avec divers intervenants parmi lesquels l’ancien ministre de l’Equipement et actuel PCA de la SENELEC. Il a reconnu le caractère abscons du système tarifaire du Woyofal.
Les griefs des abonnés à l’endroit de l’électricien sont nombreux. Il faut savoir que c’est une illusion de penser que la SENELEC a échappé au mal qui a affecté plusieurs secteurs pour ne pas dire tous les secteurs. Lorsque que M. Karim Wade a eu en charge le secteur de l’Energie, il avait fait une déclaration qui révélait un réel scandale : la SENELEC achetait le fioul autour de 90 USD. Le nouveau ministre, en imposant une procédure plus transparente, avait fait baisser le prix d’achat du même fioul à environ 25 USD. Qui profitait de cette situation ?
Une fable pour une illustration des aberrations dans le système tarifaire: un sénégalais est allé chez le boutiquier pour acheter un kg de riz ; il lui est dit que le kilogramme de riz est de 300 frs. Après pesée et remise du produit, il lui réclame 330 frs : il a objecté en lui rappelant que le prix déclaré et convenu est de 300 frs. “Sachez, a-t-il rétorqué, je vous ai loué la balance pour la pesée et son coût est de 30 frs, donc vous devez payer 330 frs”. Voilà l’aberration qui est devant l’usager à la SENELEC.
Combien d’abonnés utilisent le compteur Woyofal ?
Supposons qu’ils soient au nombre d’un million.
Chaque mois serait prélevée une somme de plus de 400 frs sur celle de l’achat d’électricité. Cela ferait 400 millions par mois. Soit 4,8 milliards par an prélevés sur les éprouvés usagers.
Par ailleurs, la SENELEC bénéficie de ce qu’on appelait dans le transport aérien les ɓillets émis non utilisés  (pour BÉNU ). Ceci améliore artificiellement la trésorerie de l’électricien nationale : l’abonné lui fait involontairement du crédit gratuit.
Il est très plausible que toutes ces complications tarifaires n’auraient qu’un but : masquer le tarif réel du kilowatt heure bien plus élevé que ce qui est déclaré pour les différentes tranches. Il est nécessaire que la SENELEC aille vers la simplification tarifaire pour la transparence et la lisibilité de son système de vente de l’électricité.
La dispersion de la production de l’électricité entre plusieurs opérateurs n’est pas un facteur favorable à l’économie d’échelle, donc à la réduction des coûts, dont aurait pu bénéficier un opérateur unique.
Le libéralisme tant prôné n’a jamais permis à un pays sous-développé de franchir le seuil critique de l’épanouissement économique. L’histoire des pays qui se sont développés, ces dernières décennies, l’a bien illustré.
Ces considérations ci-dessus auraient pu être faites à propos du fournisseur d’eau, des banques, etc. En réalité, beaucoup de ces entités prélèvent des “taxes déguisées” en imposant aux usagers des perceptions ne correspondant à aucun service rendu, alors que seul l’Etat devrait avoir ce pouvoir.
Devons terminer en criant avec Corneille Ô rage, Ô désespoir !

Ababacar Sadikhe DIAGNE,

Ancien élève des classes préparatoires aux Grandes écoles,

Ingénieur diplômé de l’ENAC-Toulouse, France, et du MIT, Cambridge, USA.