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Sénégal : L’ombre des réseaux sociaux

Sénégal-Politique

Abus de réseaux sociaux

Retour du boomerang pour la formation au pouvoir débordée aujourd’hui par les réseaux sociaux, son arme fatale d’il n’y a guère…ou de guerre.

Rattrapé mais aujourd’hui surclassé dans l’utilisation des réseaux sociaux, Pastef au pouvoir est également desservi par une mauvaise cartographie des intervenants. Le Premier ministre Ousmane Sonko a reconnu avec colère le niveau des ressources et déploré le décalage inadmissible dans la réalisation du Projet ; pire :  la vitalité d’un parti à travers les clans et tendances révèle en la circonstance une querelle de légitimité historique dans ce qui semble être une armée de généraux mexicains. Mais si Pastef au pouvoir se désole de ne pas avoir le pouvoir, c’est parce qu’il s’estime mal payé en retour par un attelage gouvernemental pas totalement en phase avec les attentes et visions du parti. Certains ministères seront nommément cités, au-delà des nominations contestées et dénoncées par le circuit qui avait fait le succès de la formation dans l’opposition : les réseaux sociaux.

Mais Pastef est rattrapé par le dicton de celui qui vit par les armes : il a trop tiré sur la corde et il se pose aujourd’hui un problème institutionnel qui verrait le Premier ministre à la place du chef de l’État ; mais c’est plus pour justifier une crise en perspective.
Une invite est lancée au chœur des lamantins pour reprendre l’antienne. La nuance est qu’entre-temps, l’exercice du pouvoir a laissé émerger de grosses interrogations sur  les uns et les autres ; les clivages et les refus sont d’autant plus criants qu’à l’intérieur, les mêmes forces d’hier se font face avec les mêmes armes et procédures que naguère. Ainsi, intra, pro et anti, dans l’anonymat ou à visage découvert, usent des mêmes pratiques pour adouber ou éreinter ; si on y ajoute les frustrés du dehors, on comprend le point de rupture de beaucoup de responsables de la formation au pouvoir.
La visite sur les plateformes digitales relève en effet des menaces à peine voilées sur des opérations qui ont conduit naguère à l’arrestation de quelque 1.500 prisonniers dits politiques. On accuse les forces d’inertie du monstre d’hier d’être tapies dans l’ombre pour résister, en oubliant, comme dans la fable, la poutre qui nous barre la vue. D’autant que certains trouvent une consolation quand le fanatisme du début a été dilué dans la difficile sinon impossible retrouvaille totale des acteurs d’hier ; la désillusion permet de vérifier que la formation au pouvoir travaille en fait à applique le principe de Peter selon lequel tout individu tend à atteindre son niveau d’incompétence.

Moins que l’anonymat que permettent les réseaux sociaux, c’est cependant la symbolique de caniveau qui secoue une société jadis pudique et qui s’émeut d’une dégradation des moeurs d’acteurs se réfugiant derrière les mots pour vivre. Feu Mademba Sock aurait trouvé la formule de la vieille actrice qui cache ses rides derrière son éventail.

Il faut craindre pour le Sénégal

Pathé MBODJE