Sénégal : Horizons liés, destins liés… (2026/2029)
Sénégal
Horizons liés, destins liés… (2026/2029)
Trois grandes questions devraient être abordées par le chef de l’Etat dans son discours du 31 décembre 2025 attendu avec impatience, surtout la gestion politique quand tous les réglages seront opérés pour permettre au Sénégal de consacrer toute son énergie au redressement de son économie. S’il a su tenir le gouvernail au milieu de la « tempête politique » sans inflexion ni à gauche ni à droite, il pourrait alors inviter les Sénégalais à considérer un seul horizon temporel -2029- et rappeler sa « position politique » lorsque cet horizon sera touché…
Les planificateurs fixent toujours des «horizons temporels »… Le Plan 2050 en est une parfaite illustration.
Une communication pédagogique reste à faire autour du Plan 2050.
Les horizons temporels peuvent être plus courts : le discours à la Nation du chef de l’Etat, le président Bassirou Diomaye Faye, le 31 décembre 2025, est attendu par les Sénégalais avec impatience…
Il sera prononcé dans trente-et-un jours.
Les derniers mois écoulés ont plongé le Sénégal dans un climat de forte incertitude.
L’économie sénégalaise nous a été présentée comme une « économie bloquée » plutôt qu’une «économie en crise »…
Le Pr Samir Amin, grand théoricien du développement et des crises en Afrique, a publié en 1971 un ouvrage riche intitulé : « L’Afrique de l’Ouest bloquée »…
Nous comprenons ainsi que les « blocages » sont anciens et que les causes avaient été clairement identifiées.
Trois grandes questions devraient être abordées par le Chef de l’Etat dans son discours du 31 décembre 2025 :
1- la gestion des ressources naturelles,
2- la gestion de l’économie sénégalaise,
3- la gestion politique.
1- Les principes de gestion des ressources naturelles ont été définis mais il devient important de fournir à la représentation parlementaire tous les outils qui lui permettront de suivre l’évolution de l’exploitation du pétrole et du gaz naturel (le gaz naturel liquéfié également) ; les statistiques relatives à la production des deux sites gazier (GTA) et pétrolier (Sangomar) ne suffisent plus. Elles doivent être analysées afin de mettre en relief d’autres éléments : les destinations des cargaisons, les prix de vente, les volumes de pétrole traités localement, les navires affrétés, les durées moyennes de chargement, les programmes de remplacement du personnel expatrié sur les deux sites, les prévisions en termes de développement des champs gaziers et pétroliers, les coûts moyens d’extraction, etc… Dans ce renforcement, la communication de l’ITIE devrait être plus documentée.
Rien n’empêche également qu’un point mensuel soit fait en direction de la représentation parlementaire.
Il faut rappeler qu’aux termes de l’article 25-1 de la Constitution « les ressources naturelles appartiennent au peuple… »
2- La gestion de l’économie sénégalaise a suscité de nombreux débats.
Les Agences de notation ont dégradé à plusieurs reprises les notes du Sénégal… Le recours au marché de l’UEMOA a permis au Sénégal de lever des fonds.. Il s’agit bien sûr d’un « régime transitoire ».
Le chef de l’Etat pourrait décrire et annoncer les caractéristiques principales du « régime permanent » relatif aux sources de financement de l’économie sénégalaise, y compris les grandes lignes du programme d’investissement au cours des prochaines années afin de desserrer l’étau et permettre une amélioration du fonctionnement de l’économie et du pouvoir d’achat des ménages.
3- La gestion politique a été une source de tensions multiples et variées.
La scène politique est animée par plusieurs partis et coalitions.
Un fait politique demeure et il est incontestable : le parti Pastef-les Patriotes reste le parti majoritaire depuis les élections législatives du 17 novembre 2024.
Au plan strictement politique, le « Sénégal a coïncidé » suite aux deux échéances électorales : celle du 24 mars 2024 et celle du 17 novembre 2024.
Les tensions politiques sont apparues il y a quelques mois.
Le président de la République viendra rappeler aux sénégalais qu’il reste la « clé de voûte » des institutions. Il devrait également annoncer aux Sénégalais qu’il est issu lui-même d’un grand parti politique – le Pastef- les Patriotes- mais qu’il a été porté au pouvoir par une coalition.
Il devrait pouvoir annoncer aux Sénégalais que les difficultés apparues ont été aplanies et que tous les réglages politiques ont été opérés pour permettre au Sénégal de consacrer toute son énergie au redressement de son économie.
Il rappellera l’organisation tirée de la Constitution : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Chaque pouvoir exercera les missions qui lui ont été confiées par la Constitution sans recouvrement possible.
Le chef de l’Etat, le président Bassirou Diomaye Faye qui a su tenir le gouvernail au milieu de la « tempête politique » sans inflexion ni à gauche ni à droite, pourrait alors inviter les Sénégalais à considérer un seul horizon temporel -2029- et rappeler sa « position politique » lorsque cet horizon sera touché…
Dans l’intervalle; il restera le « seul maître à bord » en fonction des droits que lui accorde la Constitution.
Les hommes politiques fixent toujours des « horizons temporels » comme les planificateurs mais à cette différence près que les planificateurs formulent des hypothèses en « avenir certain » alors que les hommes politiques évoluent en « avenir incertain »…
Les outils utilisés sont différents…
La démocratie est exigeante : elle a ses règlements et ses lois, accordés par une Constitution solide.
Le Sénégal doit « coïncider »…
Le président de la République, S. M. Bassirou Diomaye Faye devrait pouvoir mettre en œuvre tous les moyens disponibles afin que le Sénégal « coïncide »
« L’union fait la force ».
Sénégal : horizons liés, destins liés.
Vovo Bombyx
30/11/2025
