Sénégal-Fmi : La solution du 17 octobre
Sénégal-Fmi
Une journée pour
l’élimination de la pauvreté
Le 17 octobre est la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. C’est l’ultime rendez-vous entre le Sénégal et le Fmi pour une déclaration finale qui serait favorable au Sénégal. Et résoudre l’énigme du “misreporting” qui semble plus politique que technique.

Les félicitations du Fonds monétaire international au gouvernement sénégalais, ce 3 octobre, confirment le travail remarquable qui se fait sous la direction du ministre des Finances et du Budget avec les équipes du Fonds pour obtenir une dérogation avec le conseil d’administration. Un délai d’une quinzaine de jours semble ainsi une réponse plus politique devant l’impatience du Sénégal révélée par le président de la République dans un entretien à New-York même.
“Le 17 octobre est connu comme la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté (ou Journée mondiale du refus de la misère), une journée pour rendre hommage aux victimes de la misère et lutter contre l’exclusion.” (Wikipedia/ C’est ce jour que les autorités du Fmi ont donné rendez-vous au Sénégal pour l’ultime solution à un symbolisme qui vicie les relations entre les deux parties depuis que le Premier ministre Ousmane Sonko a parlé de dette cachée. L’optimisme des autorités du FMI, en particulier de Mme Kristina Giorgieva, laisse penser qu’une décision favorable sera prise.
Certes, devant la morosité générale, l’incident du 3 octobre avec le report de la décision sur le misreporting tombe mal : en pleine crise à la Direction générale des Impôts et Domaine et à quelques encablures du vol perpétré à direction du Trésor ; il annihile le capital de patience et de diplomatie du ministre des Finances et du Budget dans les relations entre le Sénégal et les institutions de Betton Woods. Surtout en ces moments d’extrême tension de toute nature qui vicie les relations sociales dans une société où les relations de serviabilité sont devenues des relations servilité.
Cheikh Diba avait pourtant pu désamorcer la bombe : depuis la création des institutions de Breton Woods, jamais un misreporting n’a connu une telle ampleur. Et c’est sous Cheikh Diba que le Sénégal a réussi cette prouesse historique de relever le défi de l’après-audit, avec le travail remarquable qui se fait avec les équipes techniques du Fonds monétaire international pour obtenir une dérogation avec le Conseil d’administration, et ceci suite à la communication de données erronées par l’ancien régime (misreporting).
Un glissement sémantique avait servi de base de travail vers la mi-septembre et s’est avéré apte à faciliter le rapprochement. Le Fmi s’est reposé dessus pour faire traîner les choses, cherchant toujours ce qu’est une “dette cachée”.
Si le terme technique a en effet disparu de la nomenclature entre le Sénégal et le FMI, l’absence de déclaration le 3 octobre reposerait sur des considérations politiques lorsque l’institution insiste sur les preuves à produire. Si la prime à la démocratie n’a pas fonctionné entre le FMI et les nouvelles autorités, c’est assurément à cause de considérations autres que le misreporting.
Assurer la sincérité des données
À priori, comme en mars dernier avec l’introduction frauduleuse au Trésor, la haute administration sénégalaise est assez fine pour sécuriser ses données stratégiques pour se mettre à l’abri du mauvais sort. Le retard mis par la direction des Impôts et domaines dans la communication sur le hackage de ses données pourrait s’expliquer ainsi. “L’indisponibilité temporaire des services en ligne” due à “un problème technique identifié” rassure dans ce sens, malgré les cris d’orfraie.
Il importe cependant que cette loi domino devrait donner à réfléchir et inciter tous les autres services d’État à la prudence dans ce domaine sensible de la préservation des mémoires physiques et électroniques.
L’un dans l’autre, la direction du Trésor se voulait rassurante sur la sécurité des données dans le vol de mars. Ce qui n’est pas le cas au niveau des Impôts et Domaines quand la direction informe, au bout d’une semaine, de la délicatesse des opérations.
Pathé MBODJE
