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Sécurité routière : Un cercle vicieux

Fin de la grève des transporteurs

Vol de nuit

La nuit n’a pas porté conseil aux autorités surprises par l’ampleur de la grève des transporteurs ; elles ont baissé pavillon et le mot d’ordre a été levé ce vendredi 10 avril : des dix points de la plateforme, seule la circulation de nuit a été mise en exergue. Avec elle les check-points Charly, subsidiairement. La tendance Mame Rhane Ndoye a remporté la palme;, peut-être sans gagner vraiment devant les points en suspens que le pouvoir a le temps mettre en perspective selon ses possibilités. L’intervention du président de la République a été décisive devant l’intransigeance du gouvernement renvoyé à ses devoirs d’opposant et de théoricien du “œil pour œil, dent pour dent”. Le calvaire aura duré près de deux semaines; touchant toutes les régions, à l’exception de Dakar.

Le vol de nuit avait été réduit face à l’hécatombe sur les routes ; il est remis au goût du jour. Le constat était alarmant : hausse de près de 50 pour cent des accidents entre 2024 et 2025 et de 23 % des décès.

Pour qui nous roule-t-on ?

Équation de la sécurité routière
La quadrature du cercle ?

État des routes, taxes et autres perceptions, indiscipline et non effectivité des sanctions. La quadrature du cercle, dans le domaine de la sécurité routière. Cela prendra du temps et de la concertation.

Ces jours-ci, le milieu des transports terrestres est secoué par une grève relativement suivie et laquelle gène beaucoup d’usagers quant à l’exercice de leurs activités quotidiennes. Les autorités étatiques ont voulu une généralisation du contrôle technique de certains véhicules de transport des personnes, avec plus de rigueur. L’obligation de passer ces visites au centre installé à Dakar a exacerbé la fronde des transporteurs.
Cette actualité mérite quelques réflexions car le transport est vital pour l’économie d’un pays. Cependant, il doit s’effectuer dans la sécurité des personnes et des biens et autant que possible dans l’ordre,  lequel conditionne souvent la sécurité.
Toute réflexion sur cette question devrait commencer par l’identification des facteurs à l’origine de l’insécurité routière.
Certains politiciens sont prompts à saisir toute occasion pour essayer de mettre en difficulté leurs adversaires. Ils sont prêts à faire feu de tout bois pour atteindre leurs objectifs, ceux-ci n’étant pas toujours ceux annoncés. Certains parmi eux sont soupçonnés à tort ou à raison d’être derrière cette grève des transporteurs avec des visées politiques au sens “sénégalais” du terme.
Il y’a certainement quelques faits qui poussent l’attention vers cette direction. Cependant d’autres éléments sont à prendre en considération.
Malgré leurs engagement et bonne volonté à propos desquels il n’y a pas lieu de douter, les nouvelles autorités ont peut-être manqué de réalisme et d’expérience.
L’insécurité routière a essentiellement deux à trois origines.
La première est l’indiscipline et l’irresponsabilité de certains conducteurs.
La seconde est d’ordre économique : les taxes et autres perceptions lors de l’importation des véhicules les ont mis hors de portée de la plupart des entrepreneurs du transport. C’est la principale raison de la vétusté d’une partie significative du parc des véhicules de transport.
La troisième est liée à l’état des routes, de la signalisation et à la non effectivité de l’application des sanctions prévues par le code de la route en cas sa violation. Ce texte devrait être adapté à nos réalités pour sanctionner systématiquement les manquements par rapport à ses dispositions, par la création, dans les zones accidentogènes, de brigades de sécurité routière qui surveilleraient, sanctionneraient et réaliseraient les constats même si l’accident n’est que d’ordre matériel.
Lorsqu’une société a pris un pli comme cette culture qui sévit dans le milieu transport public, le changement qu’il appelle nécessite du temps et de la patience. Les réformes à y faire doivent être échelonnées et étalées dans le temps.
Pour régler une multitude de problèmes, il faut les sérier, les traiter un à un, en commençant par les plus simples, en progressant méthodiquement vers les plus complexes.
La sécurité routière est un problème sérieux et difficile à résoudre. Pour lui trouver solution, il faudrait une convergence de vues des différents acteurs qui pourrait être obtenue par des concertations continues ou periodiques basées sur la bonne volonté et la sincérité des engagements.
Le Sénégal a besoin de calme pour saisir les opportunités de progrès qui se présentent aujourd’hui. Tous les Sénégalais doivent en avoir conscience.

Ababacar Sadikhe DIAGNE