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Sauvons le soldat Ryan d’un bain de sang: Comment le peuple sénégalais pourrait-il se sortir d’un cercle de feu en gestation ? Par Ndiapaly GUEYE

Les signes que nous apercevons présentement au Sénégal sont loin d’être des plus encourageants. Ils laissent entrevoir des signes avant-coureurs d’un chaos sans précédent fort bien visible qui commence déjà à prendre forme. Le feu couve partout. La colère des Sénégalais est à son paroxysme. Les Sénégalais n’étudient plus, ne se soignent plus, ne se sentent plus en sécurité, ne travaillent plus, ne mangent plus à leur faim, ne dorment plus, ne s’informent plus, ne se divertissent plus et ne communiquent plus par mesure de prudence par peur d’être sous écoute. Les Sénégalais se regardent en chiens de faïence. La fibre patriotique qui aura toujours maintenu notre conscience collective pendant si longtemps est vite tombée en ruines comme un château de cartes, obscurcissant et transformant ainsi nos rêves si prometteurs en lambeaux. Le contenant du peuple s’est vidé de son contenu d’âme.

La nature ayant horreur du vide, une animalité sans précédent chez l’homo-senegalensis viendra subrepticement s’y loger : nos gestes, attitudes et comportements de tous les jours laissent apparaître une violence inouïe. Le stress aura finalement eu raison d’une situation aussi alarmante jamais vécue par les Sénégalais depuis 1960. La présomption n’est coupable que dans la mesure où la normalité démocratique est érigée en règle dans un pays. Les discours va-t-en-guerre fusent de partout chez les leaders politiques. Mais quand le parti au pouvoir mène la danse en brandissant partout l’arme de la vengeance par allusion aux événements de mars 2021, en cautionnant délibérément le recrutement de nervis, alors qu’elle devrait être la position du camp adverse ?

Si la loi du talion risque de constituer une menace grandissime aux allures déstabilisatrices chez les 17 millions de Sénégalais, il urgerait à ce que la violence légale soit impérativement et sans délai instaurée par nos forces régaliennes que sont la police et la gendarmerie pour anticiper sur d’éventuels prémices obscurs. Le salut ne viendrait que du camp présidentiel auquel il revient l’obligation morale de siffler la fin de la récréation pour remettre tout le monde au travail et sans état d’âme.

“Le pouvoir est un outil pour partager sa vision avec le peuple. Ce n’est pas une fin en soi. Il restera toujours au peuple”, selon Marine Le Pen. Les maux dont souffrent les Sénégalais,  c’est qu’ils ne retiennent absolument rien de leur passé douloureux :  1962 avec Mamadou Dia, les massacres des habitants du quartier de la Médina de 1967, les grèves syndicales et universitaires de 1968, la radiation des policiers de 1987, les élections de 1988 suivies d’années blanches et invalides, 1992 l’explosion d’une citerne d’ammoniaque à la Sonacos, l’assassinat en 1993 de maître Babacar Sèye, la première alternance de 2000, le naufrage du bateau le Joola en 2002, les émeutes du 23 juin 2011 et les émeutes récentes de mars 2021. Notre énormissime handicap nous empêchant d’atteindre l’émergence, c’est notre absence de liberté à cause de notre manque d’éducation. L’un des grands problèmes de la société sénégalaise, c’est l’entretien de l’ignorance et de l’analphabétisme. Jamais nous aurons une société stable avec l’entretien d’une ignorance institutionnelle et structurelle, ça ne va pas ensemble. Pour paraphraser l’islamologue Tariq Ramadan.

Pour conclure, Il est grand temps que les Sénégalais sachent raison garder sur deux choses : qu’ils sachent reconnaître les politiques qui ne sont là que pour leurs intérêts et d’autres qui ne sont mus que par les intérêts du peuple. Les vrais rapaces, les sangsues de la République sont les premiers cités. La transhumance est leur gagne-pain. Seules les prairies vertes les intéressent. Il est grand temps de les repérer pour les mettre hors d’état de nuire. Telle serait la condition sine qua non pour aider notre pays à espérer des lendemains meilleurs. Seulement méditons toujours cette adresse du 23 juin 2021 de Cheikh Bamba Dièye : « Si vous étiez dans le combat il y’a 10 ans et que vous n’y êtes plus, cela veut dire que vous avez trahi la Nation. »

Ndiapaly GUEYE,

journaliste indépendant, lanceur d’alerte,

email : ndiapalygueye@yahoo.fr

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