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Remaniement en perspective: Rupture, ré..ouverture ou fermeture ? Mame Gor NGOM

Le gouvernement du 1er novembre 2020, était un “gouvernement d’ouverture”. Qu’en sera-t-il pour le futur attelage ? Davantage d’ouverture, de rupture ou un gouvernement de “fermeture” avec des combattants aux bases solides ? A Macky Sall de trancher. Lui qui a compris.

Sept départs, neuf arrivées, quatre changements de postes. Au total, 33 ministres et 4 secrétaires d’État.

Le remaniement de novembre 2020 avait beaucoup tenu compte « du contexte actuel de la pandémie de la Covid-19 et de ses impacts  afin d’imprimer une dynamique constructive d’innovation, de transformation, de réalisations et de changements nécessaires à l’accélération de l’émergence du Sénégal », expliquait Seydou Gueye qui parlait au nom du gouvernement. Il avait notamment souligné un ” rajeunissement significatif de l’équipe”. Cela pour poursuivre le “fast track”.

Diome sur siège éjectable ?

Il a eu des divorces avec le départ de certains poids lourds du parti présidentiel. C’est le cas d’Aly Ngouille Ndiaye, remplacé à l’Intérieur par Antoine Félix Diome, l’ancien substitut du procureur de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) et récemment nommé agent judiciaire de l’État avant son entrée dans le gouvernement. Diome qui a été au cœur de la récente crise avec 14 morts, est fortement critiqué. Sa communication catastrophique est particulièrement indexée. Est-il sur siège éjectable ? Ils sont nombreux à penser que son départ permettrait d’apaiser la situation. Il entretient des relations conflictuelles avec une frange importante de l’opposition.

Si son départ ou son changement de poste est fort possible, il est très peu probable qu’il soit remplacé par   celui qu’il avait remplacé. Car, si on suit la logique, M. Ndiaye, responsable de premier rang de l’Alliance pour la République (Apr) n’avait pas lui aussi, la confiance de l’opposition et une partie de la Société civile qui réclamaient un “homme neutre” à la tête du ministère de l’Intérieur. Toutefois, ce ne serait pas une surprise de voir Aly Ngouille Ndiaye occuper une autre station.  De même qu’Amadou Bâ influent responsable politique du parti présidentiel aux Parcelles Assainies en banlieue dakaroise.

Départs possibles

Le dernier remaniement a été aussi marqué par l’arrivée de “plusieurs poids lourds de l’opposition. Cela, “dans la dynamique du consensus issu du dialogue politique”. Une ouverture qui avait été annoncée en mai 2019 date de l’ouverture du fameux “dialogue politique”.

Idrissa Seck de Rewmi qui prend la place d’Aminata Touré au Conseil économique social et environnemental (Cese). Il devient la troisième personnalité du pays.

Avec Aly Saleh Diop à l’Élevage et Yankhoba Diattara à l’Économie numérique, deux des responsables de sa formation qui se sont bien “servis”.

Oumar Sarr ancien numéro 2 du Pds qu’il a quitté, en mai 2019, a hérité du portefeuille des Mines et de la Géologie en remplacement de Sophie Gladima. Que dire de l’avocate Aïssata Tall Sall de “Oser l’Avenir” présentement avec Macky Sall qu’elle fustigeait non sans véhémence.

Que vont devenir ces personnalités désormais en plein dans la mouvance présidentielle ?

Idrissa Seck a déjà montré des gages de fidélité. Il a même pris à bras-le-corps le combat contre Ousmane Sonko avec des attaques subtiles avant de se dévoiler au fur et à mesure. “Sonko est disqualifié” répète Yankhoba Diattara, un de ses poulains. Macky Sall va-t-il renforcer Seck, comme le prétendent ceux qui sont certains qu’Idy est le futur Premier ministre ?

Oumar Sarr jusqu’ici taciturne sur l’affaire des accusations de viol qui est à l’origine de la pire crise sous Macky, commence à se faire entendre. Est-ce trop tard ?  Aïssata Tall Sall est comptable de l’échec dans la gestion de la crise. Sa sortie sur France 24 accusant des “forces occultes venues de l’étranger”, retentit encore. Elle a été désavouée par le président de la République avec son “je vous ai compris” à l’endroit des jeunes. Le ministre de la Justice Malick Sall est tout aussi coupable d’une mauvaise prise de parole qui a sensiblement terni la réputation du gouvernement.

Et ces poids lourds du gouvernement qui avaient conservé leur ancien poste ? Si Sidiki Kaba ministre des Forces armées, pourrait bien quitter l’attelage gouvernemental, ce n’est pas le cas pour Mansour Faye qui gère les infrastructures. De même qu’

Abdoulaye Daouda Diallo aux Finances et Amadou Hott à l’Économie.

La situation est donc là. Il y a les faits et les spéculations.  Que faire du “gouvernement d’ouverture” ? L’ouvrir davantage à des technocrates issus de la Société civile et de l’opposition ou la “fermer” avec une équipe politique de combats politiques ? A Macky de trancher à moins qu’il n’adopte une posture intermédiaire.

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