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Remaniement: Dans l’orthodoxie de Dionne III P. MBODJE

Le prochain gouvernement devrait s’efforcer d’oublier la désagréable surprise de la Toussaint 2020 pour revenir à l’orthodoxie de Dionne II du 6 avril 2019 : le mauvais casting est devenu plus lisible avec le feu de mars et a révélé a posteriori la capacité d’anticipation d’un Amadou Bâ ou d’un Aly Ngouille Ndiaye.

Boune Dione

« Ils sont de grands négociateurs qui auraient pu gérer la situation » souffle un ancien commissaire du service de l’ordre public. Au demeurant, ils sont revenus en première ligne « et vont reprendre du service ». Mais pas au même niveau. Pour le ministère de l’Intérieur, les explications viendront un peu plus tard, même si elles semblent manquer de logique, dans cette situation d’apaisement tous azimuts.

Certaines sources maintiennent en effet l’Intérieur en l’état : le départ de Félix Antoine Abdoulaye Diome serait ressenti comme un « échec personnel » du président de la République qui aurait capitulé devant une rumeur populaire pas très tendre avec le locataire de la place Washington, plus à cause de … Macky Sall que de son ministre perçu comme l’exécuteur de basses œuvres du grand patron.

Malick Sall

Le Matamois Malick Sall devrait également être maintenu pour les mêmes raisons d’affirmation de l’autorité de l’État qui ne saurait capituler devant l’hostilité populaire. L’un et l’autre devront alors apprendre à maîtriser leur impulsion sauvage qui les fait déraper plus que d’habitude dans leur prise de parole publique.

Ces considérations pourraient atténuer l’impact du remaniement sur le public qui ne verrait dans le nouvel attelage les raisons de croire à une réelle volonté de changement : une quarantaine d’individus, tous aussi peu connus les uns que les autres, sortent des principes philosophiques retenus avec les Assises de 2011 et heurtent la morale publique quand ils sont perçus comme un gouvernement de partage du gâteau et volonté de survie d’un pouvoir sans assise, obligé de mutualiser avec ceux que les électeurs ont sortis par les urnes.

Le prochain remaniement ministériel renseignera sur la volonté du président de la République de mieux s’insérer dans la lutte contre les inégalités ; elles fondent le repli du Sénégalais moyen sur lui-même et son rejet de toute forme d’autorité et d’autoritarisme.

Séga Fall Mbodji estime que la justice sociale est aussi une question de corrélation positive, les salaires augmentant ensemble, pour mieux gérer les disparités sociales, mieux lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Il trouve par exemple inconcevable, par rapport à la masse salariale (ils ont avancé 1100 Mds), que 5% des travailleurs (poste de responsabilité) se partagent 500 milliards, soit près de la moitié, que 25% autres travailleurs coûtent 250 milliards, devant une immense majorité, soit 70% des travailleurs lambda, qui se partagent 350 milliards.

Un gouvernement est donc un raccourci vers une bonne gouvernance, une meilleure répartition des richesses, une meilleure stabilité sociale,

En fait une société sobre et vertueuse.

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