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Remaniement au Sénégal: Macky Sall fait planer le suspense Fanny ARDANT

L’idée d’un réaménagement ou tout simplement d’un remaniement gouvernemental avec le retour ou sans du Premier ministre maraudait au palais de la République. Et cela fait suite à la gestion calamiteuse du « Macky » lors des manifestations du mois de mars dernier. Mais il semble que le chef de l’Etat traine les pieds et fait perdurer le suspense davantage.

Il faudra inscrire dans le tableau de bord du gouvernement l’existence d’une véritable cacophonie de ses membres dans la gestion de la crise sociopolitique. A défaut de tenir des discours responsables, ils ont préféré adopter la position d’une hibernation politique et de verser dans des positions aux antipodes.  Ainsi, pour plus d’efficacité dans les actions et une meilleure communication, le président peaufinait au lendemain des manifestations du mois de mars dernier, loin des indiscrets, un remaniement ministériel.

Normal, serait-on tenté de dire car, depuis les fameuses émeutes, c’est dans l’air : Macky Sall, « qui a fini par se rendre compte de beaucoup de choses, entend opérer une véritable opération de coup de balai pour le prochain remaniement. Redresser les uns et sanctionner d’autres », souffle-t-on du côté du Palais.

En effet, les derniers événements meurtriers survenus après l’arrestation de Ousmane Sonko ont mis à nu l’incapacité de certains de ses ministres face à une crise. De tout le gouvernement Macky 2, Antoine Félix Diome et Me Malick Sall sont sans nul doute les ministres les moins habiles. Parce que ces deux se ressemblent dans leurs “communications calamiteuses”.

Communication calamiteuse

Pour le premier nommé, l’ancien procureur Alioune Ndao a fini par nous le raconter. Très en verve au cours de l’atelier de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums) portant sur le thème « État de droit et indépendance de la justice », le magistrat à la retraite a demandé à son ex-collègue d’améliorer sa communication. Selon l’ancien procureur de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), depuis que le ministre de l’Intérieur est à ce poste, “sa communication est calamiteuse” ; il s’adresse mal aux Sénégalais.

« Qu’il évite qu’on ne le mette dans le gouffre parce qu’il a sa carrière de magistrat devant lui. Donc, il a intérêt à faire beaucoup d’attention. Je lui demande d’améliorer sa communication. Or, un ministre de l’Intérieur est au-devant de la scène et quand quelqu’un est mis au-devant de la scène, il doit savoir parler », a-t-il conseillé au premier flic de ce pays.

Des conseils qui donnent raison au magistrat retraité si l’on fait référence aux récents événements qui ont lieu dans ce pays : pendant cette situation tendue qui appelait le président la République, père de la Nation à sortir de son mutisme et s’adresser à son peuple, c’est le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome qui a pris la parole, faisant une déclaration contre-productive. En lieu, place d’un discours d’apaisement, le premier flic se braque, traitant ceux qui sont descendus dans la rue pour déverser leur courroux après l’arrestation de Ousmane Sonko de « bandits et de terroristes ». Pis, le ministre de l’Intérieur avertit que les manifestants seront traqués et traduits en justice.

Cependant, il faut comprendre que Antoine Félix Diome n’est pas sa première bourde : lors de la première rencontre du gouvernement face à la presse, ce même Antoine Félix Diome qui était à sa première sortie politico-médiatique a complètement raté son baptême de feu. Son absence n’aurait même pas eu d’incidents majeurs. Étant donné que sur les questions liées aux élections locales et les chiffres de l’émigration clandestine, il n’a pas su donner de réponse. Flou total !

Sur la date des prochaines élections locales, reportées à quatre reprises. « Il s’est agi, lorsqu’il a fallu reporter ces élections, aller devant les députés. C’est donc une loi qui a été votée à l’Assemblée nationale et qui a prévu ce report suite à un consensus noté dans le cadre de la commission politique du dialogue national. Lequel consensus a été fait autour de la nécessité selon les différents acteurs impliqués », a expliqué Antoine Félix Diome face à la presse ce mardi 24 novembre 2020. D’ailleurs, ce n’est pas le seul aveu d’échec d’Antoine Félix Diome. Sur la question de l’émigration clandestine, le ministre a avoué que le gouvernement n’a pas suffisamment d’éléments pour déterminer le nombre de morts exacts. Pis, il relativise en indiquant que le gouvernement n’est pas là pour dénombrer le nombre de morts…

Le second, garde des “sots” oups Sceaux…

Politiquement inexpérimenté, le ministre de la Justice Me Malick Sall a très tôt montré ses limites. Lors de sa prise de fonction, mardi 16 avril 2019, le nouveau patron du département de la Justice a confié à son prédécesseur Ismaila Madior Fall ses orées à diriger ce nouveau département.  « Je suis avocat, mais pas un constitutionnaliste, alors comprenez-moi, j’ai des limites », a-t-il fait savoir.

Le 29 septembre 2019, le garde des Sceaux sème la discorde. Au moment où tous les Sénégalais se réjouissaient d’un vent d’apaisement du climat politico-social. Me Malick Sall sortit de nule part révèle dans les ondes de Sud FM, en déclarant maladroitement que « c’est Khalifa Sall qui a demandé à être gracié ». Toujours prêt à rajouter de l’huile sur les braises encore fumantes. Ces commentaires outranciers sur des dossiers devant la Justice ont été fortement décriés, notamment sur l’arrestation de Guy Marius Sagna ainsi que celui de son « ami » et témoin de son mariage, le journaliste Adama Gaye… Sur ces deux cas, le ministre de la Justice se vante d’avoir sorti la chicotte. « Dans cette affaire dite d’Adama Gaye, j’assume toute ma responsabilité. Je ne peux, personnellement, en tant que garde des Sceaux, voir un individu, par ses écrits, ses déclarations, passer son temps à insulter celui qui incarne l’institution la plus sérieuse, la plus en vue de notre Etat : le président de la République. J’assume toute ma responsabilité ».

Récemment, il avait accusé les lutteurs d’être à l’origine des manifestations violentes au Sénégal, il avait présenté ses excuses.

Après les lutteurs Me Sall charge Ousmane Sonko et ses partisans. « De nombreux jeunes ont été tués par les partisans de Sonko », a confirmé Me Malick Sall lors d’un meeting à Fouta, dimanche 21 mars au stade de la région de Matam. A dire que Me Malick Sall et la diplomatie institutionnelle ne semblent pas faire bon ménage.

Au président Macky Sall qui dit “comprendre” et avoir appris quelque chose de la récente crise socio-politique de se débarrasser de ces deux qui visiblement ne sont pas de bonnes compagnies. De vrais gaffeurs…à remanier !

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