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Reconquête des grandes villes du Sénégal: Abdoulaye Diouf Sarr, une poire pour la soif Par Habib KÂ, chef du bureau régional de Matam, Thilogne

Depuis qu’il a annoncé le principe de reconduction systématique de tous les maires sortants, les amarres sont déliées. Le président de l’Alliance pour la République (APR) et de Benno Bokk Yakaar (BBY) a tenu, personnellement, pour les grandes villes essentielles, à y mettre sa touche. Parce que l’idée généralement partagée est que qui gagne les principales villes gagne la prochaine élection présidentielle.

Dakar, Thiès, Ziguinchor, Saint-Louis, ces villes sont d’importance capitale. Pour éviter à ses militants de se déchirer dans des rivalités fratricides qui font le lit de l’opposition, Macky Sall a paré au plus pressé en trouvant des arrangements amiables dans lesquels chaque partie trouve satisfaction

A Dakar, Macky Sall a trouvé la sage solution, une solution médiane gagnant-gagnant pour les deux frères rivaux

Au maire sortant Abdoulaye Diouf Sarr, un boulevard pour la conquête de la ville de Dakar et à l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, en disgrâce, la coordination nationale de BBY pour les élections municipales et départementales.

Un partage équitable. Il y a de quoi être satisfait, des deux camps.

Abdoulaye Diouf Sarr mérite de diriger la ville de Dakar pour sa constance politique dans sa localité Yoff. Il y a gagné pendant que certains de ses collègues ministres APR, candidats-maires comme lui, mordaient la poussière dans leurs communes et furent priés par Macky Sall de prendre la porte.

Constance aussi dans sa fonction ministérielle : il est de toutes les équipes depuis son entrée dans le gouvernement,  un certain 6 juillet 2014, comme ministre du Tourisme et des Transports aériens, puis ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du Territoire et présentement ministre de la Santé et de l’Action sociale.

Constance enfin dans l’entêtement d’un dessein irréfragable croisé avec l’assentiment d’une communauté traditionnelle fière de l’avoir Jaraaf de Ndakarou, capitale administrative de plus de 4 millions d’âmes.

Dakar 7 ans après

A Diouf Sarr de bénéficier du soutien indéfectible de BBY, pour faire face, 7 ans après, au mythe incarné par Khalifa Ababacar Sall, fortifié par le valide Pastef de Ousmane Sonko.  Les élections du 23 juin 2014 n’avaient pas tourné en faveur de l’APR de Macky Sall qui ne contrôlait qu’une commune sur 19 ; Taxawu Askan Wi de Khalifa Sall en raflait 15.

Il faut aujourd’hui à Abdoulaye Diouf Sarr et Amadou Bâ reprendre solidairement la campagne de l’élection présidentielle de 2019 pour espérer enlever la ville de Dakar des mains des khalifistes et de leurs alliés.

Abdoulaye Diouf Sarr a besoin du soutien de la colonie Lébou mais, à elle seule, elle ne saurait faire la différence dans une mégapole de plus de 4 millions d’habitants.

C’est main dans la main avec son adversaire frère de parti qu’ils doivent collaborer, remettre l’armada de février 2019 pour reconquérir la moitié des villes et être sûrs de détrôner Khalifa Sall, ainsi que son intérimaire Soham El Wardini.

Amadou Bâ, au vu de ses nouvelles responsabilités pour un ex-ministre en errance depuis plus de 23 mois, ne râtera pas les opportunités qui lui sont offertes  pour s’anoblir.

Et, si la parenthèse de sa traversée du désert est définitivement fermée, Amadou Bâ peut rêver d’une place très stratégique dans les plans de Macky Sall à l’horizon de 2024, où tout est dans le domaine du possible.

Macky Sall seul sait !

Le chef de l’État aurait le succès d’avoir réconcilié deux frères pour le bonheur de son parti et celui de son alliance.

Chacun satisfait de sa nouvelle trajectoire, l’un avec le prestigieux fauteuil de la ville de Dakar et président de l’Association des maires du Sénégal, l’autre un poste stratégique dans un gouvernement où tout peut lui sourire.

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