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Ramadan: Le quotidien des non-musulmans perturbé Khadidiatou GUÈYE Fall

Les chrétiens se conforment aux exigences du Ramadan

C’est le mois de Ramadan, c’est la période de jeûne imposé aux chrétiens. Après le Carême, les chrétiens enclenchent un Ramadan imposé par le changement temporaire des habitudes de consommation des musulmans. Pour certains chrétiens, il faut la tolérance et l’adaptation pour atténuer les effets.

Le jeûne des musulmans n’est pas en faveur des chrétiens. En cette période de Ramadan, ces derniers sont confrontés à de nombreuses difficultés occasionnées par le jeûne des musulmans. Sur le plan alimentaire, l’offre de la consommation est très réduite de leur côté. Ils sont également assujettis à se conformer aux changements horaires, d’adapter leur accoutrement et de tolérer les bruits nocturnes.

Cet élève s’appelle Sophie Diogoye. Elle est en classe de Terminale au lycée Seydina Limamou Laye de Guédiawaye. Si on se fie à ses propos, les chrétiens vivent une situation embarrassante. « C’est un peu difficile de trouver de la nourriture en ce temps de Ramadan. Surtout pour nous élèves, nous mangeons non seulement des faga daga, c’est-à-dire des pains de la veille, mais aussi il faut marcher plusieurs minutes avant de trouver un vendeur, ce qui fait qu’on perd des minutes ou même des heures de cours car certains professeurs nous renvoient quand nous avons des minutes de retard”, déclare Sophie Diogoye. Elle ajoute : “Dès le premier jour de Ramadan, les problèmes ont commencé. J’avais du mal à trouver du pain, heureusement que je ne le consomme pas beaucoup, ce qui fait que je ne vais jamais me bousculer devant les boulangeries”.

Pour Sophie, le pire c’est la hausse des prix des denrées alimentaires pendant le ramadan. ” On ne mange pas de poissons frais, les boutiquiers ouvrent tardivement ; ce qui m’énerve le plus est que tout le monde te pointe du doigt dès que tu bois ou manges en public”, se désole-t-elle avant de terminer.

La même situation est décriée par sa grande-sœur, Marie Odette Diogoye, une femme de 28 ans évoluant dans le domaine de la petite enfance. Elle dénonce les impacts causés par le mois de Ramadan tant sur le côté alimentaire que sur le plan social.

Pour l’alimentation, Odette campe sur la position de Sophie. “Les boulangeries, les boutiques ouvrent tardivement, les gargotes n’ouvrent pas non plus. Du coup tu es obligé de te faire à manger à la maison pour emporter et ce qui n’est pas évident pour toutes les personnes”, se lamente Marie Odette.

Elle n’oublie pas de mettre l’accent sur la cherté des denrées alimentaires durant cette période.

Pour l’aspect tolérance, Odette affirme qu’ils sont privés de faire certaines choses en public comme le droit de manger devant les gens au risque d’être blâmé.

Le côté cohabitation pose d’énormes soucis. D’après Odette, “dans certains quartiers, les cérémonies religieuses nous obligent de rester éveillés toute la nuit en plus des routes barrées. Les changements d’horaires de travail et de cours nous affectent aussi”.

Qu’ils le disent ou non, les chrétiens sont véritablement impactés par le mois de Ramadan. En dépit de la consommation et des chants nocturnes qui les empêchent de dormir, ils sont contraints de se cacher pour boire où manger. Alors qu’en temps de Carême, le mois de jeûne des chrétiens, aucune limite ne s’impose aux musulmans. Seulement, il est important de souligner que les musulmans représentent les 95% de la population sénégalaise présents dans toutes régions du territoire national.

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