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Présidentielle : Macky remis à neuf

Présidentielle

Macky remis à neuf

L’image d’un parlement assiégé et sous la protection de la gendarmerie aurait dû jaunir : elle est aussi vieille que le Sénégal. Les Sénégalais ont remis l’antienne, ce lundi 05 février 2024, à l’occasion du vote de la loi repoussant la Présidentielle du 25 février à la veille de Noël, le temps d’une nouvelle gestation.
La même image, dans l’album, se retrouve le 23 juin 2011 et en décembre 1962. Politique de la misère intellectuelle et misère de la politique.

Reposer une crise entre le Législatif et le Judiciaire sur un soupçon de corruption est une injure, grosse, pour l’intelligence humaine et le plaidoyer pro domo de quelques affidés ne saurait prospérer : Macky Sall en veut à Amadou Bâ et s’est allié au Pds pour ourdir une crise d’autant plus irrecevable que Karim Wade ne pourra jamais exciper de son unique nationalité sénégalaise ; son propre père l’a reconnu, malgré l’annonce du JORF du 16 janvier 2024 : “Le terme « exclusivement » introduit une impossibilité car si on peut prouver qu’on n’est pas français, belge ou autre, on ne peut pas prouver qu’on est exclusivement belge, allemand, sénégalais ou français.
Une difficulté réside dans la question de savoir qui doit soulever l’objection de binationalité ou de double nationalité ? Pourquoi soulever cette objection pour tel candidat et pas pour les autres ? Pourquoi singulariser un candidat ?” (1).
Sommes-nous alors face à une crise qui en rappellerait une autre, celle de 1962, avec un différend entre les deux têtes de l’Exécutif ?
“En 1962, je crois que la nature du régime était différente ; nous avons depuis plusieurs décennies un régime présidentiel ou semi-présidentiel (les juristes ne sont pas d’accord entre eux sur la qualification de la nature du régime). Une telle comparaison (avec 1962) sera difficile : je suis toutefois surpris que dans le débat qui a cours depuis plusieurs jours, l’article 3 de la Constitution ne soit jamais cité (je dois avouer que je n’ai pas suivi tous les débats…).
Cet article dispose en son premier alinéa :
« La souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par voie du référendum ». Face à cette impasse politique, la solution pourrait passer par un référendum ; le peuple pourra alors s’exprimer en lieu et place de ses représentants…
L’Assemblée nationale, quoique démocratiquement élue, pose problème dans son fonctionnement”.
La carte électorale a été publiée je crois (je ne l’ai pas encore vue) ; les conditions « logistiques » devraient être réunies pour organiser un référendum dimanche 25 février 2024. La question qui serait posée serait unique : Pour ou contre le report des élections ? Réponse par « Oui » ou par « Non ».
Si le « Non » triomphe, comme je le crois, l’élection présidentielle pourrait alors être organisée dans la «foulée » et le Sénégal aura évité le chaos…
Ce lundi, les députés opposés auraient pu crier : “Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes”.

La Rédaction

1-https://www.dakaractu.com/Aux-observateurs-de-la-scene-politique-senegalaise-Bi-et-double-nationalite-Par-Abdoulaye-Wade_a105698.html