GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

Présidentielle 2024: Ousmane Sonko sur les pas de Karim Wade et Khalifa Sall ? Par Charles Thialys SENGHOR, Desk central, Le Devoir

Après sa « résistance » qui a abouti à son inculpation suivie de son placement sous contrôle judiciaire, Ousmane Sonko, accusé de « viols et menaces de mort », ne s’est pas tiré d’affaire. Le champion de Pastef est donc sous la menace d’une condamnation qui pourrait le priver d’élection en 2024, comme cela a été le cas pour Karim Wade et Khalifa Sall, respectivement candidats du Parti démocratique sénégalais et de Taxawu Sénégal. Quel plan B pour Pastef, dans ces conditions ?

Ousmane Sonko est cité dans une affaire de mœurs qu’il considère comme un complot organisé par le régime du président Macky Sall. Depuis lors, il ne cesse de se battre pour s’en tirer à bon compte. Il a fini de faire le tour des leaders politiques en quête de soutien.  Il va également en faire de même chez les guides religieux qui ont largement participé à la décrispation de la tension dans le pays.

Malgré tout, la justice semble être dans la continuité de ses enquêtes pour établir la vérité dans ce dossier qui l’oppose à la dame Adji Sarr qui l’accuse de « viols et de menaces ». L’ancien inspecteur des impôts, plus que jamais en position de force, devenant de fait l’opposant n°1, va donc continuer de se battre pour représenter son parti et ses soutiens à la future élection présidentielle dans près de trois ans. Le souhait le plus ardent de Sonko et de ses camarades est d’arriver à faire annuler purement et simplement le dossier de cette affaire de mœurs. Mais le juge n’est pas tenu de s’y conformer, laissant donc un suspense total.

Dans le cadre du réalisme politique, le Pastef ne doit-il pas penser à un plan B au cas où Ousmane Sonko perdrait ses droits civiques en cas de condamnation ?

La jurisprudence Karim Wade devrait éveiller le Pastef. « Le président Abdoulaye Wade tient à vous faire comprendre que notre parti, le Pds, n’a qu’un seul et unique candidat pour la Présidentielle et il s’appelle Karim Meïssa Wade ; nous l’avons dit et répété, nous n’avons pas de plan B ni de plan C (…) », avait déclaré en mai 2018, Omar Sarr alors qu’il était le coordonnateur national du Pds. « Karim Wade sera notre candidat et il rentrera bientôt au bercail », avait lancé l’ancien ministre de l’Habitat. Par son entêtement, le Parti démocratique sénégalais (Pds) a manqué à l’appel lors de l’élection présidentielle de 2019. Il le regrette certainement aujourd’hui.

C’était le même cas pour Khalifa Ababacar Sall, leader du mouvement Taxawu Sénégal. Ses partisans ont toujours cru qu’il échapperait au glaive de dame justice. Au finish, il a été écarté de la course de ladite élection présidentielle après sa condamnation.

Abdoulaye Wade et ses camarades de parti, tout comme Khalifa Sall et son camp, se battent encore aujourd’hui pour la réintégration de Karim Wade et de Khalifa Ababacar Sall dans la scène politique. Le Pastef doit-il continuer à faire confiance à l’innocence de son leader pour être blanchi dans ce dossier finalement très « politisé » par les deux camps, opposition et pouvoir, chacun tirant de son côté contre l’autre à travers des accusations ?

Pour le moment, le Pastef semble intraitable : dans une sortie médiatique, le président du Mouvement national des cadres de Pastef, Bassirou Diomaye Faye, déclarait qu’un plan B ne leur a jamais traversé la tête, dans le cadre du remplacement d’Ousmane Sonko.

L’instruction se poursuit au niveau du doyen des juges. 2024 n’est plus loin pour un parti qui prétend conquérir les suffrages des Sénégalais.

%d blogueurs aiment cette page :