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Premier Ministre: Aly Ngouille, la bonne bouille Par Pathé MBODJE

L’analyse de notre correspondant à Thilogne désigne dans les faits Aly Ngouille Ndiaye comme le Premier ministre idéal : Augustin Tine est trop âgé et trop rigide pour avoir le dynamisme d’un bon Premier ministre ; il aurait pourtant fait le lien avec la minorité religieuse du Sénégal pour un équilibre social parfait.

Mouhammad Boun Abdallah  Dionne a un moment créé la zizanie avec l’évocation du retour probable d’un poste où il a le plus duré quand on mesure le temps avec ses prédécesseurs : les attaques ont fusé contre de potentiels Premiers ministres, notamment Amadou Bâ et, subsidiairement contre Aminata Touré, pour avoir d’accord occupé ce poste et, tous deux, pour avoir été cités comme de probables prétendants à la succession de Macky Sall à la tête de l’Etat. L’ancien Pm Muhammad Boun Abdallah Dionne avoue en privé avoir été « sauvé » par le président de la République avec la décision prise en avril 2019 de supprimer le poste. Comment et pourquoi ? L’intéressé souhaite ne pas faire de la diplomatie sur la place publique, ce qui révèle le relief du monsieur.

Rétrospectivement, certains avouent aujourd’hui que la décision  d’avril 2019 ne s’imposait pas, dans la dynamique de l’époque d’une ébullition sociale en direction d’un président théoriquement sur le départ à peine élu sous une nouvelle Constitution ; un seul de nos interlocuteurs avoue s’en être ouvert à l’époque à Macky Sall, sans plus de précision. Dans la réalité, si tous voyaient venir la catastrophe d’une modification de l’architecture démocratique du Sénégal, personne n’a pu aider le président de la République à affiner son choix, c’est-à-dire à en majorer le positif et minorer les aspects dirimants.

La levée de boucliers à l’évocation du nom de Abdoulaye Daouda Diallo doit reposer sur l’explication d’un Fouta  qui aime bien la Grande royale mais seulement lorsque Thierno Dallo reste marabout,  généralement un érudit migrant accueilli comme répétiteur des enfants dans cette zone primo-islamisée du Sénégal ; Ndioum la culturelle  considérera toujours ADD comme un intrus à la collectivité, d’où les douloureuses passes d’armes par Cheikh Oumar Anne, par exemple, sans condamnation des autorités dynastiques locales.

« En dehors de toute subjectivité, Amadou Bâ a aussi le profil de l’emploi par sa compétence et son management des hommes aux Finances et aux Affaires étrangères où il a fait preuve d’une forte diplomatie intérieure et extérieure ; au surplus, il a démontré sa capacité à rassembler autour de l’essentiel pour gagner des batailles. Il est par exemple un maillon important pour vaincre le chat noir d’une capitale hostile au pouvoir depuis 1993, comme cela s’est vérifié avec la présidentielle du 24 février 2019 ».

Au fond, « la difficulté principale, pour le président de la République, réside dans le fait que tous les ministres étaient en fait des premiers ministres en puissance  après le départ de Dionne ; contrairement à une rumeur non vérifiée, ils ne se pressaient pas aux portillons pour informer le chef de l’État qui présentait souvent quelques lacunes dans ses argumentations publiques. Macky Sall ne reçoit régulièrement que les ministres de départements dits de souveraineté comme le ministre de l’Intérieur, les ministres des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, le ministre des Forces armées et le ministre des Finances ; s’y ajoutent, pour des raisons techniques de proximité, le premier ministre d’État Boun Abdallah Dionne et son Directeur de cabinet, véritablement pas de quoi se fouler les pouces. Surtout que les conseillers mis là par complaisance n’ont aucun apport et se plaignent de faire de la figuration sans avoir le courage de partir.

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