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POST-COVID-19 EMERGENTE

La chanson de Gestes Barrière

Il faut le noter avec regret : le Sénégal n’a pas encore fini de finir tribut au Coronavirus : certains cas graves sont désespérés et il faut s’attendre à une recrudescence des décès, après l’accalmie de ces derniers jours. Les trois pertes enregistrées samedi seront suivies d’autres, malheureusement.

Les responsables sanitaires sont cependant arrivés à la conclusion que les cas communautaires ne seraient pas très éloignés des cas suivis, chaque infection ayant donné lieu à une circulation du virus, même asymptomatique. Ils concluent donc que la carte actuelle n’est pas seulement médicale mais sociale, dans une capitale qui, en temps normal, reçoit la moitié des populations sénégalaises, soit entre quatre et six millions de visiteurs par jour.

Le programme IEC initié en juin voulait déjà aller chercher un responsable dans le cercle de famille, le quartier, la ville, pour mieux reformater le combat à plus de 75% devant le relâchement né en juin avec la rentrée des classes avortée et les mouve
ments d’humeur notés ici et là qui ont fait réagir les autorités politiques. La visite à Ouakam du ministre de la Santé et de l’Action sociale devait déclencher le nouveau plan de communication avec des responsabilisations au plus près, dans les communautés, et un changement dans cette litanie quotidienne, à 10 heures tapantes, qui ajoute au stress des Sénégalais obligés de suivre les courbes d’évolution et de pertes humaines de la maladie du Coronavirus. Au moment où les politiques tracent des comètes dans l’espace de la Covid-19 émergente, il faut regretter l’absence de reconnaissance envers le corps médical et la presse : le sacrifice des membres du corps médical est d’autant plus à saluer que l’extérieur prévoyait un génocide noir grâce au Coronavirus ; formés dans les mêmes universités que leurs collègues occidentaux, les Africains ont eu une longueur d’avance sur tous les autres continents, toutes proportions gardées.

 

La sortie du confinement et du couvre-feu a cependant conduit à un relâchement inquiétant pour les cercles sanitaires et scientifiques scandalisés par l’absence du minimum presque vital, le masque ; désacralisé, il est tombé en désuétude au moment où les Etats-Unis annoncent une nouvelle variante du Coronavirus en fin-juin et au le Sénégal même connaissait une nouvelle forme de grippe présentant les mêmes symptômes olfactif et gustatif que la Covid-19, même si certains affirmait le caractère non létal de la nouvelle maladie. Ce combat pour le port du masque, la nouvelle politique de communication le destine à l’ensemble des média qui accepterait, dans un élan de solidarité et de combat, se dresser en presse militante, autant que l’a été le corps médical dans les heures les plus sombres de la pandémie de la Covid-19 : si la bataille est gagnée au trois-quarts, le dernier quart pourrait ramener le Sénégal à la case départ, comme cela se vérifie ailleurs.

Mais ce combat pour le port du masque devrait favoriser la production locale, comme le souhaite le président Macky Sall : des études ont en effet démontré que certains masques importés massivement n’assuraient aucune garantie de sécurité sanitaire à certains corps d’intervention qui en sont massivement dotés Le nouveau combat à un coût financier que l’Etat devrait logiquement supporter.

Pathé Mbodj

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