Poème ! La Peule et l’or blanc
Culture-Poème
La Peule et l’or blanc
Par Yoro Ba Epi
Père et Mère peuls,
Né du sang de la marche, j’ai grandi au cœur du troupeau.
Dans le tumulte de l’enclos, je respire l’âme du lait frais,
Tandis que mes lèvres épousent le bord de la calebasse,
Ce baiser de crème offert par la bergère au port de reine.
Sous le soleil qui pèse, le pasteur s’en va vers l’herbe rare,
Ses vertèbres chantent la fatigue des mille lieues,
Mais son corps s’appuie sur son gardien fidèle :
Le bâton de Kel, poli par le temps,
Lustré au Dakh onctueux, ce beurre de génisse qui l’habille d’ébène.
L’homme et son bois, vieux compagnons de pâturages,
Tels de vieux toucans se réconfortent dans l’immensité des savanes.
De ses mains agiles, de son esprit fertile, la femme peule soigne son teint cuivré,
Nourrissant ses tresses du beurre pur et doux,
Pour que chaque mèche, sous l’onction souveraine,
Reflète l’éclat d’un astre dans l’azur.
Sur la peau de soie du nouveau-né qui s’éveille,
Elle fait couler la crème-offrande de la vie et lui chante les berceuses au son du riti ancestral.
Yoro BA Epi
