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Plan B de Macky (A=A): Laam Tooro Sall Par Habib KA, Bureau régional de Matam

Sortons des Locales, à la limite des Législatives, deuxième tour d’un rendez-vous avec une jeunesse avec laquelle Macky Sall a réussi le lien.

Surpris par les ides de mars ? Oui mais pas perturbé au point de se chercher un remplaçant qui ne saurait être autre que Laam Tooro lui-même ! A=A.

Thilogne-Peut-il envisager un plan B alors que rien ne l’exige ?

Un remplaçant suppose que le titulaire manifeste des éléments incapacitants, une inadaptation au jeu, de la fatigue.

Pour autant qu’on sache, le président Macky Sall n’est pas dans une situation de confrontation avec une opposition qui est en passe d’ébranler son pouvoir : la stabilité organique de l’État et du pays n’est pas menacée au point qu’il se résigne à se mettre hors du jeu de la compétition, pour céder le passage à un allié sûr, capable de restaurer la sérénité et maintenir la continuité.

Pour l’instant, la Présidentielle de 2024 est encore loin, très loin même. Se dressent devant deux épreuves de handicap très déterminants qu’il faut d’abord passer et qui dessineront le nouveau visage de la scène politique recomposée : les élections des conseillers municipaux et présidents des conseils départementaux en janvier/février 2022 et des Législatives dont la date reste à négocier.

C’est à l’issue seulement de ces deux rendez-vous électoraux que Macky Sall pourrait envisager de tenir son open press, préparer sa chorégraphie pour une dernière touche dans l’arène, jusqu’à ce qu’une force vienne lui refuser de compétir.

C’est en ce moment qu’il pourrait consulter le Conseil constitutionnel sur la recevabilité de sa candidature. Et c’est seulement après, si l’avis ne lui est pas favorable (il serait le premier président du genre), qu’il trouverait un plan de rechange, le plan B.

Entre-temps, le feuilleton Sweet Beauty aura produit ses derniers épisodes et dévoilé ses amplitudes de nuisance sur la personne du leader du Pastef. Ce parti était arrivé à créer une bipolarité du champ politique sénégalais mais dont le leader charismatique atteint dans sa moralité risque de l’empêtrer dans des combats judiciaires, faisant oublier l’essentiel, le combat politique. Sonko est prisonnier du système, sans initiative entre les mains d’une justice qui se cherche et l’inspiration féconde d’une femme “violée”, prête à faire monter l’adrénaline dans ses shows téléguidés.

En tout cas, dans le message du président de la République adressée à la Nation le 03 avril 2021, rien dans la tonalité de sa voix, son expression, son gestuel ne laissait transparaître un moindre signe de découragement de crainte, de perte de sang froid.

Surpris ? Assurément comme les pilleurs des magasins Auchan, des stations Total, des lanceurs de pierres, des jeteurs de gaz lacrymogènes.

Surpris, Macky Sall l’était, comme tout le monde mais pas perturbé.

Tout au long de son discours, il est resté de marbre, serein, d’un calme plat, évitant les questions essentielles. Il passe sous silence les municipales pour, quelques jours après, fixer sa date unilatéralement.

Il évite de parler de remaniement ministériel, de restauration du poste de Premier ministre, de mandat présidentiel.

A=A, B=A, A=B

Cependant Macky Sall s’est permis ce 03 avril 2021 d’annoncer une enveloppe de 450 milliards pour la jeunesse ; désormais, une nouvelle brèche est ouverte. Le dialogue avec la jeunesse va être la rengaine du mois de Ramadan dans tous les foyers autour d’un ndogu.

Macky fait, en effet, une avance à la jeunesse, cette jeunesse oubliée des plans des ministères de l’Education, de la Formation professionnelle, cette jeunesse non identifiée des organes d’insertion et de réinsertion, cette jeunesse inconnue des multiples agences pourtant dédiées à son nom.

C’est cette jeunesse donc en errance, abandonnée, que le président de la République, subitement, entend offrir aujourd’hui “un nouveau point de départ, de nouvelles réponses aux besoins des jeunes, dans les domaines de l’éducation, de la formation, de l’emploi, du financement des projets et du soutien à l’entreprenariat”, dont le Conseil présidentiel prévu le 22 avril 2021 sera le point de départ.

Si l’opposition se ramollit et que la vague de contestation se brise sur les promesses encore chaudes de Macky Sall, alors, pour lui, des opportunités de dialogue sont ouvertes avec ceux par qui le pays a failli basculer vers l’apocalypse.

Cette jeunesse, à elle seule, peut faire la différence, car qui gagne la confiance de la jeunesse, gagne les élections. Si le Dialogue national et le Dialogue politique ont porté leurs fruits à certains, la transhumance notamment, place maintenant à la jeunesse, elle qui fait la différence le jour du scrutin

Il est évident donc que Macky Sall ne s’arrêterait pas en si bon chemin pour passer le témoin à quelqu’un d’autre qu’il aura volontiers choisi. Pourquoi un plan B sauf si B égale Macky Sall ?

D’ailleurs, depuis sa réélection, il est resté constant dans sa volonté de prolonger de cinq ans encore son contrat pour la présidence de la république. Il le confirme par un “ni non, ni oui” sans ambiguïté, aussi pour avoir enjoint tout membre du parti ou allié de sa coalition de se mettre au travail et de la fermer. Il avait réussi, en partie, à réduire l’opposition à sa plus simple expression en pêchant de gros calibres en les personnes de Idrissa Seck, président du parti Reewmi, Oumar Sarr, secrétaire général de Suuxali Sopi. Le président Macky Sall semble revigoré après avoir encaissé le coup du 03 mars dernier ; il se prépare à une grande rentrée politique pour se refaire une santé en actionnant tous les leviers de commandement à sa disposition. Il connait si bien s’y faire : visite de chantiers, tournées régionales jusqu’au Fouta Tampi, Task Force républicaine sur tous les plateaux de télévision, pour rassurer que la République est en marche pour la conservation du pouvoir, théoriquement jusqu’en février 2029.

Matam, Podor, Kolda, le Grand théâtre, toutes les autres régions suivront pour des meetings de grands rassemblements. Personne ne sera oublié.

Le président Macky Sall n’avait jamais fermé la porte à ses anciens collaborateurs et compagnons politiques. Amadou Bâ, Aly Ngouille Ndiaye, Mouhamadou Makhtar Cissé seraient sur le point d’être rappelés. Aminata Touré, directrice de campagne, reviendra-t-elle pour confirmer une troisième fois, surtout que la superstition est encore trop présente dans le subconscient sénégalais ?

Macky Sall entend mener le combat pour sa réélection jusqu’au bout et il se prépare en conséquence. L’armada qu’il va mettre en place dépendra de sa seule inspiration. Il maîtrise si parfaitement son sujet que son flair de politique lui rassure qu’il est tombé sur le bon filon avec les sinistres événements nés du feuilleton judiciaire Adji Sarr-Ousmane Sonko ; dialectiquement, une mauvaise situation peut se transformer en une bonne, s’il parvient à restaurer la confiance et entamer des actions consolidantes pour la jeunesse.

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