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Phosphates de Ndendori, les promesses non-tenues du DG Ibrahima Sarr de la SOMIVA irritent la population De notre correspondant en région, Habib KÂ

Ndendori les Phosphates.

Le très liquide et très rusé Ibrahima Sarr, Directeur général de la Société minière de la vallée (Somiva) lui avait tenu ce discours flatteur de promesses, et, certaines, devant le président de la République Macky Sall, en visite sur le site : construction d’un hôpital de référence où les malades accourront de partout et même des pays limitrophes, pour venir se faire soigner.

“La Somiva s’est engagée à investir chaque année 655 millions francs pendant 25 ans sur des infrastructures sociales. L’entreprise a affiché les plans de construction d’une école primaire et d’une case des Tout-petits”.

De tout ceci, les Ndendorois n’ont vu que du vent, de la poussière de phosphate qui s’exhale des entrailles de cette terre généreuse, des milliers de tonnes du minerai précieux, prenant le large, par jour, direction le centre du pays.

De l’exploitation du minerai de phosphate, la région de Matam ne tire aucun profit pour ses populations, selon les jeunes manifestants. Depuis 2009 que la société de Cheikh Amar s’y active, pas de taxe, ni d’mpôt. C’est ce même constat sombre que faisait Yéro Lidel, réélu devant ses concitoyens, avant de continuer, plein d’emphase, que désormais rien ne sera plus comme avant dans l’exploitation des richesses de Ndendori, que la Somiva sera tenue de faire montre de plus de transparence dans le traitement de la carrière.

Bassirou Doro Ly à l’état civil est devenu depuis plus circonspect. Certainement qu’entre-temps, le phosphate bio aurait coulé à flots sous le pont de l’Hôtel de Ville au point de le submerger.

Toujours est-il que les populations ne cessaient de crier leur ras-le-bol. Ceux des natifs de la commune et des villes environnantes qui rêvaient de gagner dignement leur vie se voyaient offrir des boulots qui les prolétarisent, les déshumanisent et les tuent à petits feux. Ici, on y travaille sans masque, sans gants, sans chaussures, et en temporaires.

Et quand vraiment le vase fut de trop rempli, en l’abscence des maires, des régulateurs sociaux, des politiciens tous bords confondus, les petits du département de Kanel y sont allés sonner le tocsin ; confirmant que devant l’affront , l’humiliation, le refus n’a pas d’âge, pas de rang.

En effet, ce mercredi 30 septembre 2020, il y eut un accrochage entre les forces de l’ordre et de jeunes manifestants des communes de Ndendory Orkadiéré et Hamady Ounaré, des jeunes, las d’attendre les retombées de l’usine de la Somiva, sont sortis pour se faire entendre ; ils ont été copieusement bastonnés. Plusieurs d’entre eux ont été cueillis chez eux, selon des témoins, avant d’être libérés par la suite.

Aussi les parents sollicitent-ils l’intervention des défenseurs des Droits humains. Leurs enfants ont subi des tortures lors de leurs interpellations et continuent de faire l’objet de harcèlement.
Trois jours durant, c’est la stupeur qui gagnait le quotidien des communautés.

“Malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple !” scandent des jeunes surexcités.

Zakaria, porte parole du Mouvement “Fouta Insoumis”, très amer : “Plus de dix ans que ça dure. Les sociétés d’exploitation nous ont dépossédés des terres que nous cultivions, autrefois.
Elles rendent ainsi encore plus précaire la vie de milliers de foyers de cultivateurs, d’éleveurs de Ndendory, de Orkadiéré et de Hamady Ounaré”.
Et de continuer encore. “Nous avons constaté l’apparition de nouvelles maladies que la communauté ignorait, telles que les maladies pulmonaires.
Fort de cela, le mouvement “Fouta Insoumis” a organisé le 30 septembre 2020 une marche qui fut réprimée par les forces de la gendarmerie. Nous comptons faire un remake si nos doléances restaient non satisfaites”.
Le Coordonateur Djiby Diaby, lui, s’interroge : “Comment l’État peut-il cautionner des sociétés privées venir s’installer sans indemniser, ni dédommager, sans apporter des garanties pour la préservation de l’environnement et de la cohésion sociétale ?”. Aussi M. Diaby d’ajouter : “L’insertion des jeunes reste très problématique.

Le mouvement “Fouta insoumis” est passé donc à l’acte ce mercredi 30 septembre 2020 avec une plateforme revendicative : dénoncer la destruction de l’ environnement, l’accaparement des terres, et le cas de l’emploi des jeunes.

 

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