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Passé-présent – Idrissa Dione: Le crochet d’Eddy

Les traductions en anglais, espagnol et allemand donnent la dimension internationale du champion.Si ausenegal.com sauve l’honneur en français, c’est juste pour donner l’essentiel sur Idrissa Dione.

Trente-trois ans après le sacre de Battling Siki, Idrissa Dione alias Eddy est le second Sénégalais champion d’Europe. Il avait la bonne garde, pour les puristes du noble art.

Né le 21 juillet 1929 à Libreville, il est l’un des plus grands boxeurs du continent et une légende vivante du noble art qui avait la boxe dans l’âme.

Trente-trois ans après le sacre de Battling Siki sur la fin tragique duquel nous reviendrons, Idrissa Dione alias Eddy est le second Sénégalais champion d’Europe.

Né le 21 juillet 1929 à Libreville, il est l’un des plus grands boxeurs du continent et une légende vivante du noble art.

À l’âge de deux ans, ses parents l’envoient au Sénégal où il remporte le titre de champion du Sénégal en 1946, à seulement 17 ans. Deux ans plus tard, il remportait le titre de champion de Guinée avant de rejoindre la France pour le service militaire. Il poursuivit assidûment sa passion et sera sacré champion de France avant de rejoindre l’équipe nationale amateur : il disputa 108 combats avec 90 % de réussite. Une bonne moyenne pour passer professionnel sous l’égide du légendaire Assane Diouf.

Victoire après victoire, Eddy accédait au plus haut niveau en battant des renommées de la boxe française. Le 23 novembre 1953, il battait Robert Guivarch dans la salle Wagram à Paris et s’adjuge le titre de champion de France des mi-moyens. Il entamait à la suite une carrière internationale qui l’a mené au Moyen et Extrême-Orient, en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux Philippines et en Malaisie, avec une rançon de victoires à la clef.

De retour en France, il défie le champion d’Europe anglais sur ses terres. Dans des conditions extrêmement difficiles, il arrache le titre européen à Wally Thom au stadium de Liverpool le 23 juin 1955 : « Àl issue du quinzième round dans une partie âprement disputée », se souvient-il, avant de constater : « La boxe a été humanisée » pour ne pas dire modernisée.

Pour diverses raisons, il ne s’entendit pas avec les managers américains pour organiser le titre mondial avec Basilio.

Le champion d’Europe reprit la route de l’Australie où il remportait d autres victoires dont le triomphe sur le champion local Alfie Sanss. En 1958, un malheureux coup de pouce à l’oeil de l’Allemand Aloïs Drande déclencha une cataracte traumatique qui l’éloigna définitivement des rings.

Avec 73 combats pro et seulement 9 défaites, Idrissa Dione retournait au Sénégal pour gérer le poste de directeur national, à la demande de l’Etat, occupé jusqu’en 1963 par Assane Diouf, décédé.

Instructeur et expert à l’AIBA, il a entraîné l’équipe d’Afrique lors des championnats du monde. Le père du Sédar de l’année 2005, Aïssa Dione, tient son gymnase au stade Iba Mar Diop. À 80 ans, il peine à renoncer à ce sport pour lequel il nourrit beaucoup de passion et espère qu’un jour, son titre de champion d’Europe sera arraché par un de ses élèves.

Deux balles dans le dos

Le 15 décembre 1925, Louis Phal « Battling Siki », qui était sorti en disant à sa femme qu’il allait « faire un tour avec des amis », est retrouvé mort, au pied d’un immeuble de la 41è rue, dans le quartier de « Hell’s Kitchen », près de chez lui. Il a été abattu de deux balles dans le dos, tirées de près. Il n’avait que 28 ans. Il avait connu la gloire malgré l’hostilité. . Le nom de Siki serait la déformation du terme Siggil ! qu’il lançait aux boxeurs qu’il entraînait et qui veut dire en wolof (sa langue maternelle), « Relève la tête ! ».

D’autres champions de la boxe sénégalaise vont s’illustrer par leurs performances. S’ils ont bâti leur réputation dans les rings mondiaux, leurs noms continuent de résonner dans le panthéon du sport sénégalais.

Dans le lot, on peut noter le titre de champion de France de Michel Diouf, en 1958.

Il faut ajouter aux premières années des indépendances que d’autres grands boxeurs vont émerger. Comme ce titre de champion d’Europe glané par Mamadou Diallo ou encore les performances d’Assane Diouf qui fut à la fois champion de France des poids moyens et en même temps entraîneur de l’équipe du Sénégal de boxe qui a pris part aux Jeux de l’Amitié en 1963.

Dans les années 2008, d’autres boxeurs sénégalais marqueront leurs noms dans le noble art. On peut citer le Franco-sénégalais Souleymane Mbaye, champion du monde poids super-légers WBA (2006-2007) et champion d’Europe (2002, 2009). Ce dernier a également inauguré, en février 2018 à Dakar, une salle de boxe dénommée Keur of Champions unique pour former une élite de boxeurs africains.

En 1997, Jean Paul Mendy, avait relevé le niveau à Budapest (Hongrie) avec cette médaille de bronze poids moyen aux Championnats du monde de boxe amateur. La même année, Mohamed Ali Ndiaye marquera également son empreinte avec un titre de champion du Sénégal (1997, 1998, 1999), champion d’Italie en 2008, champion de l’Union européenne en 2012 et de l’Europe en 2013.

C’est également le cas pour Mamadou Thiam, boxeur franco-sénégalais avec ses titres de champion d’Europe poids super-welters (1998- 1999, 2001). En Afrique, la dernière grosse performance sera signée par Assane Faye qui a été sacré champion d’Afrique en 2006 au Gabon.

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Sources :

-senegalplus.com

-http://www.au-senegal.com

-Wikipedia

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