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Parti Socialiste-Serigne Mbaye Thiam fait des vagues: Shaking the tree, feat Vilane P. MBODJE

L’intérim est long, depuis 2019, et il faut remplir le vide, surtout avec les courtes échéances entre 2022 et 2024 pour des Verts…peints en marron.

Les contradictions avec le long intérim au sein du Parti socialiste ont connu une nouvelle secousse avec la crise née dans la bataille de Ndoucoumane. La subite montée d’adrénaline de celui qui se posait jusque-là comme le légitimiste de l’ancrage du Ps à la coalition majoritaire annonce la seconde vague de contestation verte après la première révolution d’octobre de Serigne Mbaye Thiam : au secrétaire national aux Elections du Ps qui se disait en octobre 2020 choisi par « de nombreux responsables (qui) le sollicitent pour diriger le Ps à partir du prochain Congrès », réplique aujourd’hui Abdoulaye Vilane, en mai 2021, sept mois plus tard, « autour des actes politiques et politiciens qui sont posés et qui ne s’accommodent pas à la loyauté dans un compagnonnage ». C’est une attaque en règle contre le leader de la coalition Macky Sall. Contextualisées, les réactions d’octobre et de mai renvoient à un souci de vie devant un remaniement jugé imminent mais, plus, devant un agenda désormais connu d’un pouvoir qui veut bouter ses alliés dehors pour avoir les coudées plus franches.

Ragaillardi en effet par une majorité qui le fuyait et qu’il a pu obtenir lors des Législatives du 30 juillet 2017 et en perspective des prochaines joutes, le pouvoir estime pouvoir voler désormais de ses propres ailes et se passer du soutien des alliés : les lambris de palais ont en effet déjà émoussé l’ardeur oppositionnelle et doubler les alliés dans leurs propres postes et fiefs pourrait se faire sans dommage. Surtout qu’ils ne sauraient se prévaloir de cette trahison auprès des populations souvent solidaires de l’opprimé ; dehors, les alliés d’hier ne sauraient se retourner contre un pouvoir qui les a nourris pendant dix ans au moins et se présenter comme victimes devant un électorat sensible à cet argumentaire.

Les batailles engagées un peu partout par absorption (Dagana, avec Omar Sarr, Thiès, avec Idrissa Seck, le maire de Pikine Nord, etc.) ou par candidatures de diversion ne doivent cependant pas empêcher de titiller les autres pour les pousser à la sortie.

L’alerte du Ndoucoumane lancée avec Sow est ainsi le second acte visible de la tentative de déstabilisation du Ps après le baroud raté de Serigne Mbaye Thiam…qui ne renonce pas à écourter la transition Aminata Mbengue Ndiaye à la tête du Ps.

Les accusations de Vilane

La réaction, le 11 mai dernier, du collectif des cadres socialistes de Kaffrine en faveur de Abdoulaye Vilane, le maire local, est une réponse aux querelles de positionnement entre Abdoulaye Sow qui ne se soucie « ni des bilans et réalisations du président », mais plutôt poserait « des actes politiques et politiciens qui sont posés et qui ne s’accommodent pas à la loyauté dans un compagnonnage ». On croit entendre Abdoulaye Vilane lui-même dans la structuration mentale et symbolique et le choix des mots.

À l’analyse, l’un voulait pousser à la roue, pour mieux s’embourber dans le Benno et sauver sa peau en laissant entrevoir qu’il pourrait bientôt être leader du Parti socialiste ; l’autre au contraire veut maintenant pousser à la sortie, après le remaniement ministériel qui a confirmé Serigne Mbaye Thiam mais secoué le maire de Kaffrine avec l’arrivée de Abdoulaye Sow dans l’attelage gouvernemental : la concurrence arrive de l’intérieur de la coalition même, en plus des difficultés de cohabitation internes aux formations.

À la guéguerre au sein de Benno en fin de mission avec la Présidentielle de 2024 s’ajoute la bataille fratricide au sein des composantes de la coalition prises individuellement. Serigne Mbaye Thiam n’a pas renoncé à son baroud d’octobre, avec la tentative de déstabilisations du Ps qui pourrait reprendre sous peu, favorisé par Vilane atteint par le virus du composite avec la bataille du Ndoucoumane lancée par Macky Sall.

SMT, la seconde vague

Le subtil sondage de ses lieutenants sur le devenir plausible de Serigne Mbaye Thiam laisse croire à une nouvelle déferlante qui se prépare au sein du Parti socialiste : la cohabitation est déjà un motif de recul du Ps ; l’intérim aussi qui ne permet rien de sûr et de durable.

Vingt et un ans est l’âge de la maturité mure dans l’esprit des populations, reprenant ce que le colon a laissé ; c’est aussi le temps du Ps dans l’opposition. Le serment de Paris de juillet 2012 de laisser l’allié gérer seul et de chercher le pouvoir et non du pouvoir se nourrit des contradictions internes que symbolisent les remous ayant conduit au départ de grandes consciences socialistes dont principalement Khalifa Ababacar Sall et Aïssata Tall Sall. Serigne Mbaye Thiam se donne bonne conscience en arguant d’une transition générationnelle qui voudrait dire trôner sur une formation sans consciences collectives contradictoires profondément enracinées sur les valeurzs défendues depuis le Bloc démocratique sénégalais

Les timides secousses de Serigne Mbaye Thiam et la gêne occasionnée par la rébellion de Vilane pourraient aider à crever l’abcès cohabitationniste qui s’essouffle après trente ans : le mythe de la mutualisation des efforts des sociétés démocratiques et qui a valu des cohabitations et des coalitions a commencé à s’effondrer avec la majorité acquise en 2017 par l’Alliance pour la République désormais majoritaire à l’Assemblée nationale. La société évolue plus vite que les hommes politiques, c’est connu.

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