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Nomination de Idy au CESE: Barth et Sonko, ces trublions du pouvoir qui ne laissent pas le couple Macky-Idy vivre heureux Par Fanny ARDANT

La tortuosité  du président du parti “Rewmi” qui « s’oppose le jour et négocie la nuit » est confirmée avec la nomination de son leader à la tête du Conseil économique social et environnemental (Cese), par le chef de l’État Macky Sall lors la composition de son nouveau gouvernement, le 1er novembre dernier. Au fond, certains leaders politiques qui n’ont jamais compris le silence “dealer” de Idrissa Seck face aux dérives du pouvoir ont vu venir cette situation. Et parmi eux : le maire de Sacré-Cœur Mermoz, Barthélémy Diaz, s’en est bien illustré quand il avertissait sur le deal entre Macky et Idy. À cela s’ajoute l’opposant Ousmane Sonko dont les relations avec Idy ne sont plus comme ce qu’elles étaient durant la présidentielle de 2019.

Ses convictions politiques et difficultés financières n’ont pas résisté au poste de président du Conseil économique, social et environnemental. Idrissa Seck, lui qui qualifiait lors de la campagne présidentielle de 2019 cette institution budgétivore et totalement inutile, créée par Macky Sall dans le cadre d’une stratégie de combine, de clientélisme, de prédation des ressources publiques et de cooptation d’opposants et d’adversaires politiques, le ci-devant Idrissa Seck en est maintenant le président.

Ironie du sort ou un nouveau stratège politique ? De toute façon, il faudra qu’il fasse avec la foudre de ces “durs à cuire” de l’opposition comme Barthlémy Dias ou Ousmane Sonko qui s’abattent sur sa personne.

Certainement, il a vu venir cette alliance entre Idy et Macky. En effet, bien avant cette nomination, les relations entre Idrissa Seck et les khalifistes, étaient au point mort et le divorce semblerait être même consommé entre les deux.  Invité, le 4 septembre dernier à l’émission Pencoo de Walf Fm, Barthélémy Dias, un des lieutenants de Khalifa Sall, a tiré à boulets rouges sur le patron de Rewmi sans le nommer à propos du statut du chef de l’opposition. «Je suis prêt à engager le combat contre le demi-troisième mandat. J’ai fait le choix de servir mon pays. Sur les 16 millions que compte le Sénégal, j’ai choisi de servir mon pays avec les Ousmane Sonko, Babacar Diop, Guy Marius Sagna, Malick Guèye du Grand parti, Thierno Bocoum, Y’en a marre… Ce n’est pas parce que les grands font du deal que nous allons l’accepter», dénonce le maire de Mermoz Sacré-cœur qui pense que «des gens veulent s’accaparer du pays». «Nous n’allons pas accepter. Ils se connaissent. C’est temps-ci on épilogue beaucoup sur le statut de l’opposition. Comment comprendre qu’on débloque chaque année 2 milliards à remettre à son farouche opposant ? Il n’y a pas de démenti de la présidence, de la cellule de communication du dialogue national… », avertissait  Barthélémy Dias.

Et de son coté, Ousmane Sonko, qui ne partage plus de conviction politique avec celui avec qui il cheminait dans l’opposition lors de la dernière présidentielle depuis l’épisode sur le choix du statut de l’opposition, en a rajouté une couche sur cette séparation. Ce, à travers la coalition «Jotna» dont il est le président. Pour Sonko et ses camarades, Idrissa Seck « porte atteinte à l’image de la classe politique dans ses valeurs et principes »

« Les populations veulent une gouvernance transparente porteuse d’une croissance inclusive créatrice de richesses et d’emplois décents ;  malheureusement, le nouvel attelage gouvernemental s’inscrit dans la routine clientéliste du régime », ont-ils déploré.

En révélant avoir tenu régulièrement des rencontres secrètes avec le président Macky Sall depuis l’élection présidentielle alors qu’il dirigeait l’un des principaux groupes de l’opposition, Idy « porte sérieusement atteinte à l’image de la classe politique dans ses valeurs et principes ». Ce qui fait dire à la coalition de Sonko que la composition de ce gouvernement « rend désormais plus lisible les camps qui se font face et révèle les adeptes du double langage et du situationnisme.»

Les couleurs de la rébellion déjà annoncées

Bath et Sonko, tous les deux rétifs dans leur manière d’opposition, leur alliance pourrait rendre amère la digestion de la transhumance de Idy  d’une capitulation en rase campagne qu’un strapontin.

Du jeu de dupe entre deux collaborateurs qui se connaissent, le plus rusé en sortira

Les deux hommes politiques se connaissent bien. Macky Sall a remplacé Idrissa Seck à la Primature en 2004. Il avait violemment rompu avec Wade et avait été emprisonné dans l’affaire des chantiers de Thiès. Il finira par être blanchi juste après un non-lieu. Il avait accusé son successeur d’avoir joué un rôle dans sa disgrâce.

Les deux hommes se sont retrouvés au second tour de la présidentielle de 2012. Idrissa Seck avait appelé à voter pour Macky Sall contre leur mentor Abdoulaye Wade.

Mais cette alliance stratégique contre Wade a tourné court en 2013 un an après l’élection du président sénégalais. Idrissa Seck rompt avec la coalition au pouvoir Bennon Bokk Yakar et s’oppose à Macky Sall pendant 7 ans.

Mais depuis l’officialisation du nouveau gouvernement de Macky II,  leurs relations sont désormais au beau fixe et Idrissa Seck est maintenant le président du CESE, troisième institution de la République du Sénégal. Idy serait-il le dauphin caché de Macky Sall ? Sa nomination pour le débat du troisième  mandat ou le deal de réduire l’opposition à sa plus simple expression ? Du jeu de dupe, le plus rusé en sortira en attendant l’arbitrage du peuple….

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