Nécrologie : Hommage à El Hadj Alioune Sow
Hommage à El Hadj Alioune Sow
Les funérailles d’El Hadj Alioune Sow ce samedi 10 janvier 2026 furent à la mesure de l’homme qu’il fut : un homme juste, pieux, honnête, sociable et généreux, en un mot, un véritable et exemplaire musulman. Décédé le vendredi 09 janvier 2026 à la Cardiologie de Nouakchott, il a été inhumé le samedi 10 janvier 2026 au cimetière de Keur Mour, son village natal. De son vivant, le défunt avait préparé sa dernière demeure : une tombe soigneusement aménagée et clôturée par un petit mur carrelé. El Hadj Alioune Sow avait pensé à ce jour. Qu’Allah, dans Son infinie miséricorde, ait pitié de son âme et que la terre lui soit légère.

Durant sa vie ici-bas, il a inlassablement œuvré pour la paix, l’unité, la concorde, la justice, le travail, l’honneur et l’honnêteté.
Les funérailles organisées à Keur Mour ont témoigné, à tous les niveaux, de la dimension exceptionnelle de l’homme qu’il était. Des populations venues de partout se sont massivement déplacées pour lui rendre un dernier hommage, amplement mérité.
Ses parents de Keur Mour, représentés notamment par l’imam Magaye Gaye, ont livré un témoignage émouvant et digne, rappelant les innombrables œuvres de bienfaisance d’El Hadj Alioune Sow : le renouvellement annuel des tapis de la mosquée, la prise en charge de son abonnement à l’électricité, la peinture de l’édifice, l’installation d’une grande porte en fer pour empêcher la divagation des animaux, ainsi que de multiples contributions financières destinées aux charges de la mosquée, entre autres.
Le chef du village, Mahmoud Diop dit Makha, ancien hakem à la retraite, honoré par sa présence, ainsi que les chefs des villages de Gani et de Mbilor, étaient en première ligne. Peuls, Maures, Soninkés, tous sans distinction, se sont réunis pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure, illustrant parfaitement l’unité et la cohésion qu’il a toujours prônées.
Les témoignages de ses frères d’armes ont profondément ému l’assistance, faisant couler de nombreuses larmes. Son parcours exemplaire au sein de la Gendarmerie nationale a été unanimement salué. Ses collègues ont rappelé qu’il fut un homme juste, courageux et intègre, un homme de devoir, profondément honnête et très pieux.
Le lieutenant à la retraite Amadou Moctar Gaye a livré un exposé remarquable retraçant leur jeunesse commune à Keur Mour, de l’école primaire au lycée de Rosso. Il a souligné qu’El Hadj Alioune Sow fut toujours un modèle, avant d’évoquer sa carrière exceptionnelle au sein de la Gendarmerie nationale, couronnée par son accession méritée au grade de lieutenant.
Le grand chef du Walo, le Diawding, ancien officier de la Gendarmerie nationale, Monsieur Alioune Diaw, a évoqué avec émotion leur période de formation en tant que stagiaires-gendarmes en 1973, alors que lui-même était en stage de commandement, avant de rappeler leur engagement commun au Sahara, notamment à Inal, le 09 décembre 1979. Il n’a cessé de confirmer toutes les qualités humaines unanimement reconnues d’El Hadj Alioune Sow : un homme brave, épris de paix, honnête et profondément pieux.
Les messages de condoléances ont afflué de toutes parts : du haut commandement de la Gendarmerie nationale, de hauts cadres des différentes communautés, de notabilités, mais aussi d’hommes, de femmes, de jeunes et de populations modestes.
Beaucoup reconnaissent aujourd’hui qu’ils ne mesuraient pas pleinement, de son vivant, la grandeur de cet homme de Dieu, El Hadj Alioune Sow.
Parmi les personnalités ayant adressé leurs condoléances figurent notamment :
– Son Excellence Monsieur Ba Madine, ancien ministre et ancien député,
– Son Excellence Nguissaly Fall, personnalité nationale,
– Monsieur Samba Thiam, ambassadeur itinérant chargé des questions économiques,
– Sokhena Yacine Mbodj, présidente de l’Association des femmes du Walo Djiguéne Diôk Soukhelikou,
– Madame Guèye, née Rokhoya Dièye, sage-femme d’État,
– ainsi que son ami et frère, le Professeur Iba Fall, illustre fils de Keur Mour résidant à Dakar, et le Professeur de médecine et colonel à la retraite Fassa Yirim. La liste est loin d’être exhaustive.
L’Association Keur Mour Rénovation et Développement, par la voix de son secrétaire général, Iba Alioune Diack, ancien chef du service des archives au ministère de l’Intérieur, a rendu un vibrant hommage à El Hadj Alioune Sow, dit Pa Sow, pour les nombreux services rendus à son village : ponctualité dans les cotisations, participation remarquable, assiduité, respect, véracité et générosité. Alioune Sow était un Keur-Mourois modèle.
La diaspora a également rendu un hommage appuyé à El Hadj Alioune Sow, notamment à Colombus aux États-Unis d’Amérique, où il a vécu plus de dix années. Les mosquées et les événements religieux y garderont vivante sa mémoire.
Son passage à Colombus fut marqué par l’ouverture d’une Dara (école coranique), d’une mosquée, l’organisation régulière de Gamou (nuits dédiées au Prophète Mohamed, PSL), ainsi que des Hadratoul Joumouha du vendredi pour la Tariqa Tidjaniya.
Il avait également contribué à la mise en place d’une association de ressortissants et d’une caisse de solidarité. Par prévoyance religieuse, il avait même anticipé le rapatriement de sa dépouille à Keur Mour en cas de décès aux États-Unis, ayant déjà versé sa contribution et payé le billet d’avion de l’accompagnant. Quelle foi islamique, quelle élévation sociale et spirituelle ! Il était, sans conteste, un homme accompli.
Je ne saurais conclure cet hommage sans rappeler que derrière chaque grand homme se tient aussi une grande femme. Si El Hadj Alioune Sow a accompli un tel parcours, c’est aussi grâce à son épouse exemplaire, Tata Ndeye Niang. Femme pieuse, brave, intègre, juste et modèle, elle a consacré toute sa vie au service de son époux, toujours présente et solidaire, fidèle à sama gorgui, comme j’aimais l’appeler affectueusement.
Merci, Tata. Longue vie à vous, en bonne santé, et encore de nombreuses années parmi nous. Niang, vous avez amplement mérité votre titre de Linguère.
El Hadj Alioune Sow restera à jamais gravé dans notre mémoire collective. Des centaines de personnes l’ont accompagné, Mâ shâ’ Allah, enveloppé de son linceul blanc et vêtu de son Ihram, habit du pèlerinage à La Mecque qu’il avait précieusement conservé pour ce jour.
En cette douloureuse circonstance, je présente mes très sincères condoléances à toute sa famille de Keur Mour, de Gani, de Mbilor, du Walo, ainsi qu’à la Mauritanie tout entière.
Une cérémonie de lecture du Saint Coran a eu lieu ce matin à Keur Mour, et une autre est prévue le vendredi 16 janvier 2026 à Nouakchott, à son domicile de la Cité Plage.
< Inna lillahi wa inna ilayhi rajiouna. Rahma wal ghoufrane wa jennatou al firdewz >
Signé :
Habib Saliou SALL
