Nazim Hikmet : A l’ombre d’un platane
Nazim Hikmet
L’enfermement, l’autre exil
Le voyageur immobile Nazim Hikmet le poète aîné a vécu le plus violent des exils au cimetière moscovite de Novodevitchi, loin des platanes de l’Anatolie
« Enterrez-moi en Anatolie, dans un cimetière de village
Et si possible, un platane au-dessus de moi suffit. »…
_______________Nazim Hikmet
Source : Wikipédia
Ces mots ont été écrits par le poète Nazim Hikmet.
Un poète engagé et, selon ce que je lis, un poète qui a vécu un «enfermement » ininterrompu de plus d’une dizaine d’années…
Cet « exil-là » est sans doute le plus violent des exils…
Le vœu exprimé par le poète n’a pas été réalisé car, après sa mort, le 3 juin 1963, il a été enterré à Moscou dans un cimetière célèbre de la ville, le cimetière de Novodevitchi.
Le poète Nazim Hikmet, selon ce que je lis, a été un grand voyageur y compris un « voyageur terrestre »…
Il a été aussi et surtout un « voyageur immobile »…
Il a vécu plusieurs « exils »…
Combien de langues parlait-il ? Ses biographes le savent et nous le saurons bientôt.
Le poète Nazim Hikmet a été le « poète aîné » (nous créons le terme à dessein) du « grand poète noir », Aimé Césaire.
Le poète David Léon Mandessi Diop a marché sur les « traces poétiques » de ses « aînés en poésie »…
Il a subi l’influence de l’un et de l’autre… Ces influences seront établies par qui de droit.
Le poète Nazim Hikmet a été membre du Parti communiste Turc.
Le poète Aimé Césaire a été membre du Parti communiste français. Il a démissionné avec fracas du Parti communiste français et il a adressé sa fameuse « lettre à Maurice Thorez » le 23 octobre 1956.
Le « poète épigone » David Léon Mandessi Diop a été un poète engagé qui s’est battu en faveur de la libération du continent africain et des peuples colonisés…
Il a été membre du Parti Africain de l’Indépendance (PAI).
Le poète Nazim Hikmet a été l’ainé de plus de dix ans du poète Aimé Césaire (1902/1913).
Le poète Aimé Césaire a été l’ainé de plus de dix ans du poète David Léon Mandessi Diop (1913/1927).
Le « troisième poète » , David Léon Mandessi Diop, a écrit un de ses derniers poèmes en s’adressant « directement » au poète Aimé Césaire :
Citation :
A Aimé Césaire
Nègre clochard,
Toi qui marchais comme un vieux rêve brisé
Un rêve foudroyé sous les lames du mistral
Par quels chemins de sel
Par quels détours de boue, de souffrance acceptée
Par quelles caravelles plantant d’îles en îles
les drapeaux de sang nègre arrachés de Guinée
As-tu conduit ta défroque d’épines
Jusqu’au cimetière étrange où tu lisais le ciel….
……………….
Fin de citation
Le poète David Léon Mandessi Diop a disparu le 29 août 1960, dans un accident d’avion, au large des côtes sénégalaises.. L’océan est devenu sa « dernière demeure »…
Une stèle sur laquelle ont été gravés les noms et prénoms de tous les passagers du vol qui s’est abîmé en mer le 29 août 1960,a été érigée au cimetière de Bel-Air, à Dakar.
Chrétiens et musulmans figurent sur la Stèle du « dernier voyage »…
Trois poètes, « trois temps du siècle »…
Le dernier recueil de poèmes du « grand poète noir » Aimé Césaire est intitulé : « Moi laminaire »…
L’océan n’est pas loin…
La « Porte Océane » est la porte des « trois poètes » du « voyage vers l’autre… »
Vovo Bombyx
