GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

Mutilations génitales féminines: Violence à l’encontre des femmes Par Khadidiatou GUEYE Fall

D’après l’article 7 de la Constitution du Sénégal, « Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personnalité, à l’intégrité corporelle, notamment à la protection contre toutes mutilations physiques ».

Cet article protège les filles victimes des mutilations génitales comme l’excision. Cette pratique est la source de plusieurs problèmes des femmes. Ces dernières, quelques années après leur mutilation, constatent les conséquences néfastes de ces pratiques.

La femme dans sa physionomie est très complexe. Elle porte sur ses épaules beaucoup de pressions sociétales. Dans certaines cultures, la femme est dévalorisée, affaiblie, avec l’unique  mission de procréer. En Afrique, ces  cultures obligent la femme à certaines pratiques comme les mutilations génitales. Il s’agit de changer par ablation ou accolement la partie génitale de la femme.

Les mutilations génitales consistent à faire des interventions qui visent à modifier ou à endommager les parties génitales de la femme ou de la jeune fille. Il s’agit le plus souvent d’une ablation totale ou partielle des organes génitaux externes.

Pour beaucoup, les mutilations génitales féminines constituent une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes.

Fatoumata Korka est une jeune femme mariée tout récemment. Elle est victime de l’excision et n’a aucune idée sur le processus de son excision car elle l’a subie,  d’après sa maman,  trois mois après sa naissance. Selon elle, cette ligature partielle de sa partie génitale n’a aucun impact sur sa vie de couple et sa vie sexuelle. « Personnellement, je n’y vois pas d’inconvénient car je me sens bien : sincèrement, je n’ai aucun problème avec ça », laisse entendre Fatoumata.

Elle confie qu’elle est mariée et est à l’aise dans sa vie de couple. Néanmoins, Fatoumata Korka demande l’arrêt de cette pratique. Car, selon elle, les exciseuses ne sont pas  dans les conditions d’une bonne prise en charge de l’excisée.

Cette femme dans la soixantaine, sous couvert d’anonymat, a été excisée depuis son enfance. Elle nous révèle que ces filles étaient à deux doigts d’être excisées. Elle avait pris l’initiative de les amener. D’après cette maman de 5 filles, elle voulait protéger ses enfants car l’excision a pour but de protéger les filles contre les hommes vicieux qui cherchent des aventures avec n’importe quelle fille. Mais après réflexion, elle a analysé les conséquences néfastes que l’excision peut entraîner comme son cas qu’elle dissimule jalousement. L’exemple de cette femme montre que la pratique de ce phénomène est sans fondement solide. Certains avancent que cette pratique revêt un caractère traditionnel, d’autres s’appuient sur des croyances religieuses qui ne sont pas du tout claires.

À cause de ces superstitions très ancrées dans les communautés, beaucoup de femmes mariées refusent de consommer leur mariage, prennent la fuite ou se suicident après leur mariage. Répondant au nom de Maïmouna Ly, cette jeune maman toucouleur, âgée de 28 ans, a vécu dans un environnement où cette pratique sous-tend l’honneur de la famille. Elle explique que si on fait une ablation d’une partie des lèvres inférieures de l’organe génital féminin, c’est pour que la fille ne puisse avoir des relations en aucun cas.

Dans cette même veine, une autre femme toucouleur âgée de la cinquantaine, retrouvée dans son salon devant la télé, perce de manière détaillée son histoire.

Elle est une rescapée de l’excision. «Je n’ai pas subi l’excision mais  ça est arrivé à mes grandes sœurs. J’en suis une rescapée. On devait être excisées, moi et mes petites sœurs. Mais heureusement on a échappé belle à cette pratique» lance-t-elle. Elle fait savoir qu’à cette époque, on l’interdisait. « On avait entre 8 et 11 ans. Nous sommes la seule génération à y avoir échappé, mais toutes nos grandes sœurs ont été excisées » poursuit-elle.

Notre interlocutrice affirme avoir connu des personnes victimes de ce genre de pratique. Elle a des sœurs victimes des mutilations génitales. C’est en discutant avec ces dernières qu’elle découvre le mythe de ces phénomènes qui, selon elle, amoindrit l’état charnel de la femme dans sa vie sexuelle.

«Quand je discute avec mes sœurs excisées, je me rends compte que ces choses ne sont pas bonnes pour leur santé.  Certaines femmes perdent leur sensibilité », soutient- elle, l’air un peu gênée.  « Elles ne sont pas épanouies dans leur vie de couple. Elles ont souvent des problèmes pour recevoir du plaisir dans leur sexualité. Je sais beaucoup de choses sur l’excision parce qu’entre femmes on n’a pas de tabou. On parle de tout », renforce-t-elle.

La dame  demande à ce que cette pratique soit complètement arrêtée au Sénégal et dans le monde. Car, d’après elle, cela a des répercussions sur leur sexualité.

« Si on se marie et qu’on n’arrive pas jouir, mieux vaut y renoncer.  Ce n’est qu’une corvée. Il faut que cette pratique soit arrêtée pour de bon. On entend beaucoup personnes dire que ce n’est pas bon. La plupart du temps, les femmes excisées ont des problèmes dans leur vie sexuelle, parfois même à l’accouchement », glisse-t-elle en tapotant  les mains sur ses jambes.

Les mutilations génitales féminines sont basées sur les traditions ethniques au Sénégal.  Elles sont représentées sous trois formes : il y a ce qu’on appelle l’ablation partielle ou totale du gland clitoridien. Ça concerne la petite partie externe et visible du clitoris et la partie sensible des organes génitaux féminins et/ou du prépuce, le capuchon clitoridien qui est un repli de peau qui entoure le clitoris. La deuxième consiste à une ablation partielle ou totale du gland clitoridien et des petites lèvres (replis internes de la vulve), avec ou sans excision des grandes lèvres (replis cutanés externes de la vulve). Et enfin la troisième, l’infibulation qui est le rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture, avec ou sans ablation du prépuce/capuchon et gland clitoridiens.

 

Pour lire la suite de l’article, consultez le gratuitement dans notre kiosque en ligne ou téléchargez le :

 

 

 

 

 

 

 

Que pensez-vous de cet article ? N’hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire».

%d blogueurs aiment cette page :