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Mois de la femme-Les femmes, leviers indélébiles du maintien des foyers: InformElles Par Khadidiatou GUÈYE Fall, Chef du Desk Société

Tout comme les hommes, les femmes ont un rôle à jouer dans la société : éducation et surveillance de la progéniture incombent à la femme, mais développement et croissance économique viennent aussi en grande partie de la femme.

Plusieurs données expliquent ce phénomène qui semble insignifiant aux yeux de certains.

Vendeuse de fleurs sur le marché à Dakar, Sénégal. (Photo by Michel HUET/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le courage des femmes sénégalaises n’est pas à démontrer : les bus et Ndiaga Ndiaye de l’aube sont envahis par les femmes. Le constat est notoire au réveil de 05 heures du matin au rond-point Case-bi. Elles abordent les longs trottoirs alpaguant les lignes de Dakar Dem Dikk ou des transports urbains. Les unes avec une mise bien propre et conforme aux milieux professionnels formels, d’autres en mise négligée tiennent un bassin soit sur la tête ou par une main. Celles-ci font la course avec les cars rapides et les Ndiaga Ndiaye. Leur accoutrement renseigne automatiquement sur leur travail de vendeuse de poisson ou de légumes. Les autres s’aperçoivent au niveau des étalages matinaux à la vente de pain et accompagnants. Chaque matin, la routine des femmes se résume en une rude journée de labeur. Pour elles, c’est un moyen d’apporter leur part pour le bon fonctionnement de la maison.

Ndèye Marème ne dit pas le contraire. Vendeuse de poisson au bord de la plage de Cambérène, cette mère de famille évolue dans le milieu de la vente de poisson et de fruits de mer. Chaque après-midi, elle se rend à la plage pour vendre du poisson. Elle affirme que ses revenus ne sont pas destinés à sa personne. « Mes bénéfices ne permettent d’épargner une somme à la banque pour les besoins imprévisibles. Le reste , je m’en sers pour seconder mon mari sur les dépenses quotidiennes. Chaque semaine, je participe à une tontine de 5.000 Fr pour préparer les grandes fêtes comme la Kôrité et le Tabaski » s’organise Ndèye Marème. Elle confie que son mari est un journalier qui gagne selon la disponibilité de la main-d’œuvre.

Appui à mon homme

Ndèye Marème n’est pas loin de Bousso Diop.

Âgée de 37 ans, cette mère de quatre petits bouts de bois de Dieu vend des légumes devant la porte de sa maison. Convaincue que les hommes n’ont plus cette capacité d’adosser tous les besoins familiaux, avec la cherté de la vie, elle se débrouille de son côté pour combler le vide. « L’argent que je gagne me permet de gérer les charges des enfants surtout pour leurs études. Nous sommes arrivés à un stade de la vie où les hommes à eux seuls ne peuvent pas assouvir tous les besoins de la famille. C’est à partir de ce moment que notre apport devient impératif pour le maintien de l’équilibre au sein de la petite famille ».

Pour prendre la défense des femmes, Bousso lance : « Les hommes doivent savoir que les femmes occupent une place importante dans la famille. Sans nous le dire, notre fibre sensible nous révèle leur limite par rapport aux charges. La plupart d’entre eux interdisent à leur femme de travailler. Alors que la situation actuelle exige l’implication de la femme sur les recettes familiales. Si une maison tient, c’est grâce à la femme. Pour résumer, le Sénégal est entre nos mains ».

Bousso réfute cette thèse affirmant que la place de la femme est la maison : « La place de la femme est partout où elle peut gagner sa vie dignement. Nous cherchons de l’argent pour le bien-être de la famille. On investit parfois pour préparer l’avenir de nos enfants ». Bousso n’est pas cette femme qui se limite à la vente des légumes. Elle investit dans le domaine de l’aviculture avec l’aide de son fils ainé : « Ce ne sont pas les personnes instruites seulement qui savent comment investir, peut-être nous travaillons dans des conditions difficiles mais cela ne nous empêche pas de nous concentrer sur notre avenir et celui de notre progéniture.

Dans le domaine de la transformation et de la commercialisation des céréales et de l’arachide, Mère Anta fait un exploit pour le développement de son pays. Elle évolue dans ce secteur depuis plusieurs années sous le nom d’un groupement d’intérêt économique. Pour écouler davantage ces produits, elle a ouvert une petite boutique où elle vend les mêmes produits pour en tirer profit.

Les femmes sont au cœur des stratégies urbaines de survie des ménages. Elles mènent leurs activités rentables dans le secteur informel puisque ledit secteur ne nécessite pas beaucoup de démarches administratives. Elles assaillent le rues, les plages, les portes des écoles, les marchés pour écouler leurs marchandises afin de subvenir aux besoins de leur famille.

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