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Mohamed Moustapha Diagne, Ministère de l’éducation nationale: «Les bons résultats aux examens de fin d’année sont la résultante de plusieurs facteurs» Propos recueillis par Charles SENGHOR

Directeur de la Formation et de la Communication au ministère de l’Éducation nationale, Mohamed Moustapha Diagne revient ici sur le dénouement de l’année scolaire perturbée par la crise sanitaire liée au Coronavirus.

Après le dénouement de l’année scolaire sanctionnée par les examens, quels sentiments vous animent ?

En décrétant la réouverture de l’école sénégalaise en période de pandémie du Coronavirus,  le président Macky Sall a pris une décision à la fois courageuse et salutaire, parfaitement mise en œuvre par le ministre de l’Éducation nationale Mamadou Talla. Le ministère a réussi la reprise des cours avec les classes d’examen et l’organisation du CFEE, de l’entrée en 6ème, du BAC ainsi que du BFEM,  malgré la présence du virus et un hivernage très pluvieux.

Notre système éducatif a ainsi démontré une capacité de résilience insoupçonnée face à une crise sanitaire qui a surpris le monde entier. Le système doit cette performance à un élan de solidarité déclenché autour de l’école impliquant neuf (9) départements ministériels, l’administration territoriale, le ministère de l’Éducation (niveau central et déconcentré) les collectivités territoriales, les OSC, les parents d’élèves et même les élèves.

Comment expliquez-vous les excellents résultats obtenus aux examens par les élèves, notamment au bac ?

Les résultats sont la résultante de plusieurs facteurs : le respect du protocole sanitaire dans les écoles et établissements scolaires qui a empêché la propagation du virus, la mise en œuvre du programme « Apprendre à la Maison » pour assurer la continuité pédagogique grâce à l’enseignement à distance via le numérique, la télévision, les radios communautaires, la production de fascicules,  etc.

Il y a aussi la réduction des effectifs (classes de 20 à 25 élèves)qui a permis aux équipes pédagogiques de dispenser les enseignements dans un cadre propice, le redécoupage des programmes par l’IGEF a permis aux enseignants d’installer les compétences exigibles et l’engagement des enseignants et la motivation des élèves.

Maintenant, il faut relativiser « excellent résultats » ; il s’agit plutôt d’un bond qualitatif par rapport aux années précédentes. En effet, les résultats sont encore en deçà  de 50%, ce qui veut dire que nous sommes encore loin des objectifs à atteindre.

Un syndicaliste acteur de l’école a déclaré que des épreuves faciles ont été données aux élèves pour se donner bonne conscience… Que répondez-vous ?

Cette déclaration résulte-t-elle des conclusions d’une étude menée ? Autrement dit, votre syndicaliste va-t-il étayer  pareilles assertions par des éléments de preuve ? Il y a donc un fossé entre donner son opinion ou sa représentation et construire un protocole scientifique pour évaluer les résultats obtenus. Cela relève d’une véritable science, d’une véritable expertise. Je n’en dis pas plus.

Comment et dans quel esprit se prépare l’ouverture prochaine des classes ?

Il faut commencer par évaluer le dispositif mis en place, tirer des leçons apprises pour préparer une reprise dans des conditions optimales. Dans cette optique  l’approche du ministère sera participative et inclusive. À l’issue de ce processus, une note d’orientation sera produite.

Lors de son passage à Keur Massar, Macky Sall a déclaré qu’on ne peut pas arrêter le ciel à propos des inondations. N’est-ce pas un aveu d’échec ?

Non, le président fait référence au dérèglement climatique qui va de plus en plus générer des quantités d’eau très importantes et inattendues. Comme on ne peut pas arrêter le ciel, il faut l’éviter en s’abstenant d’installer des populations dans des lits d’eaux, les bas-fonds ou les cuvettes.

 

 

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