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Menuiserie Métallique: Rane Ndiaye, magicien du fer Khadidiatou GUEYE Fall

Rane Ndiaye évolue dans le métier de la menuiserie métallique à Cambérène. Depuis 2000, il est en contact avec le fer auquel il donne une valeur esthétique. Rane est très réputé dans son domaine. Façonnant le fer, pour en faire des grilles, des portes…, il reste un passionné du métier depuis son enfance.

A Cambérène, sur la route qui mène au mausolée de Seydina Issa Rohou Laye, la brise de mer chatouille les narines. La mer est aperçue dans son infini, juste en face du cimetière. A 200 mètres, sur l’alignement du cimetière, une marée d’ateliers borde la route.

Juste sur l’opposé de la corniche menant vers la Vdn, un atelier de menuiserie métallique. C’est la boîte de Rane Ndiaye. Agé de 41 ans, il se retrouve dans ce domaine depuis plus de 20 ans. En tenue d’ouvrier, il laisse se disperser quelques étincelles. A l’entrée de son atelier, des portes  et des rampes d’escaliers en fer attirent l’attention. Son travail consiste à travailler le fer en lui donnant une forme voulue. D’ailleurs, nous confie le menuisier métallique, transformer le fer en une magnifique porte tout le monde sait que ce n’est pas facile.

Rane adore son travail qui renferme d’épines : « C’est un métier comme les autres avec ses difficultés et ses contraintes mais on est passionné par le fer ; rien de tout cela ne nous décourage. Il arrive qu’un client vous fasse une commande qui ne se réalise pas à temps. Des fois aussi, le matériau fait défaut. On rencontre pas mal de soucis dans le métier. Il y a une différence entre le fer et l’aluminium ».

Rane éclaircit la différence entre le travail de l’aluminium et le travail du fer : « L’aluminium ne demande pas d’être forgé et manié à notre guise. Par contre, avec le fer, on est obligé de procéder par étape. La menuiserie métallique est un métier qui  consiste à travailler le fer sous toutes ses formes ». C’est un art de donner une forme et de transformer le fer en des objets utiles à l’habitation de l’homme. Dans l’histoire de l’Islam, le prophète Daouda utilisait le fer. Il en faisait des habits. Dieu lui avait accordé le don de manier et de modeler le fer avec ses mains sans recours au feu et au marteau. Il en  créait des armures spéciales, des armures légères faites de cottes de maille. Ces armures permettaient de protéger les combattants lors des batailles ; c’est sans doute, cette raison de plus qui l’a orienté vers ce métier noble.

Rane assume son choix vers la métallurgie. Selon lui, le fer a plus de secrets. « Le fer ne se casse jamais comme le bois. C’est possible que la rouille intervienne mais le casser c’est impossible » suppose-t-il.

Rane poursuit : «  On peut le faire fondre ou le battre pour changer sa forme ». Il précise qu’il y a le fer local et le fer importé. Ces deux ont une grande différence car le fer importé est de bonne qualité contrairement au fer local. Celui-ci fait défaut du côté de la fabrication. « Mais ça se comprend aussi : les moyens du Sénégal de concevoir un fer de qualité sont insuffisants. Le fer local est parfois la reconstitution des ferrailles ramassées par les charrettes », argumente-t-il.

C’est au niveau de la Sodida que Rane trouve ses fournisseurs. Rane s’y connaît bien dans le métier. Il a fait presque 25 années dans ce domaine. « J’évolue dans le métier de menuiserie métallique depuis 25 ans. J’ai ouvert ma propre boîte en 2000. Finalement, c’est une entreprise de menuiserie métallique que j’ai mise en place » fait-il savoir. Il ajoute : « J’emploie beaucoup de jeunes qui sont passionnés par ce métier.  Et si après des années d’expérience, je vois que vous êtes assez outillé pour ouvrir votre propre boîte,  je vous donne votre attestation et votre diplôme. L’exemple est mon petit frère qui travaillait avec moi. Après plusieurs années d’expérience, je lui ai délivré un diplôme. Et maintenant ça plus de 5 ans qu’il gère son atelier avec ses ouvriers ».

Rane est satisfait de ses revenus. Néanmoins,  il implore le soutien du président : «L’Etat du Sénégal ne nous aide pas vraiment. Dans tous les secteurs, que ça soit les soudeurs, les menuisiers métalliques, il est spectateur de nos soucis. On nous délocalise quand on s’installe quelque part. Il y avait la Sodida qui regroupait tous les ouvriers évoluant dans des secteurs d’activités similaires. Et là aussi, il arrivait que des représentants de l’Etat viennent nous déguerpir ».

Rane Ndiaye demande aux autorités de leur trouver un endroit idoine pour les ouvriers sénégalais. « Un local où on aura des mécaniciens, des soudeurs, des menuisiers, des réparateurs de matériels électroniques et électroménagers… » a-t-il supplié en l’endroit des autorités.

Et de terminer par : « Et pour certains marchés concernant le pays, je demande à l’Etat de nous les octroyer, nous les fils et ouvriers du pays. C’est important et ça participerait à la promotion des entreprises locales ».

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