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Mbaye Ndiaye-Amadou Bâ: Pourquoi ? Par Habib KÂ, Bureau régional de Matam, Thilogne

Était-ce vraiment le moment et l’endroit idéal, pour Mbaye Ndiaye, ministre d’État, de tancer vertement un camarade, en pleine conférence de Ramadan des femmes des Parcelles Assainies ?

M. Mbaye Ndiaye, encore une fois, rate ici l’occasion de se ressaisir, d’être ce modérateur, ce médiateur, cet homme de consensus à même d’atténuer les rancœurs, de dissiper les frustrations des militants.

Ce contexte assez sensible, très critique, l’oblige de sonner le glas de l’unité et de la remobilisation, pas seulement autour du président de la République, mais aussi autour de tous les leaders politiques qui ont une égale importance que Macky Sall dans leurs bases politiques respectives.

Mais le directeur des Structures de l’Alliance pour la République (APR) est plus porté dans les chicanes que dans l’administration et la gestion intelligente et équitable des ressources humaines de l’APR.

Pourquoi cette sortie aussi rustre, très personnelle, contre un frère de parti et qui s’apparente à une attaque en règle ? Cherche-t-il à fouetter l’amour-propre de Amadou Bâ qui avait conduit avec succès l’équipe de campagne du président Macky Sall en 2019 dans la région de Dakar ? Mbaye Ndiaye a l’air d’un sioux, cherchant à pousser l’ancien ministre de l’Économie et des des Finances à commettre une faute irréparable qui consumerait définitivement ses relations, déjà très exécrables, avec le président Macky Sall, qui surveille comme du lait sur le feu ses anciens collaborateurs, soupçonnés de ne vouloir rester assis au quai et voir Macky Sall embarqué pour un troisième mandat. C’est, comme qui dirait, il veut pousser ce compagnon de parti qui cherche un ancrage aux Parcelles assainies à s’humilier ou à se faire exclure.

Alors qu’il faut l’unité de toutes les énergies, sans exclusive, pour la reconquête de la mairie des Parcelles assainies, réfléchir sur votre propre sort, plutôt que de cribler, au sens de tamiser.

Responsable des Structures du parti, vétéran de l’Odyssée de l’Alliance pour la République (APR), en parcours et en âge, Mbaye Ndiaye a tout pour réussir. Il a vraiment tout ce qu’il faut pour aider son “Kal” de frère et président, de rassembler autour de sa personne ses anciens fidèles compagnons plutôt que de jouer au va-t-en-guerre propre aux gens limités. Limité parce qu’il fonctionne en mode Tartuffe avec des certitudes carrées.

Pour lui, il veut pousser des personnes respectables à faire des actes publics d’allégeance au chef de l’État, à renoncer à leur être, à leur dignité. “Qui n’est pas avec Macky Sall, je le combattrai”, tel est le sens de son combat, une logique binaire, indigne de tout responsable de famille et à tout militant qui adhère à un idéal, une ligne politique.

Devant des femmes APR, Mbaye Ndiaye de justifier ses convictions : tout ce qu’ils ont ou font, ils le doivent tous à Macky Sall qui les a transformés en dix ans.

Mbaye Ndiaye devait réfléchir sur son sort, ses excès, sa communication calamiteuse, le rôle du fou du roi, qui embrouille toutes les normes conventionnelles dans un parti supposé être une Alliance comme son nom l’indique de personnes consensuelles autour d’objectifs immédiats avec différentes appréhensions des problèmes du Sénégal et des défis à relever.

Il devait s’en prendre à lui-même s’il lui est interdit de convoiter la mairie des Parcelles Assainies.

Demis de son poste de ministre d’État sans portefeuille, où il restait en conseil des ministres à se retourner les pouces, à ne rien faire, aux côtés de ceux que le président a formés pendant dix ans et qui sont chargés de gérer certains départements d’Etat du Sénégal.

Que sait faire Mbaye Ndiaye, à part creuser des cratères entre Macky Sall et son entourage immédiat ?

C’est le moment ou jamais, pour vous, Directeur des Structures du parti, de jouer aux bons offices, pour ramenet les ” brebis égarées » à la maison-mère, applanir les adversités entre les camarades de l’Alliance pour la République (APR) et lubrifier celles avec Bennoo Bokk Yaakaar(BBY).

Un grand rassembleur vous devez être plutôt que ce pourfendeur de l’unité et de la cohésion d’un parti au pouvoir, confronté aux dures réalités de gestion d’un pays pris dans la tourmente des transitions démocratiques, des instabilités régionales.

Vous devez militer pour une stabilité nationale.

Une transition politique en douceur, une gestion saine et transparente selon votre programme initial du Yoonu Yookute. Un programme que vous, Directeur des Structures, devez initier pour vos jeunes militants au lieu de les opposer à leurs aînés ou les dresser en chiens de garde.

Vous devez surtout faire preuve d’intelligence et de sagesse d’un Sérère bon teint, de la finesse et de la diplomatie

Appliquez-vous les mêmes propos désobligeants que vous envoyez à vos frères.

Sans Macky Sall, vous ne seriez pas présent à cette réunion des femmes en train de prendre la parole au milieu d’une grande majorité de femmes qui ne partagent pas vos avis.

L’occasion ne se prêtait même pas à cette Bérézina contre votre frère de parti Amadou Bâ.

Vous avez déjà choisi votre camp et vous profitez de cette tribune inappropriée pour fusiller un adversaire qui pourrait détruire les ambitions très exagérées de Abdoulaye Diouf Sarr de diriger Dakar.

Vous, enfin, vous avez perdu du terrain, les populations des Parcelles assainies avaient préféré Demba Dia Rock Mbalakh et Moussa Sy.

Vous n’êtes plus l’homme des situations et le président, malgré lui, a décidé de vous garder à côté de lui.

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