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Mbaye Guèye, le gardien du temple de l’écurie de lutte de Fass, vient de tirer sa révérence Ndiapaly GUEYE

La vedette de la lutte Mbaye Guèye est décédée le 7 août dernier à 75 ans

Tigre, il était le gardien du temple, l’Académie de Fass, creuset religieux, culturel et sportif

La gloire de l’écurie de Fass

est immortelle, comme tous

les Académiciens

L’école de lutte de Fass est académie reconnue dans la lutte pure dite simple et celle avec frappe ; elle aura produit des ténors à la dimension de Boye Naar Fall, Mame Gorgui Ndiaye, Mbaye Guèye, Mbita Ndiaye, Birahim Ndiaye, Amadou Katy Diop, Mor Fadam, Double Less, Moustapha Guèye, entre autres…

Plusieurs d’entre eux se sont illustrés durant tous leurs cursus dans la lutte gréco-romaine, simple et avec frappe avec des victoires au niveau continental et national, contribuant ainsi à inscrire l’écurie de Fass en lettres d’or sur toutes les plaquettes fièrement affichées aux portes des musées.

Les lettres de noblesse de cette écurie auront toujours été marquées par une étoile hors du commun par son courage, sa pugnacité, son endurance, sa perspicacité, sa ténacité, sa témérité, son amour, son respect et sa fidélité à l’endroit de la collectivité léboue mais aussi au grand parti politique au pouvoir, Union progressiste sénégalaise (UPS), devenu plus tard PS d’alors, qui auront toujours placé leurs espoirs en lui et le Tigre en était très conscient.

Mbaye Guèye, pour ne pas le nommer, aura atteint le seuil de la bravoure, de la résistance et de l’honneur, un certain soir de dimanche à la fin des années 1960 juste après sa démobilisation de l’Armée nationale : en effet, il aura refusé d’être déshonoré, préférant être tué par son adversaire Sa Ndiambour qui continuera à le rouer de coups, le faisant se noyer dans une mare de sang et qu’il terrassera malgré cette souffrance, à plate couture.

L’écurie Fass, et ses différents mentors, venaient de porter sur les fonts baptismaux son nouveau Tigre qui marquera ainsi à jamais son territoire.

Il en sera ainsi avec le Tigre Mbaye Guèye et l’écurie Fass qui réussira pour l’éternité de gagner la sympathie de toute une collectivité léboue par le biais de ses grands dignitaires notables et ses fils et filles de la trempe des grandes dames Adjia Ndoumbé Ndiaye, d’abord, et ensuite adjia Arame Diène, sans oublier le maire de Dakar Lamine Diack et son épouse feue adjia Diaba Gaye, l’une des premières pharmaciennes de l’Aof. Sans compter les concours d’adjia Seynabou Guèye Ndaté, Adjia Ndawa Niang, Adjia Léna Guèye Diagne.

S’identifiant comme le lutteur de la presqu’île du Cap-vert, et là, naturellement, toute l’escarcelle de la collectivité léboue basculait dans son bastion.

Et pourtant curieusement et paradoxalement, Mbaye Guèye n’était pas un lébou comme Senghor non plus. C’est là où se trouve tout le mérite de cette collectivité qui met toujours la valeur intrinsèque de l’homme au-dessus de tout clivage ethnique, confessionnel, géographique ou confrérique.

Telles étaient les raisons qui expliquaient la puissance et la notoriété de Mbaye Guèye dont son cortège, sans l’avoir voulu, bloquera celui du président Léopold Sédar Senghor qui devait rallier l’aéroport pour les besoins d’un voyage à l’étranger.

Mbaye Guèye aura été le premier millionnaire de l’arène sénégalaise suite à son combat contre Robert Diouf, en 1975 ; malheureusement, les barrières auront gâché le combat sans verdict pour certains. Par contre, pour d’autres, Mbaye Guèye était sorti vainqueur.

Toutes ces pages glorieuses seront ainsi suivies d’un déclin dont l’écurie Fass peine toujours à se relever.

Ndiapaly GUEYE,

journaliste indépendant, lanceur d’alerte.

Email : ndiapalygueye@yahoo.fr

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