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Marche vers le Palais: Abdoulaye Wilane veut diriger le Sénégal Par Charles Thialys SENGHOR, Desk politique, Le Devoir

Le maire de Kaffrine Abdoulaye Wilane ne se laisse pas marcher dessus. Le porte-parole du parti socialiste, par ailleurs député, s’en est récemment pris au président Macky Sall dont il veut suivre les pas à la présidence de la République. 

Abdoulaye Wilane est un homme politique comme pas les autres. Quand il s’estime piétiné, il ne s’embarrasse pas de fioritures. Quelle que soit la personne auteur de ce qu’il considère comme une offense. Estimant que le gouvernement, en l’occurrence le ministère de l’Urbanisme, a entamé « des travaux à même d’impacter les populations locales de la commune » sans en référer à l’administration territoriale, ici le maire, Abdoulaye Wilane s’en est pris à Macky Sall dont il soupçonne la main derrière. Le porte-parole qui a certainement en ligne les élections locales qui seront tenues dans près de dix mois flaire un appui de Macky Sall pour le néo-apériste à son détriment.

Le député-maire, s’estimant lésé, n’a pas hésité à « bombarder » son allié, Macky Sall. Pour lui, « il ne se comporte plus comme un chef de l’Etat, mais comme le chef de son parti et rien d’autre ». « Trop, c’est trop. Macky Sall ne se comporte plus comme un chef d’Etat, mais il se comporte désormais comme le chef de son parti et rien d’autre. Et, en ce qui nous concerne, il ne saurait être question d’accepter une telle chose. Parce que nous avons porté Macky Sall au pouvoir (…) Nous n’allons donc pas accepter que ces gens de l’Alliance pour la République (Apr) qui passent leur temps à se crêper le chignon nous marchent dessus. C’est regrettable de constater qu’après tout ce que nous avons fait, il ait décidé de mettre le parti avant la patrie », avait pesté le Socialiste en chef de la région de Kafrrine.

Le palais présidentiel au cœur

Et malgré le recadrage de la coalition Benno Bokk Yakkar élargie aux partis alliés de la mouvance présidentielle de Kaffrine, lors de l’assemblée générale pour évaluer les réalisations du président de la République, qui a jugé ces propos saugrenus, le porte-parole du Parti socialiste (Ps) reste droit dans ses bottes, guettant son heure pour présider aux destinées des Sénégalais, comme son champion actuel, Macky Sall.

Abdoulaye Wilane n’a jamais caché son intention de devenir président de la République : alors qu’il était aux abords de la Kaaba pour remplir un des rituels fondamentaux de ce cinquième pilier de l’Islam en 2020, il avait prié le bon Dieu de lui accorder les grâces de pour pouvoir loger au palais de l’avenue Ernest Roume. « Dieu, Toi le Tout-Puissant dont je reconnais l’Unité, je Te prie de faire de moi le futur président de la République du Sénégal, toi le Seigneur des Cieux et de la Terre, au nom du Prophète Mouhammad (Psl), le dernier des messagers… », avait-il dit.

Le député-maire ne rigole pas : il a le palais présidentiel à cœur comme il l’affirmait en 2011 déjà, quand il soutenait que d’ici 2031, « quand Tanor et Moustapha Niasse seront la retraite, … ».

Le futur président de la République déclaré, Abdoulaye Wilane, est un homme entier, qui n’a pas sa langue dans la poche.

Parlant des retrouvailles au Ps, le porte-parole des Verts à la rose, estimant que c’est dans l’ordre du possible, n’avait pas hésité à tacler Khalifa Ababacar Sall, condamné dans le cadre de la gestion de la Caisse d’avance. « Quand on a eu des antécédents, des contentieux, il faudrait bien, quand on se retrouve, qu’il soit sur la base de considérations et de valeurs qui puissent nous permettre de ne pas se souvenir du passé. J’ai toujours du mal à parler de Khalifa Sall au regard de ce qui s’est passé. Nous avons été peinés, à la limite même déchirés. Même Ousmane Tanor Dieng disait qu’il vivait cela comme une déchirure. Qu’il en était meurtri ».

Egal à lui-même, le maire de Kaffrine est monté au créneau pour remettre à sa place le représentant des jeunes qui a parlé, lors du conseil présidentiel sur l’emploi et l’insertion socio-professionnelle, au nom des jeunes de la région Kaffrine. Pour lui, « il est totalement passé à côté de la plaque » parce qu’il aurait dû faire comme ses camarades d’autres localités en faisant un diagnostic des problèmes, des opportunités, des potentialités, entre autres ». C’est cette voix qui veut présider aux destinées des Sénégalais. C’est en tout cas le rêve qu’il nourrit à travers des prières. Même à la Kaaba.

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