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Mame Coumba Diop Père et Maire: La tour de garde P. MBODJE

Veiller sur l’image du père maire est la vocation de Mame Coumba Diop : elle renvoie à Diop le maire et à Khalifa au nom des enfants.

Si elle a joué le rôle du père auprès des enfants qu’elle a eus avec Khalifa Sall, jamais Mame Coumba Diop ne s’est substituée au père, ou même auprès de son propre père qu’elle a invité au repos dès 2002 ; elle intervient au nom des enfants, donc du père, dans le dossier Khalifa Sall, au nom de l’enfant qu’elle est de Mamadou Diop. Politiquement d’ailleurs, elle a toujours fait la part du feu : son ambition s’arrête à la mairie de Dakar-Plateau, pas à la municipalité de Dakar.

La dernière fois qu’on en a entendu parler, c’était dans l’affaire Khalifa Sall ; Mame Coumba Diop avait participé à la collecte de la caution : le maire emprisonné est le père des aînés de ses enfants. Mame Coumba Diop avait donné en décembre 2017 un terrain bâti à Liberté VI Extension, estimé à 200 millions F CFA, Gaëlle Ndèye Samb, épouse du maire de Dakar, a présenté elle une maison construite sur 350 mètres carrés au Point E. d’une valeur de 322,9 millions F Cfa ; d’autres amis ont également contribué, pour libérer près de deux milliards de caution exigée au maire de Dakar.

Si elle a donné, c’est au nom de ses enfants, les aînés, ceux qu’elle a eu d’un premier mariage ave Khalifa Sall. Elle a donné au nom des enfants, au nom du père, implicitement, et non de l’ex-époux. La nuance est d’importance et mérite d’être soulignée.

Avant et après cela, l’éclipse ; la première aura duré un peu plus de dix ans ; mais Mame Coumba Diop revient toujours à ses anciennes amours et réapparaît avec les dernières Locales de 2014 par exemple : elle est candidate, sur la liste de “Taxawu Plateau” où elle figure à la deuxième place sur la liste proportionnelle, après avoir accepté de céder sa place au plus jeune candidat, tête de liste de ces élections au cœur de la capitale sénégalaise. Elle s’y était surtout distinguée par une diatribe sonore contre Ousmane Tanor Dieng. La querelle portait sur des droits d’auteur du mot « Taxaawu », objet de tant d’enjeux des formations et coalitions politiques au Sénégal : « Depuis quand Ousmane Tanor Dieng est-il membre de la coalition Taxawu Dakar (dont Khalifa Sall aurait pu seul revendiquer l’originalité) ? Je pensais qu’il était dans Benno bokk ».

Le ton est ainsi donné qui indique la fougue de la candidate qui n’a jamais voulu sortir du Plateau.

Elle-même fille du mythique maire de Dakar Mamadou Diop, Mame Coumba avait dominé les locales de 2002 par son élégance, son intelligence et sa moralité. Elle incarnait déjà la transition générationnelle, sorte de relais entre l’ancien et le nouveau : la fille invitait le géniteur au repos, à une alternance générationnelle après celle de l’An 2000. Battue, elle aura la consolation de voir que la coalition du CPC qu’elle soutenait remporter six sièges dans le conseil municipal : elle de la société civile avait pu faire élire et représenter sa sensibilité. L’enfant venait au secours du père confiné à la mairie de Yoff.

Pourquoi alors ce retour ?

Par devoir de servir dans la recherche d’une nouvelle solidarité dans un secteur premier de partage d’un bien commun : la municipalité lui paraît en effet le lieu primaire de solidarité sociale dans la gestion administrative de l’espace de vie et de mort du citoyen. Elle-même fille d’un grand maire et ancienne épouse d’un maire de talent récemment entré en dissidence avec sa formation d’origine, Mame Coumba Diop se pose moins en sentinelle qu’en vigie appelant à un devoir de respect de l’électeur et du citoyen du premier cercle de liberté administrative qu’est la municipalité. Mais relève aussi le défi filial presque atavique du Lébou, du cadet à l’aîné, du fils au père.

Ayant fait toutes ses études dans un Plateau qui l’a vue grandir et s’épanouir, elle se dit dans l’obligation morale de veiller à l’héritage de son grand-père Ousmane Diop Coumba Pathé qui habitait le quartier de Yakadieuf, en plein cœur du centre ville.

Et la tour prend garde, presque comme dans les ordres religieux. P. MBODJE, avec Koccbarmafall/skyblog, 10 mai 2014

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