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Macky Sall et le parallélisme sans les formes ni normes

Alors que le président de l’Alliance pour la République (APR) et de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY) éprouvait des difficultés pour présenter une équipe-type de sélection des meilleurs profils de candidats maires pour les élections locales et départementales du 23 janvier 2022, et ne voulant pas effaroucher les esprits de certains leaders locaux notables qui n’étaient pas près de lâcher le morceau pour ce que cela représente dans l’avenir de leur carrière politique, le président Macky Sall, un pied dedans dans la quête d’un 3ème mandat, s’est montré très prudent pour ne perdre en cours de route aucun soutien local, ; il a alors jugé plus intelligent de reconduire systématiquement tous les maires sortants et d’accepter et de soutenir toutes les listes parallèles à celle de BBY, lorsque celles-ci sont faites dans les localités où le parti et la coalition de Macky Sall sont sûrs de remporter la victoire.

Macky Sall qui abhorrait des listes parallèles s’est résigné ; ainsi, l’alliance BBY a su récupérer sa mise de jeu  pour avoir constaté l’éparpillement, le déchirement des forces de l’opposition réfugiées dans plusieurs coalitions, si ce n’est de voir de fortes personnalités percutantes de l’opposition se voir interdire de porter l’écharpe tricolore d’une commune, d’une ville. Ou d’apporter leur expertise dans les conseils municipaux et départementaux.

Ainsi, conséquence de cet émiettement, l’opposition, à travers certains de ses acteurs, sera absente, tels que Thierno Bocoum, Abdourahmane Diouf, Clédor Sène, Mamadou Lamine Diallo, pour ne citer que ceux-là, très contributeurs au débat politique national.

Opposition déchirée

Dire que les élections locales sans certains des responsables n’ont pas une portée d’enjeu politique national, c’est ignorer l’importance et l’intérêt pour un homme politique
pour une localité.

L’opposition déchirée, BBY peut sans difficulté aucune, comme en 2016, rafler toutes les communes de l’intérieur du pays et réduire sa débandade dans certaines des principales villes du Sénégal, à  Dakar, en Casamance, à Thiès et Diourbel notamment.

C’est donc sans inquiétude que le président Macky Sall a encouragé et béni certaines listes parallèles là où BBY est sûr de remporter les Locales sans coup férir, en plus d’organiser de mini-primaires dans ces localités pour évaluer le niveau d’implication et de popularité de ses responsables locaux d’acquérir et pour leur propre personne la reconsidération politique du chef de l’État à leur endroit.

À quelques exceptions près, Macky Sall est intervenu pour débarquer la mairesse sortante de Kaolack, fait pression sur Abdoulaye Wilane de céder le fauteuil de maire de Kaffrine au profit d’un jeune poulain intrépide (?) et non moins ministre de l’Urbanisme. Et à Podor, sa Lionne comme le lion du Ndoucoumane est priée de rester président de conseil départemental et de lâcher la ville de Podor au directeur de King Fahd Palace et président du Conseil d’administration de l’Ipress, Mamadou Racine Sy.

Que Marie Angélique Manga soutienne le maire sortant de Ziguinchor Abdoulayye Baldé suffit pour comprendre que Farba Ngom est en train d’enfoncer des portes ouvertes pour régler leurs comptes à certains leaders du Bosséa, notamment à Thilogne, qui n’ont jamais voulu être phagocytés tels Almamy Bocoum, Ambassadeur itinérant et Mamadou Elimane Kane, opérateur économique.

Aujourd’hui, la contestation s’est étalée dans le Bosséa dont il s’autoproclame le taureau à Agnam Goly (?) à Oréfondé, dans sa propre commune à Agnam Civol où un jeune Harouna Seck conteste son leadership à Thilogne et à Dabia, chose impensable il y’a dix ans.

Perdre ne serait-ce qu’une seule de ces communes, ce serait un bouleversement de la chaîne de commandement, un pilier de Farba Ngom qui rompt et l’annonce d’une seconde vague avec les Législatives et, au cas où Macky Sall serait candidat à l’élection présidentielle, il serait obligé de parler au nouveau maire sans s’en référer à son Farba ; Agnam ne serait plus la voie obligée pour se rendre au palais.

Pour ne pas perdre ce privilège, Farba Ngom joue à se faire méchant, à faire passer les candidats des listes parallèles comme des indisciplinés du parti, des opposants à Apr, au président Macky Sall, qu’ils seront sanctionnés après les élections locales. Un discours cousu de fil blanc qui ne tomberait pas dans l’oreille du président et qui est aussi un observateur très attentif puisque très intéressé aux résultats globaux et particuliers du pays pour ses prochains analyses et calculs.

Macky Sall ne serait pas diverti par un discours cousu de fil blanc qui ne peut faire effet, un discours tout décousu si on sait qu’à quelque 25km de Agnam, il est le bras armé de son oncle Abdoul Seck, suffisamment doté de moyens et candidat à la mairie de Nguidjilogne sous la liste en rivalité avec le maire Sada Ndiaye ; pour qui connaît Nguidjilone avec sa tradition guerrière, ses Koliyabè, la déchirure serait très profonde après ces élections qui seront très âpres, trop douloureuses pour des familles au bord de l’implosion avec les audios diffusés dans les réseaux sociaux.

Farba fait dans la diversion , la contre-propagande pour sauver sa tête, étouffer dans l’œuf la rébellion contre sa personne et sa politique et sur tout que Macky Sall découvrira, des vérités et réalités que le Farba lui a toujours cachées.

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