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« Loy xaar si seyi ? Loy xaar si takk jabar ? » S. THIAN/2

Si vous êtes jeune sénégalais(e), du haut de la vingtaine ou plus et encore célibataire, vous avez sans doute entendu au moins une fois : « Pourquoi tu n’es toujours pas marié(e) ? Qu’est-ce que tu attends ? Tous les jeunes de ton âge sont déjà mariés et avec au moins un enfant. »

Ces remarques qui paraissent si banales sont pour autant totalement indiscrètes. Beaucoup de jeunes subissent des pressions sociales lorsqu’ils sont en âge de se marier et qu’ils sont toujours célibataires. Certains le vivent moins bien que d’autres.

Pour certaines femmes, mariage et études peuvent faire bon ménage. Raison pour laquelle certaines se marient avant même la fin du lycée et d’autres au cours de leurs études supérieures. N’empêche tout se passe bien et tant mieux pour elles. Mais est-ce une raison pour en faire une généralité ? Ce n’est pas parce que certaines s’en sortent très bien que toutes les femmes doivent suivre le même chemin. Les cursus scolaires et opportunités ne sont pas les mêmes et les objectifs de vie sont différents alors il n’y a pas de comparaison possible d’une femme à une autre. Pendant que certaines trouvent que le mariage est synonyme d’ascension sociale, d’autres préfèrent se soucier de leur carrière professionnelle et avoir une certaine indépendance financière avant de penser à une vie à deux. Après tout chacun fait ce qui le rend heureux.

S’engager à passer le restant de sa vie avec quelqu’un est quand même chose sérieuse. On ne se marie pas uniquement parce que toute sa bande de copains ou de copines s’est mariée, parce qu’on a plus de 25 ans et encore moins parce qu’on a un bon travail. On se marie plutôt parce qu’on a rencontré à bonne personne, celui ou celle avec qui on a envie de fonder une famille, qui a les qualités qu’on recherche et surtout des défauts qu’on peut supporter. Le plus important ce n’est pas de se marier à 18 ans ou à 35 ans mais plutôt de rester marié(e).

Après avoir interrogé plusieurs jeunes célibataires âgés de 24 à 30 ans qui ont fait des études supérieures et qui sont déjà dans la vie active, ils ont tous affirmé qu’on leur demande souvent pourquoi ils sont toujours célibataires. La question vient parfois des parents et selon eux c’est tout simplement insupportable. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils attendent pour se marier, les réponses qui reviennent le plus sont : « Trouver la bonne personne », « Avoir une stabilité financière », « Réaliser mes projets professionnels » …

*Aïcha, une jeune ingénieure de 24 ans se confie : « Chez moi, la pression est au paroxysme. Ma mère dit que je n’accepte pas de porter des gris-gris. C’est pour cette raison que lorsqu’un garçon veut demander ma main, ça n’aboutit pas. La pression est énorme. Les parents, au lieu de me comprendre, de me conseiller d’être moins coincée et de me lâcher, ils me demandent : « Mais qu’est-ce que tu attends pour te caser ? ». Aujourd’hui, mon père répète tout le temps qu’il accepterait sans hésiter si un homme venait demander ma main comme s’il avait hâte de se débarrasser de moi. »

Vous vous demandez sûrement si les jeunes qui ont tout pour plaire et qui ont déjà une stabilité financière sont juste « anti-mariage ». Pas forcément ! Vu le nombre de jeunes couples qui divorcent avant même d’avoir fait deux ans de mariage et ceux qui publient, en anonymat, sur les réseaux sociaux, leurs problèmes quotidiens, ça doit sans doute interpeler certains sur l’importance du choix de son (sa) partenaire.

*Oumar, un jeune ingénieur de 30 ans, exprime ses frustrations : « Je suis quelqu’un de très ouvert ; du coup, je prends toujours les remarques positivement. Par contre, à force de me demander pourquoi je ne me suis toujours pas marié, ça finit par m’agacer. Surtout quand ils insistent sur le fait que je travaille et que je suis plutôt à l’aise financièrement. Le problème est que je ne suis pas encore prêt psychologiquement. J’ai des objectifs à atteindre : d’abord, avoir ma propre maison ou appartement parce que je veux vivre seul avec ma femme. J’ai grandi dans une grande famille « Poular » où, à 15 ans, ils veulent à tout prix te trouver une femme. »

La signataire de cet article fats partie de celles et ceux qui croient en leurs rêves et qui font tout leur possible pour les réaliser ; mais s’il y a une chose à laquelle nul ne peut échapper, c’est le destin. Alors armez-vous de patience, entourez-vous de personnes positives et ayez confiance en Dieu. Votre âme-sœur, où qu’elle soit, se présentera comme une évidence au moment venu. « Lu jot yomb ! »

Les prénoms précédés d’une étoile * ont été modifiés pour préserver l’anonymat.

 

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