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Louga : Un esprit en Cercle

Louga-Culture : Cercle de la Jeunesse de Louga

L’esprit de Fadiara Cissokho  et de Mademba Diop

Le cercle de la Jeunesse de Louga se cherche une nouvelle âme après le décès de Fadiara Cissokho et de Mademba Diop

Par Mamadou Mansour DIÈNE

Fatou Kassé Mademba

“Victime d’affectation professionnelle pour des connotations politiques”, Fadiara Cissokho, dit-on, est décédé debout sur son lieu de travail. Avant de succéder à Mademba Diop, son mentor artistique lui aussi décédé avant de passer le flambeau à son potentiel remplaçant tout désigné à l’époque.
Leur courage tranquille dans les pires circonstances, le respect de la parole donnée faisaient trouver l’un chez l’autre ses propres qualités consolidées par les mêmes objectifs de Maîtres du verbe, du chant, de la danse.
Tombés successivement sur le champ de l’honneur des Patriarches du plancher, le Sénégal reconnaissant aime revisiter le passé glorieux de Mademba et de Fadiara.
Mademba Diop et Fadiara Cissokho sont deux anciennes gloires des planches, des génies de l’art oratoire et de la chorégraphie gestuelle, des destins arrachés à l’affection du Ndiambour traditionnel resté sans relais incomparables. Le Cercle en souffre encore ; les survivants vieillissants s’en désolent. Les promesses de l’Etat les font rêver.

L’instituteur Fadiara Cissokho, après ses leçons d’observation des processus d’évolution des plantes, des oiseaux ou de l’environnement animalier, prenait des cours d’art artistique auprès de son idole Mademba Diop, son guide culturel qui le fascinait avec une sublimation quasi-ésotérique ; des observateurs voyaient en l’enseignant l’héritier naturel du Maître du “Cercle de la Jeunesse”. Tous deux ont alternativement quitté ce bas monde.

Ici bas, les danseurs et ls cantatrices façonnés et modelés par Mademba Diop et Fadiara Cissokho se sont dispersés entre Kébémer, Thiès et Dakar. Pour des raisons diverses dont les liens sacrés du mariage si ce ne sont les affectations professionnelles.

Ces belles voix et ces inimitables pas de danse ont continué de bercer des centaines de mélomanes sénégalais.

L’héritage est timide : les touristes du Festival populaire de la percussion  captivante ont permis de vérifier que la musique moderne des jeunes et la “Salsa” des mélomanes âgés permettent l’espoir. Le Cercle de la Jeunesse et l’artisanat local sont obligés d’assurer la survivance pour revivre.

Les héritiers veulent bousculer la hiérarchie des fondateurs du Saourouba composé en très grande partie d’éléments de la paroisse de l’église catholique de Louga. Le Père Pochou qui était le guide également des scouts les ressourçait ainsi que d’autres volontaires sur les ressources volontaires des BA, bonnes actions quotidiennes. Avec ses jamborées légendaires dans des camps sanctuarisés de Léona, proche de la franche maritime de ce poissonneux bras de mer. Le même Abbé supervisait ladite chorale et recrutait des musiciens d’obédience musulmane. Ibrahima Mbengue adopta le nom de scène baptisé de “Vito”, le premier chef d’orchestre. La bande a grossi au fil des temps au rythme de la musique moderne. En vieillissant, elle versa dans la salsa du 3ème âge.

La dualité opposa les mélomanes croulants et la jeune génération montante. Vito vaillamment animait les deux formations musicales. Un concours annuel d’une soirée dédiée aux chefs de famille nostalgiques du beau veux temps est organisé. Les airs composés par le Cercle de la Jeunesse de Louga du maestro Mademba Diop continuent d’adoucir les mœurs des uns et des autres ; trois départements ministériels Sport, Culture et Tourisme inspirent les sportifs, les artistes et les acteurs du tourisme à composer ensemble en ressuscitant les survivances du Ndiambour traditionnel.