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Locales à Thiès: Pour qui sonne le glas ? Par Habib KÂ, Chef du bureau régional de Matam, Thilogne

Pour qui la victoire, entre Benno Bokk Yakaar et Yewwi Askan Wi à Thiès, un bastion imprenable pendant deux décennies ?
Thiès se réveille le 24 janvier aux couleurs de l’alliance Yewwi Askan Wi (Yaw), même si son ciel départemental est et reste peint en  marron.
La polémique sur fond de bataille médiatique enfle :
l’Alliance pour la République (APR) dit avoir gagné, YAW aussi. Victoire pour les deux, partagée, chacun brandissant son trophée.
À l’APR , la présidence du conseil départemental de Thiès pour Ciré Dia, ancien directeur de la Poste., à YAW, les 4 communes : Me Ousmane Diagne à l’Est, Dr Mamadou Djité à l’Ouest, Birame Soulèye Diop, administrateur de Pastef, au Nord et le Dr Boubacar Diop, secrétaire général des Forces Démocratiques du Sénégal FDS/Les Guelewars, à la ville.
Yankhoba Diattara
AUX OUBLIETTES
Idrissa Seck, Yankhoba Diattara, Talla Sylla, aux oubliettes : perdre toutes les 4 communes et gagner le département avec 70.811 voix pour et 105.904 voix contre, soit une différence de 35.093 en valeur absolue, est-ce un exploit qui prélude une victoire assurée en 2024 ?
Voudrait-on faire croire que 40 % est un score satisfaisant pour une ville que BBY n’a jamais gagnée ?Certes, une ville que BBY n’a jamais gagné mais perdue ensemble, avec Idrissa Seck arrivé 2ème à la dernière Présidentielle et pressenti chef de l’opposition à un moment. Un looser dont la côte de popularité est en  continuelle chute libre : si tant est qu’on nourrisse le dessein de  renforcer sa coalition, isoler l’opposition et conserver le pouvoir, à quoi bon compter sur ?
il faut dévoiler la face, écouter et comprendre le message de la vox populi : en réalité, la présidence des conseils départementaux n’a jamais été un des objectifs essentiels des partis qui concourent à la prise du pouvoir. Les moyens financiers faisant défaut, ils préfèrent concentrer plutôt leurs efforts dans les régions stratégiques à même de faire trébucher le pouvoir. Certaines régions ne basculeront qu’aux lendemains d’une alternance, et le Sénégal, malheureusement, n’en a connu que deux, depuis 62 ans. Et tenir donc l’argument de détenir 80% de l’électorat sur la base des conseils départementaux enrôlés par BBY n’est qu’une diversion communicationnelle. Puisque dès que le pouvoir tombe, toute la région s’ébranle vers le nouvel homme fort du régime. Le Fouta en est bel et bien un exemple-type : toutes ses communes, tous ses départements sont marron-beige. Du truisme.
WADE ET SA POINTE 10
Abdoulaye Wade  excédé de ses multiples incursions infructueuses avait fait ce constat amer, que le Fouta et le pouvoir, c’est comme une pointe numéro 10 sur un mur en béton : vous aurez beau faire pour l’arracher, elle reste toujours là, plantée, tête enfoncée.
Pour l’avoir bien compris, chaque président qui arrive écourte les mandats des élus, organise des élections anticipées et fait basculer la majorité dans son camp.
La coalition And Siggil Thiès de Abdoulaye Dièye, la République des Valeurs de Thierno Alassane Sall, Waa Thiès de Ousseynou Diouf, Wallu Sénégal, Bokk Gis Gis, Gêm Sa Bopp,  des faiseurs de roi désormais, sur lesquels il faut compter et qui départageront BBY et YAW pour les Législatives et la Présidentielle de 2024 dans la région de Thiès.
Les élections législatives, une autre réalité, un autre combat, un autre terrain foncièrement différent des communales et qui s’apparente des départementales, voire des Régionales, qui commandent de nouvelles alliances plus largesses, plus favorables au pouvoir qui cadre tout le pays, qu’à l’opposition dans son ensemble, assez mal implantée dans l’intérieur du pays et divisée en plus.
Mbaye Diouf
La Cité du Rail tombait aux mains du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) au lendemain de la chute du Parti Socialiste (PS), un soir mémorable d’un 27 février 2000, après un règne sans partage de 40 ans.
Idrissa Seck, puissant Directeur de Cabinet du pape du Sopi, y bâtit son empire sur les ruines de Mbaye Diouf, directeur général de la Société nationale des Chemins de Fer du Sénégal(SNCF).
Si le patron de la SNCF et homme fort du régime socialiste fut traqué jusqu’à lui faire lâcher prise, 20 ans après, au moment où on s’y attendait le moins, c’est par l’expression du suffrage universel direct que Ndamal Kadior y fut immergé.
La ville aux deux gares, ville ouvrière, ville des syndicalistes, des cheminots, ville des brassages culturels et ethniques qui charriaient des populations du Niger, du Mali, de la Mauritanie et de l’intérieur du pays, a basculé ce 23 janvier 2022.
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