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L’incinérateur de Toulouse Tidiane SÈNE, Toulouse

Ce que redoute le plus l’immigré en Europe, c’est très certainement ne pas voir ses restes reposer dans le cimetière de son village natal, une fois qu’on meurt à l’extérieur. Quand les moyens de rapatriement font défaut à cause de la cherté du billet d’avion en général, ou s’il s’agit d’un apatride, on utilise l’incinérateur.                

Ici, la crémation est la pire chose qu’un étranger puisse redouter, surtout s’il est un croyant, durant cette technique funéraire. A l’issue de la crémation, les ossements calcinés ont une valeur symbolique pour représenter la personne défunte, lui donnant une dimension sacrée dont les cendres pourront faire l’objet d’un rituel.  

C’est justement pour cette raison que nous parlons de la force et de l’intérêt d’une telle machine sur les déchets.  Aujourd’hui, des pratiques sont à changer pour éviter une consommation des produits même si c’est le propre d’un bloc où les normes d’hygiène doivent être au maximum et l’usage unique la règle.

Une étude a montré qu’en une semaine 30 kg de déchets pouvaient être évités si on ne sur-réparait pas les équipements avant une opération ou si le jetable était réduit.Chaque mois, 1,2 tonne de déchets du CHU est désormais revalorisée et ne part pas à l’incinérateur.

 Avec la crise sanitaire, le masque chirurgical a fait son apparition dans le quotidien des Français, et est venu encombrer leurs poubelles.

Un objet consommé depuis des décennies par dizaines de kilos dans les blocs du CHU de Toulouse, tout comme les charlottes, compresses, bistouris et autres ampoules de médicaments. Et qui n’étaient pas valorisés. De quoi donner du tournis à des membres du corps médical qui ont voulu réduire le tonnage de déchets partant à l’incinération.

Entre son entrée et sa sortie, un patient à l’hôpital pour une opération chirurgicale génère autant de déchets que quatre personnes sur une semaine, rappelle Charlotte Martin, médecin anesthésiste-réanimateur à Purpan.

Chaque année, les établissements de soins produisent 11% des déchets du tertiaire. C’est pourquoi elle a donc décidé de lancer l’opération « green bloc » en ciblant dans un premier temps, les blocs opératoires de Pierre Paul Riquet, pilote du dispositif depuis l’an dernier.   Avec l’objectif de réduire d’abord le niveau des déchets de soins à risques infectieux (Dasri).

Beaucoup de déchets assimilables aux ordures ménagères partaient en effet dans ces poubelles spécifiques du CHU.

Or, ne pas pouvoir les compacter avait un impact sur le coût de leur traitement, mais aussi sur la planète. Ainsi, on passe du simple au double. Car une tonne de déchets assimilables aux ordures ménagères, c’est l’équivalent de « 360 kg d’émission CO, contre 965 Kg pour les Dasri », relève la coordinatrice de la « team green ».

 Depuis le déploiement du dispositif, étendu notamment aux blocs de Rangueil, ce sont, chaque mois, 10 t de Dasri en moins qui sont produits.

Parallèlement,  de nouvelles poubelles ont vu le jour dans les salles d’opération, avec l’orientation des contenants en plastique ou des objets en métal vers des filières de valorisation spécifiques. Ainsi, on revalorise 1,2 t de déchets par mois, qui sont retraités, recyclés et réutilisés ; c’est le cas pour 40 kg de métaux,  comme le pensent les responsables de l’unité bloc urgence du CHU de Toulouse.

Depuis des mois, le tri du papier et des emballages est lancé dans les services pour un résultat de 400 par mois.

Ce changement a déjà permis de réduire l’impact en CO2 de l’hôpital de 180 t depuis janvier, comparé à la même période l’an dernier.

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