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Les téléfilms au Sénégal: une nouvelle forme de “perversion” pour la jeunesse

SILENCE ! ÇA NE TOURNE PLUS

Dans la discussion actuelle sur les téléfilms sénégalais, le mot “Dérive” est souvent évoqué. Pourquoi ? Parce que critiquer incite à choque davantage.

De moins en moins, on voit des séries étrangères dans le programme des télévisions sénégalaises. Elles sont remplacées par le “consommé local” ; c’était une bonne nouvelle jusqu’à ce qu’il y ait plus de distinction entre les deux contenus. À la différence des séries de la vieille école d’où la constatation était à cent pour cent positive, aujourd’hui pour un “K” de vue sur leur produit, certains réalisateurs nuisent à la préservation des identités culturelles. C’est pourquoi certains consommateurs font appel à des satisfactions intellectuelles plutôt que sensorielles. Ils sont dépassés par la vulgarité des séquences et paroles dans les séries et sont en désaccord avec les appréciateurs qui additionnent cette “vulgarité” dans l’évolution du cinéma sénégalais. « Notons bien qu’il y’a une différence entre cinéma et téléfilm, mais la progression est ressentie parce qu’il y’a une chaîne qui s’appelle “Sunu Yeuf” qui est sur le canal et qui ne diffuse que de fictions sénégalaises. Et aussi, les Chinois qui s’intéressent de plus en plus à ce marché des programmes sénégalais », nous informe Aliou Ndiaye, directeur de Pikini production.

Cautionnez-vous la vulgarité notée dans les téléfilms ?

Je tiens à ce que nos valeurs de civilisation soient préservées. Il y a des gens qui, dans leurs films, ont le souci de préserver l’identité culturelle sénégalaise. Nous dans notre série “Sama Woudiou toubab la” voulu montrer aux jeunes que leurs valeurs de civilisation, de culture sont très importantes. Qu’il faut les garder et non pas les brader.

Le qu’en dira-t-on s’exprime.

Toujours dans l’inquiétude de voir leurs enfants négativement influencés, certains sénégalais ont libéré leur point de vue, dans l’anonymat. Selon eux, « Le Sénégalais aime tout ce qui est impudique ; il faut être vulgaire et audacieux pour être admis d’office au casting. Certaines personnes ne comprennent pas les enjeux qui sont en cours dans la diffusion de ce genre de série vulgaire. Ces productions agissent sur le subconscient de l’individu ».

Le subconscient fait-il la différence entre fiction et réalité ?

Le subconscient est analogue à un ordinateur, car il répète avec exactitude tous les ordres qu’il reçoit. Selon Pascale Piquet, auteure et coach de vie, le subconscient ne fait pas la différence entre le réel et l’irréel. Pour preuve : quand vous regardez un film triste, vous pleurez ! Pire, vous pouvez rester dans la tristesse toute une journée. Quand il s’agit plus d’éveiller les consciences, le subconscient se perd. N’est-il pas donc de la responsabilité des réalisateurs de veiller à ne pas choquer les sénégalais ? Ou même que la maison de régulation (CNRA) dicte ses lois pour parer à un quelconque dérapage ? C’est bien possible !

Sauf que M. Aliou Ndiaye n’est pas d’accord pour le juridisme à tout va. Pour lui, la meilleure façon de régler ce problème, c’est de ne pas regarder ces séries qui ne vont pas dans l’intérêt du public. « Se mettre là à polémiquer est une manière de leur faire de la publicité. Provoquer à travers les séries est une stratégie commerciale, les critique, les incite à choquer davantage » ; il reprend que « Les Sénégalais ont une démarche quelquefois paradoxale : ils regardent les choses qu’ils critiquent ».

Les faits sont là, même si les avis diffèrent : le choix est personnel et les responsabilités sont partagées. Ceci dit que dans ce monde du donner et du recevoir, chacun à son rôle à jouer. Dès lors, il est important de savoir discerner le bien du mal dans ces programmes à caractère impudique.

Coupez ! On reprend les règles…

Sadany SOW

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