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La Ligne du Devoir

Les incertitudes du calendrier électoral du chef de l’État Macky Sall De notre correspondant à Matam, Habib KA, Thilogne

Couplage des élections locales et législatives en 2022. Présidentielle en 2024.

Nous reproduisons ici des parties de notre contribution dans Le Devoir du lundi 31 novembre 2021 titré : Couplage des Municipales et des Législatives : Primaire pour une Présidentielle” et soulignions “que le couplage des Municipales et Législatives en 2022, c’est déjà programmé depuis et tenu en secret”. Et nous ajoutions : “L’option des délégations spéciales n’étant pas dans l’escarcelle des propositions des partis du camp de l’opposition ou supposés tels, la solution serait alors d’accepter le fait du Prince qui, lui, y ira lentement de son train de sénateur vers un couplage des municipales et des législatives en 2022, programmé depuis et tenu en secret”, et continuions : “De la bousculade des politiciens aux portillons du palais de la République se dessinent progressivement les contours d’un nouveau camp présidentiel, élargi à tous les vents. Il ne restera au président Macky Sall, maître d’œuvre de ce travail d’orfèvre, que de jouer sur le temps pour beaucoup huiler une machine électorale à même de gagner toutes les élections, Dakar principalement. Une fois fin prête, fixer avec son staff électoral la date voulue “.

A quelques variantes près, la même situation se déroule devant nos yeux.

Comme par pure coïncidence, ils sortent du bois pour s’affairer à parler à l’opinion de couplage : Ismaïla Madior Fall à l’émission “Opinion” de Walf Fadjr, Seydou Diouf au Jury du Dimanche (JDD) 31 janvier 2021 de Mamoudou Ibra Kane. Ils ont pris à tout hasard les devants pour annoncer l’irréversibilité du couplage des prochains scrutins.

Chargés de missions, ils se sont bien acquittés de leur job, le message reçu 5 sur 5. Au « Devoir », nous ne sommes nullement surpris d’une telle volonté des autorités, puisque nous l’avions annoncé.

Sur Ismaila Madior Fall, célèbre pour ce qu’il est, passe encore ; nous, nous regarderons un peu sur un nouveau cas de virus : Seydou Diouf, tout aussi renommé être sous la main du maître, ce “visage masqué” qui prêche la tenue des Locales en 2022, le couplage des Législatives et de la Présidentielle en 2024.

Secrétaire général du Parti pour le Progrès et la Citoyenneté (PPC) de feu Mbaye Jacques Diop, membre du Parti démocratique sénégalais (PDS), puis de l’Alliance pour la République (APR), conseiller à la présidence, puis président de la commission des Lois, Seydou Diouf est l’homme à tout faire du maître, qui prenait toutes les dispositions nécessaires pour que toutes les lois passent comme lettre à la poste : examen de la demande de levée de l’immunité parlementaire du maire Khalifa Ababacar Sall, loi sur le parrainage, projet de loi supprimant le poste de Premier ministre et tutti quanti crocs en jambes.  Ismaila Madior Fall d’enfariner son public avec : “Le souhait de Macky Sall est de tenir les élections locales en 2021” et d’égrener des “si” et des “il faut” interminables.

Si on audite le fichier électoral, si l’on fait l’évaluation du processus, il faut ouvrir une période de révision exceptionnelle des listes électorales, Il faut intégrer les nouveaux inscrits pour laisser entendre qu’il faut souhaiter que tout ça ne nous fasse pas sortir de 2021″.

Tout ceci pour faire porter au peuple du Dialogue national toute la responsabilité des multiples prorogations du mandat des maires et par ricochet celles des députés et du président de la République même.

Aujourd’hui, deux moutures sont proposées aux Sénégalais : tenir les Municipales et Départementales couplées en 2002 ou les Municipales en 2021 les Législatives et la Présidentielle en 2024. Et l’Exécutif, le moment venu, dictera sa préférence. Ainsi sera-t-il aussi longtemps que l’opposition ne sera pas.

Les sorties du ministre conseiller spécial du président de la République et du député Seydou Diouf font loi pour donner un visage au calendrier électoral, faisant fi du bla-bla-bla créé autour d’un Dialogue politique auquel seuls continuent encore de croire des attentistes désorientés.

L’Exécutif a déjà reçu du peuple des acteurs du dialogue politique son blanc-seing pour piloter le calendrier électoral à sa guise alors, zut !

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