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Les enfants de la télé: La nouvelle académie des enfants, risques et avantages Par Khadidiatou GUEYE Fall

Le temps passé sur les Smartphones, télévisions et autres jeux vidéo modifie la structure du cerveau des enfants.

L’utilisation des nouvelles technologies de l’Information et de la Communication ne laisse personne indifférent. Nous en sommes tous devenus victimes. A la maison, les enfants passent toute la journée devant le petit écran pour se divertir, le temps que maman termine ses corvées. Mais il s’avère que cela pourrait nuire à la santé mentale de l’enfant, allant jusqu’à impacter sa relation avec autrui.

La révolution ne laisse pas les enfants en reste. Ces derniers sont dorénavant victimes des Nouvelles technologies de l’Information et la Communication (NTIC). Il est rare de voir une famille où les enfants n’utilisent pas ces nouvelles technologies : ils sont munis d’une tablette Android ou d’un téléphone portable.

Coumba Soumaya est une fille âgée de 2 ans et quelques mois. Retrouvée dans  la chambre de sa maman, elle se scotche sur l’ordinateur de son père. De l’autre côté, sa tablette est branchée pour une recharge. Appelée  à maintes reprises, elle répond par un regard furtif et se focalise sur l’écran. Une concentration qui l’empêche d’être toute ouïe à son monde extérieur.

Pour certaines mères qui travaillent, les écrans sont devenus des moyens pour occuper les enfants.  Cette femme mère d’un petit garçon et d’une petite fille occupe ses enfants avec l’ordinateur et une tablette.

« Quand je leur donne mon téléphone, ils le cassent ; c’est pourquoi j’ai acheté une tablette pour eux. Vraiment, la tablette me permet de travailler correctement », fait-elle savoir, en haussant les épaules.

Cette femme préférant garder l’anonymat travaille dans les milieux médiatiques. Son travail nécessite beaucoup de concentrations. Prétextant ce qui précède, elle renseigne que cela lui est bénéfique car elle arrive à faire son travail sans se soucier des dégâts qu’ils (les enfants) pourraient faire.  Elle ajoute : « Je suis responsable et je surveille scrupuleusement  le contenu proposé à mes enfants. En plus, je ne leur autorise à regarder que les dessins animés et les comptines conformes à leur âge ».

Dans un dossier publié par l’Observatoire sur les Systèmes d’Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal, il est noté que, dans notre société africaine, la mission d’éduquer et de socialisation des enfants appartenait à la famille.  Mais avec la tournure des emplois du temps chargés des parents, ces enfants sont souvent contraints d’être éduqués par les NTIC.

Quoi qu’on puisse dire, les écrans ont un impact colossal aussi bien pour les parents que pour les enfants. Ils peuvent prendre le relai sur l’éducation des enfants. Par exemple, un atout des écrans : l’éducation. Grâce aux écrans, les enfants parviennent à être autodidactes. Ils apprennent beaucoup de chose sans l’aide des adultes.  C’est l’une des capacités que les enfants acquièrent à travers les écrans ; ils développent également la créativité des enfants par le biais des divertissements proposés.

Les écrans sont des  influenceurs. Ils influencent nos loisirs, notre savoir, notre culture et nous renseignent sur l’actualité, la météo, le sport et même la musique. Les programmes, logiciels, sites, etc…, peuvent être éducatifs pour les enfants, et instructifs pour les parents. Ils peuvent être un passe-temps, un divertissement, et sont aussi des grandes sources d’information.

L’importance de l’écran dans le monde actuel est indéniable.  Néanmoins, une forte dépendance à ces écrans conduit à un isolement social. Le constat est patent : les personnes trop dépendantes des écrans ne communiquent pas fréquemment avec leurs proches. Cela peut être provoqué par le manque de communication avec ses vis-à-vis, entrainant ainsi un renfermement sur soi-même.

Une étude parue dans le journal « JAMA Pediatrics » le 4 novembre 2019 indique que le temps passé sur les Smartphones, télévisions et autres jeux vidéo modifie la structure du cerveau des enfants. Des chercheurs ont interrogé 47 parents d’enfants âgés de 3 à 5 ans sur la fréquence d’utilisation des différents écrans et le type de contenus consultés. Ils ont ensuite fait passer des tests de langage et de lecture aux enfants et examiné des scanners de leur cerveau. Les résultats des tests montrent que les enfants passant le plus de temps devant leur écran ont les moins bons scores aux tests cognitifs : ils ont moins de vocabulaire, plus de difficultés à lire et mettent plus de temps à nommer des objets par exemple.

 C’est le cas d’une fillette âgée de 2 ans 7 mois. Cette dernière inquiète sa maman qui se demande pourquoi sa fille n’arrive toujours pas à parler correctement.

« Ma fille a 2ans et poussières, et depuis toute petite, son papa et moi avons commencé à lui parler français mais ses grands-parents lui parlaient Wolof. Je pensais que c’est ce qui était à l’origine de son retard de langage, ce cumul et tiraillement entre les deux langues. Mais après mûres réflexions et des recherches, je me suis rendue compte que l’écran est un facteur responsable de son retard de vocabulaire. Pourtant, je continue à l’installer devant l’écran, de peur qu’elle ne fasse ses crises quand elle veut impérativement regarder ses comptines », nous confie une maman qui constate les retombées des écrans. « Malgré ces inconvénients, ajoute la maman sous couvert de l’anonymat, j’arrive à faire mes travaux convenablement sans qu’elle se mette à pleurer ou à me déranger quand je fais du télétravail imposé par la pandémie ».

Une autre victime confirme l’impact négatif des écrans sur les enfants.

Mame Diarra est une élève en classe de 4ème. Elle a un frère accro au petit écran : «   Mon petit est le cadet de notre famille. Depuis qu’il a été bébé, quand il pleurait, maman le mettait devant l’écran pour lui montrer les dessins animés, surtout Tom et Jerry, et aussitôt il se calmait. A l’époque, nous, ses sœurs,  avions commencé à lui proposer les dessins animés à longueur de journée. Il y prenait goût et commençait à y passer toute la journée ».

Mame Diarra n’a pas d’affinités et complicité avec son petit frère. Elle décrit le comportement de son frère : «  Maintenant, il a 12 ans, on assiste aux conséquences. Mon petit frère n’est pas social. Il me parle rarement à moi ou à un membre de la famille. Il est tout le temps avec sa tablette. Dans la rue, il ne salue pas les proches encore moins les passagers ou les voisins. C’est comme s’il est détaché de ce monde ». Elle ajoute que malgré ce comportement déplorable, son frère est très intelligent et créatif. « Il est bien à l’école et ramène de bonnes notes. Des fois, il me fait un joli portrait avec ses crayons », confesse Mame Diarra.

Ceci montre que l’impact des écrans sur les enfants eut aussi être bénéfique mais montre ses inconvénients plus tard si l’utilisation des écrans n’est pas raisonnable. Pour certains parents la durée et le moment passés devant l’écran ne sont pas importants, l’essentiel c’est le contenu qui va dans le sens d’éduquer et d’éveiller les enfants.

 

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