L’Éditorial de Pathé MBODJE : L’Ayatollah est mort, vive l’Ayatollah !
L’Éditorial de Pathé MBODJE
Ils ont tué Khamenei, pas l’Ayatollah

Une coalition judéo-chrétienne menée par Israël sous l’impulsion des États-Unis a attaqué l’Iran et assassiné Ali Khamenei-deuxième image- et quelques hauts responsables iraniens en ces jours bénis du Ramadan musulman et du Carème chrétien.
Le successeur est connu car l’Ayatollah n’est pas mort. La chanson est tout aussi connue, celle des Résistants : “Ami, si tu tombes,…” Car les vrais Révolutionnaires sont immortels et l’on ne peut tuer le soleil, même s’y approchant la nuit. Alireza Arafi–première image– figure parmi le triumvirat mis en place dès ce samedi même. Le défunt en avait fait un successeur potentiel de ce petit-fils du grand Ayatollah Roudollah Khomeini par qui la Révolution arriva en Iran.
Le jeu a tourné au drame : Donald Trump piégé par Netanyahou voulait sauver la face avec un “hit and go” qui a embarrassé la zone arabo-musulmane du Golfe. Israël lui en a donné l’occasion, apeuré par les atermoiements dudit Donald Trump conciliant sur les modalités d’organisation des pourparlers américano-iraniens quant au lieu, l’objet et l’agenda. Obnubilés par le nucléaire, ils ont mal calculé le coût de l’opération : comme avec le général Napoléon, ce fut Waterloo ; on attendait Grouchy, on vit Blücher.
Les stratèges du Pentagone et les infiltrés du Mossad dans le pourtour du Golfe n’ont pas prévu l’intelligence iranienne qui a varié les offres en missiles en des endroits inconnus des agents de renseignements occidentaux.
Comme en juin dernier en effet, la virulente réponse de l’Iran à l’agression mortelle de la coalition Israël-États-Unis démontre le peu de renseignements dont disposaient les agresseurs obligés de battre en retraite, comme naguère. Mieux : la surabondance de drones a épuisé les moyens de défense du dôme aérien et permis de frapper Israël là où cela fait le plus mal : à voir ces populations en désarroi en fuite, on comprend qu’elles ont compris que le dôme n’est pas aussi efficace aujourd’hui que naguère ; l’extension de la zone de conflit et la solidité des liens du peuple iranien sont également sujet d’interrogations lorsque Washington compte sur le soulèvement populaire pour en finir avec l’Iran des Ayatollahs : en cas de crise, l’élan de solidarité avec le gouvernement se renforce et ces régimes coercitifs se renforcent et se durcissent.
Les assassinats ciblés n’ont pas produit le meilleur des mondes, de la Libye à la Syrie, et doivent conduire à un raidissement devant l’absence de morale internationale. Le Venezuela, récemment, le troublant chantage à la démocratie des richesses du sous-sol africain, cet acharnement sur l’inoffensif nucléaire iranien renseignent sur l’exclusivisme d’une partie du monde qui se croit seul digne de ressources et de richesses qui appartiennent aux autres et qu’il faut exproprier par la force des baïonnettes.
