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Le Sénégal reçoit ses vaccins chinois: Mille doutes autour de 200.000 doses Par Mame Gor NGOM Rédaction centrale Le Devoir

Le président de la République le confirme : les 200.000 doses de vaccin contre la Covid-19 venues du géant chinois Sinopharm ne sont pas  un don. L’Etat du Sénégal a déboursé… L’annonce de don  sur Twitter vite retirée du ministre de la Santé et de l’Action sociale était peut-être une méprise. Ce qui ne chasse pas le doute.

“Nous abordons une nouvelle étape de notre combat commun contre notre ennemi commun. Une étape porteuse d’espoir. Ce premier lot de 200.000 doses, acquis sur notre propre budget, est destiné à faire face à l’urgence, sans attendre le déploiement du don prévu dans le cadre de l’initiative  Covax. Je me réjouis également d’annoncer que nous avons déjà entamé le processus d’acquisition d’autres lots de vaccins, dans les toutes prochaines semaines, pour un total de 6,798 millions de doses, qui nous permettront d’entrer dans la phase de vaccination de grande masse”.

Ces propos du président de la République ont été tenus le mercredi 17 février 2021 sur le tarmac de l’aéroport international Blaise Diagne, devant l’avion spécial d’Air Sénégal qui a transporté les vaccins de Pékin. Confirmation de ce qu’on savait déjà : il ne s’agit pas d’un don mais d’un achat. Le coût : 2,2 milliards de Fcfa.

Ce qui est aux antipodes de  l’annonce  du ministre de la Santé et l’Action Sociale Abdoulaye Diouf Sarr, d’un don de 200.000 vaccins de la Chine, sur un tweet vite supprimé. S’agit-il d’une erreur ou bien a-t-il été poussé à faire “marche arrière” ? En tout cas, une telle attitude a suffi pour que certains s’interrogent et veulent en savoir plus. D’ailleurs, une pétition a été même lancée sur les réseaux sociaux pour exiger plus de transparence. Des inquiétudes d’autant plus fondées que le Zimbabwe a  reçu  200.000 vaccins offerts par la Chine. Un don du fabricant chinois Sinopharm. Objectif :  vacciner 10 millions de personnes, soit environ deux tiers de sa population, pour atteindre l’immunité collective.

La Chine a aussi fait don de 100.000 doses du vaccin développé par le même laboratoire Sinopharm à la Guinée équatoriale. L’annonce a été faite le 11 février dernier mais le don a été reçu le 10 février à l’aéroport de Malabo par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, selon le site internet du gouvernement équato-guinéen.

Des “curiosités”  si l’on sait que le Sénégal se targue d’être  un ami de la Chine et d’avoir une diplomatie efficace. Est-ce un échec diplomatique ou une volonté d’afficher sa souveraineté ?

Ne nous cache-t-on  pas quelque chose, de pas du tout catholique ?

Priorités sénégalaises

Tout compte fait, la priorité du Sénégal est de vacciner le personnel de santé et les plus de 60 ans souffrant de comorbidité, dès la fin de  ce mois de février.

“Les cibles prioritaires représentent environ 3,5 millions de personnes. 200.000 doses, c’est donc assez peu, sachant qu’il faut deux doses par personne”, explique  Macky Sall.  Il annonce l’acquisition « dans les toutes prochaines semaines » de près de 7 millions de doses pour débuter la vaccination de masse. Sans préciser la date d’arrivée de ces vaccins ni leur provenance et leur coût. D’autres ombres ?

Le Sénégal doit aussi recevoir un don de vaccins, près de 1,3 million de doses gratuites, dans le cadre de l’initiative Covax de l’Organisation mondiale de la santé ( Oms).

Pour toute l’Afrique,  le Covax a promis 600 millions de doses pour l’année 2021. Cela ne permettra cependant pas de vacciner tout le monde, explique-t-on.

Le continent compte 1,2 milliard d’habitants. L’Union africaine a annoncé l’achat et la commande de 270 millions de doses de vaccins pour le continent noir. Aucune liste n’a été établie pour l’instant.

Le Devoir

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