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Le reboisement : un acte collectif à favoriser. De la verdure avant et après l’hivernage Chérifa Sadany Ibou-Daba SOW

Même si le reboisement ne demeure pas la seule mesure préventive, son efficacité dans la prévention des inondations doit être bien connue. La diversité de ses rôles révèle une utilité pour la santé verte de l’environnement.

La modification que subit l’environnement, particulièrement au niveau du sol, aggrave le phénomène des inondations en quelque sorte causée par la négligence citoyenne : à la place de la verdure, le Sénégalais semble préférer la cimentation (des gravats éparpillés partout sur le sol après construction). Pour y remédier, quoi de plus nécessaire que la favorisation du reboisement ? Les arbres contribuent en effet, à réduire les inondations, grâce à leur capacité d’absorption de l’eau en cas de fortes précipitations.

Une étude faite par l’Agence européenne de l’Environnement (AEE) sur le potentiel de rétention des eaux des forêts confirme que les forêts permettent de retenir les eaux de pluie excessives, de prévenir le ruissellement extrême, de réduire les dégâts en cas d’inondation et de limiter les effets de la sécheresse. Il va falloir connaître les différents arbres qui résistent aux fortes précipitations.

L’arbre, la pluie et le sol…Quel est le lien ?

Publié dans la météo dakaroise de Riad Kawar, le vice-président de l’Oceanium de Dakar explique que la transpiration est de loin le plus grand flux d’eau issu des continents, 64% soit 80% à 90% de l’évapotranspiration terrestre qui est tellement nécessaire pour équilibrer l’atmosphère et alimente les orages en période d’hivernage au Sénégal. La déforestation cruelle du Sahel prive progressivement les sols d’évapotranspiration, ce qui fragilise fortement les orages arrivant de l’Est.

« Maintenant qu’il n’y a pratiquement plus de forêt sur la moitié nord du pays, il faut attendre plusieurs jours après les premières pluies à l’Est pour que les herbes sauvages poussent, fassent leur photosynthèse à la place des arbres, attirent et prolifèrent les premiers insectes. Et que l’évapotranspiration soit assez suffisante pour que les chances de passages d’orages augmentent vers l’ouest et le nord du pays » dit-il. Selon Riad Kawar toujours, il est urgent donc de reboiser et d’arrêter de couper les arbres. « C’est tout un cycle qui prend des coups alors que ce cycle est la base primaire de toute activité humaine. Au même moment qu’une population qui augmente et qui va augmenter le processus de détérioration…parce qu’utilisant les mêmes méthodes de consommation, sans replanter, sans respecter ».

257 arbres déjà plantés…

L’Association « Parcelles Bon Lieu » en partenariat avec le service des Eaux et Forêts de Dakar, la direction du Cadre de Vie et d’Hygiène publique et le ministère de l’Environnement, s’active dans le reboisement en choisissant d’abord les écoles élémentaires, ensuite les lieux de culte et enfin les quartiers. 257 arbres ont été plantés. Le suivi de cette activité est assuré dans les écoles élémentaires par le club environnemental, dans les mosquées par la commission et dans les quartiers par les habitants. Ce programme qui consiste ainsi à planter des arbres dans plusieurs lieux est, selon Abdoulaye Kane, membre de l’association, une manière de limiter le réchauffement climatique, d’absorber les gaz à effet de serre et d’offrir de l’ombre. Un objectif que l’association « Parcelles Bon Lieu » partage avec l’Union européenne au Sénégal dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques et les inondations.

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