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Le Parti Socialiste assis entre deux chaises ? Les Verts ne se retrouvent plus dans les choix de Macky Sall Par Habib KÂ, Chef du bureau régional de Matam, Thilogne

L’inénarrable Abdoulaye Wilane a crevé l’abcès au Mawlid, juste après le dépôt de caution des Socialistes en direction des prochaines élections.

Benno Bokk Yakaar (BBY) vit-elle ses derniers moments ?Le discours tenu le 18 octobre par le maire de Kaffrine devant le Khalife des Niassènes le laisse croire, effectivement : le  parti socialiste ne se retrouve plus dans les choix politiques du président Macky Sall ; c’est pourquoi il  s’est obligé de se ressaisir, se reconsidérer, en quête de son âme perdue.

Les retrouvailles et réconciliations de la grande famille socialiste, après cette douloureuse parenthèse de vingt-quatre ans, s’imposent désormais aux héritiers légitimes.

La coalition présidentielle, partout vantée comme exemple de démocratie et de cohabitation réussie, est en train de vivre ses beaux et derniers moments : le discours assez  circonstancié de Abdoulaye Wilane, porte-parole du parti et non moins maire de Kaffrine, devant le Khalife général des Niasséne, en cette veille commémorative du Maouloud 2021,  trahit une certaine amertume étouffée ; il a parlé, sans en aucun moment prononcer le nom du chef de l’État dont il ne tarissait d’éloges, surtout en des occasions solennelles pareilles.

C’est que, il faut le dire, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, depuis que le président Macky Sall s’est mis à  concocter dans l’intimité du palais la liste des candidats de Benno Bokk Yakaar (BBY) pour les élections municipales et départementales de janvier 2022.

Les maires socialistes, dans l’expectative, souffrent le martyre de se voir écartés des choix d’un Macky Sall très politique, très calculateur, même s’ils ne le dénoncent pas publiquement. Instinct de survie et pour parer des lendemains incertains, les Socialistes préparent des listes parallèles pour venir en appoint à leurs “déflatés”.

L’annonce de listes  parallèles à celles de BBY n’est pas seulement une réponse immédiate à la guerre des investitures pour les Municipales et les Départementales, mais elle est aussi le prélude des élections législatives de 2023 et de la présidentielle de 2024.

Comme la candidature de Macky Sall est sujet de controverse tant à l’internationale qu’à l’intérieur du Sénégal, connu être une vitrine de la démocratie, les tensions feront jour au fur et à mesure que s’approchera fevrier 2024. Dans ces conditions, le parti de Senghor absent depuis 24 ans du pouvoir ne s’aventurerait plus de signer un blanc-seing à Macky Sall pour 5 ans encore. Ce serait sont arrêt de mort.

À ses derniers moments, Ousmane Tanor  Dieng évoquait la situation fort regrettable entre frères de parti dont une dissidence fut sacrifiée à la tyrannie d’une justice sur ordre.

Chez les Socialistes, le passage de témoin ne s’est jamais fait sans dégât. Le tristement célèbre congrès sans débat porte la marque de Abdou Diouf qui avait éliminé toute la “racaille socialiste” pour confier la direction à son homme de confiance. Depuis, le PS tire le diable.

Les retrouvailles, réconciliations de la grande famille socialiste se posent avec acuité et Khalifa Ababacar Sall en serait un des acteurs incontournables.

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